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23.05.2008

Aimez ces aires de Wade !!!

a8c1f9792e5b3e78af838884007434ff.jpgLe génie de l’Afrique, le chef d’état le plus diplômé du Cap au Caire et de Monrovia à Mombassa est aussi poète et auteur-compositeur. A preuve son Hymne de l’Afrique (qu’il a fait exécuter par la fanfare de l’armée sénégalaise le jour de sa prestation de serment !!!). Je vois l’éclectique Edgar Yapo trémousser de bonheur à la lecture de ces magnifiques vers. Il y a la poésie depuis Wade. Un nouveau Afriktag ! Edgar un nouveau Afriktag!! Paroles d'A. WADE Première partie : SÉNÉGAL I Surgis de nos campagnes Des villes et des faubourgs A l'appel de la patrie, Voici le Sénégal Refrain Sénégal ! Sénégal ! (bis) Combattants de la liberté Sénégal ! Sénégal!( bis) En avant ! En avant ! En avant ! Seconde partie : AFRIQUE II De la mer à la campagne La savane et la forêt, A l'appel de Mère Afrique, Voici les Africains Refrain Africains ! Africains ! (bis) Combattants de la liberté Africains ! Africains ! (bis) En avant ! En avant ! En avant ! III Jeunes gens et jeunes filles, Ouvriers et paysans, Accourons sauver l'Afrique, Voici les Africains. Au refrain

18.05.2008

A Chacun selon ses moyens !

67f099f8f0519c3f2a45c797b827d2fd.jpgAu Sénégal, la semaine politique qui s’achève a été marquée, comme d’habitude, par le Président Abdoulaye Wade. Le Président en voyage privé ( ?) en France pour assurer la promotion de son ouvrage autobiographique*a été au centre du débat politique. Il a profité de son séjour pour accorder à tour de bras des interviews aux média français. On ne peut pas dire en l’occurrence que Sept Image (l’agence qui gère la communication présidentielle dans l’hexagone) n’a pas bien travaillée. Les déclarations du Président de la République abondamment reprises par la presse sénégalaise ont fait l’objet de commentaires, contres- commentaires, analyses, mises au point et réponses. Avec le talent qu’on lui connaît, Abdoulaye Wade continue de retenir l’attention des média tant bien même que son discours soit chaque jour un peu plus d’une indigence insondable. Dans cette routine, un fait a retenu mon attention : l’interview accordée à la rédaction du Quotidien par le représentant du Fmi à Dakar.Monsieur Alex Ségura rompant avec la langue de bois diplomatique a critiqué un certain nombre de choix économiques et financiers du gouvernement sénégalais. Monsieur Ségura, parlant des mesures prises par le gouvernement du Sénégal pour combattre la hausse des prix et faire face à la crise alimentaire mondiale, a marqué sa déception. Il reproche au gouvernement d’avoir pris des mesures fiscales (suspension des droits de douane et de la TVA sur certaines denrées de première nécessité) inefficaces. Pour Monsieur Ségura ces mesures en plus d'être inefficaces , sont en train de déséquilibrer fortement les finances publiques et ruiner les efforts entrepris depuis plusieurs années. La preuve de l’inefficacité de ces mesures est qu’il n’y a pas d’effet notable sur les prix. D’autre part Monsieur Ségura souligne que les subventions consacrées au soutien des prix des produits alimentaires sont prélevées sur les ressources devant servir à apurer la dette intérieure c’est dire ce qui est dû aux entreprises privées. Il estime que les factures impayées au secteur privé tournent autour de 150 milliards de francs Cfa, ce qui représente plus de 10% du budget de l’état. Ce niveau énorme de factures impayées ne correspond pas au cadrage macroéconomique du Sénégal ni aux critères de convergence économique et financiers au sein de l’espace de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA). En résumé, c’est qu’au lieu de payer les factures du secteur privé, l’Etat prend l’argent qui lui aie dû pour le transférer aux subventions. Face aux périls Monsieur Ségura pense que- si rien n’est fait - les prochaines étapes risquent d’être le transfert du budget d’investissement au train de vie dispendieux de l’état et enfin des arriérés de payement des salaires des fonctionnaires. Le représentant du FMI finira en rétablissant quelques vérités en soulignant qu’il partage la même analyse que le Ministère de l’Économie et des Finances alors qu’il est en désaccord avec les analyses du Ministère du Commerce. Le premier ministère tenu par des technocrates s’inscrit dans l’orthodoxie des programmes économiques initiés depuis une dizaine d’années tandis que le second est dirigé par un proche du Président pour qui rien ne compte excepté la « vision du chef de l’état ». Au lendemain de cette interview, Monsieur Ségura a été reçu par le Premier Ministre en présence du Ministre du budget. A la fin de l’entretien le représentant du FMI et le Ministre du budget tiendront une conférence de presse conjointe dans laquelle le premier répétera ses propos de la veille alors que le second dira que « le Sénégal n’a pas de problème de payement de salaire des fonctionnaires ». Ces personnes ne sont pas des amateurs et les propos tenus à cette conférence de presse me laisse penser qu’en définitive Monsieur Ségura a prêté sa bouche –comme on le dirait à la Médina- au Premier Ministre. Il a été reproché à Monsieur Le Premier Ministre Adjibou Soumaré, de ne point faire preuve de caractère face au Président de la République et de céder à tous ses caprices. Il vient d’envoyer un message de protestation au Président de la République. Qu’en sera-t-il ? Wade and see ! * Une vie pour l’Afrique, entretiens avec Jean-Marc Kalflèche et Gilles Delafon, éd. Michel Lafon

16.05.2008

Aїssata Tall, le Président Abdoulaye Wade et RFI

ce0e6e678b5ec964ebce5a1c1f82b211.jpgAvec le talent et la verve qu’on lui connaît Maître Aїssata Tall la Porte- parole du Parti Socialiste Sénégalais a apporté ce jour sur RFI une réplique cinglante à l’interview que Le Président Wade a accordé hier à cette même radio . Je n’ai aucun problème avec les arguments développés par Madame Tall mais je dois avouer ma gêne. Je suis gêné que la représentante d’un parti démocratique, s’inscrivant dans une démarche républicaine polémique avec le Président sur une de radio étrangère. Certes Monsieur Wade nous a habitué à attaquer l’opposition à l’étranger et sur des média étrangers. Mais nous savons tous que démocratie et respect des normes républicaines sont des notions étrangères à notre cher Président. Il ne faut pas le suivre sur son terrain tant que nous disposerons chez nous des moyens de lui apporter la réplique. Madame Tall a la possibilité de répondre efficacement au Président sur les radios de la bande FM à Dakar et à l’intérieur du pays. Ce message aura d’autant plus d’impact qu’il sera décliné dans les deux langues nationales que parle La Porte-parole du parti socialiste sénégalais. Mais revenons à Rfi. Il faut cesser de croire au Sénégal que cette radio est le haut lieu de l’information pluraliste. Si mes compatriotes ont un quelconque doute qu’ils posent la question aux ivoiriens. Radio France Internationale (RFI) est un instrument financé par le Quai d’Orsay (Ministère des Affaires Étrangères) au service de la politique impériale de ce pays. Certes, aujourd’hui le tarif semble être 5 minutes pour le Président Wade et 5 minutes pour son opposition démocratique mais quand les intérêts de la puissance sont en jeu cela devient cent minutes contre zéro minutes. Entre 2002 et 2007, au plus fort de la tentative du Président Chirac de casser l’état ivoirien cette radio a été le porte-parole de la propagande anti-ivoirienne. Diabolisant à souhait le Président ivoirien, semant la haine et insultant les habitants du pays. En 2005, j’ai été le témoin d’une scène surréaliste à Paris. Au cours d’une réunion publique organisée par des patriotes ivoiriens Monsieur Guy Labertit ( dont le soutien et la camaraderie avec Gbagbo ne se discute pas), qui était un des intervenants, a été pris à parti par une ivoirienne qui trouvait que ceux qui se déclaraient être des soutiens du Président Gbagbo n’en faisaient pas assez.Monsieur Labertit d’expliquer que ce n’est pas faute d’essayer et prenant l’exemple de RFI dira que depuis que la crise a éclatée, il n’était plus invité alors qu’avant celle-ci il avait participé à 13 émissions en quatre ans. Ne donnant pas l’occasion à cette radio l’ opprtunité d’être l’arbitre de nos joutes.

14.05.2008

SOS

Le Président Abdoulaye Wade est en France pour présenter son ouvrage autobiographique intitulé « une vie pour l’Afrique » aux éditions Michel Lafont. Je viens d’en lire les bonnes feuilles dans le Quotidien. Je souhaite que mes amis de ce journal de références aient été manipulés et présentent une fausse version de l’ouvrage. J’en ai d’autant plus envie que je ne veux point rompre avec ma fibre républicaine. La responsabilité de Monsieur Abdoulaye Wade est engagé dans au moins quatre affaires criminelles. La première remonte à 1993 avec l’assassinat de Maître Babacar Sèye vice–président du conseil constitutionnel. Les assassins de ce juge constitutionnel sont des proches de Abdoulaye Wade. La voiture ayant servi à la traque de ce monsieur et l’arme utilisée pour le tuer ont été payées par les deniers de Maître Abdoulaye Wade. Les assassins du juge constitutionnel leur forfait accompli se sont signalés au futur Président de la République pour lui dire qu’ils avaient accomplis leur mission. En 2005 dans un ouvrage à succès -témoignages à l’appui- le journaliste Abdou Latif Coulibaly écrivait que le Président Wade n’était pas seulement le commanditaire du meurtre mais le chef du gang qui a exécuté Maître Babacar Sèye. Voici que dans son autobiographie Monsieur Wade refuse de parler de cet épisode au prétexte que la loi d’amnistie qu’il a fait voter en faveur de ces amis assassins la lui interdit. Depuis quand Abdoulaye Wade s’embarrasse de la loi quant il s’agit de s’engager sur le terrain politique ? Toujours en 1993 le journaliste Nicolas Balique correspondant de Rfi à Dakar est pris à parti à sa sortie de la résidence de Wade qui vient de lui accorder une interview.Après avoir reçu un violent coup de tête de l’actuel chef de cabinet du chef d’état du Sénégal, Monsieur Ballique se verra molester par des dirigeants et autres nervis du parti présidentiel. Sa voiture brûlée et son matériel de travail saccagé. Le 26 septembre 2002 le Sénégal connaît la plus grave catastrophe maritime de l’histoire avec 2000 morts. Le navire le Joola qui assure la navette entre la Casamance et la capitale Dakar sombre dans l’océan atlantique. Les passagers du navire ont été victime de l’arbitrage budgétaire en faveur de l’avion présidentiel. Au lieu d’acheter le nécessaire deuxième moteur du joola le Président Abdoulaye Wade a préféré qu’on améliore son confort en changeant l’habillage de la cabine de son avion de commandement : la pointe de Sangomar. Vous lisez bien que le choix a été de préférer le confort présidentiel à la sécurité des milliers de personnes qui empruntaient le navire Joola. Pour finir en 2003, Talla Sylla le leader du parti d’opposition jëf- jël est sauvagement agressé par des nervis que la gendarmerie identifiera comme proches du palais présidentiel sénégalais. Des ordres venus d’en haut et un accident mortel d’un proche de Abdoulaye Wade mettront un terme aux velléités des gendarmes à trouver les coupables. Sur toutes ces affaires criminelles, j'espérais des arguments de poids- en faveur de l'innoncence- du Président de la République. J'avoue que je 'ai plus de doutes!!

13.05.2008

Echec de la stratégie de croissance accélérée ?

Je poursuis ici ma réflexion sur la gauche africaine. Bon, ce n’est pas totalement vrai puisque dans la première partie du post je règle (c’est plus fort que moi) quelques comptes avec le Président sénégalais. En juin 2006, le gouvernement du Président Abdoulaye Wade lançait la stratégie de croissance accélérée (SCA) censée faire du Sénégal un pays émergent, c'est-à-dire inscrit dans une dynamique de croissance durable et significative comme la Malaisie, le Chili, la Tunisie. Avec le talent dont ils peuvent faire montre en pareilles circonstances, les sopistes nous avaient annoncé que grâce à la vision géniale du chef d’état le plus diplômé du Caire au Cap et de Monrovia à Mombassa que tout était acquis et que bientôt on allait voir ce qui n’a jamais été vu au Sénégal et en Afrique. En un an des Trains à Grande Vitesse (TGV) relieraient les villes sénégalaises et l’aéroport international de Ndiass verrait débarquer les marins des navires de la quatrième génération. Le Président qui s’y connaît en construction de port avait conçu celui du futur qui a séduit les investisseurs au point qu’il a l’embarras du choix. Les critères financiers, économiques et stratégiques ne pouvant départager les candidats investisseurs, on sollicitera notre fibre religieuse. Deux ans après qu’est devenu cette stratégie ? Elle a échoué par notre faute comme le soulignait il y a peu de temps le ministre de l’information et porte-parole du gouvernement. Mais soyons juste, la SCA n’est pas sortie de l’imaginaire de notre cher Président. Il s’est contenté d’en rêver les conséquences. Les plans de notre Président ne s’embarrassent pas de stratégies alors vous l’imaginez choisir un nom si ringard. Les observateurs avertis avait décelé assez rapidement que la SCA était un avatar des programmes économiques inspirés par les institutions financières internationales que nous expérimentons depuis plus de trois décennies avec le succès dont chacun de nous peut être juge. Ce « nouveau » programme économique qui visait à réaliser une croissance de 8 à 10% n’a pas permis à notre pays de s’en sortir c'est-à-dire offrir à chacun d’entre nous l’opportunité de vivre dignement grâce à son travail ou son talent ? Ce programme économique n’a pas permis et ne permettra à l’État de collecter suffisamment de ressources pour assurer le progrès social de toutes les composantes de la nation ? La stratégie de croissance accélérée si l’on s’en tient à ce qu’en disait en Mars 2006 le ministre d’état, ministre de l’économie et des finances Abdoulaye Diop : « …en phase de finalisation avec l’opérationnalité des 5 groupes de grappes et du groupe de synthèse….Avec la mise en place la sca, la finalisation du Pamu et la construction de la plate forme de Diamniadio, les investissements publics connaîtront un regain de dynamisme…..La mise en place d’un environnement de classe international….. » .On l’avait compris , l’idée directrice de cette stratégie était d’assurer dans un cadre macroéconomique d’ajustement structurel une augmentation des investissements directs étrangers dans des niches que les deniers publics auront permis de mettre en place.Cette idée n’est pas nouvelle et à déjà été expérimentée sans grands succès.Les moins jeunes d’entre nous doivent se rappeler les promesses faites à la création de la zone franche industrielle,à la suppression des articles du code du travail protégeant les travailleurs contre les abus du patronat.Toutes ces mesures loin d’avoir augmentée les investissements directs étrangers ont au contraire augmentée l’endettement de l’état et rendu précaire la situation de nombreux travailleurs sénégalais. Depuis les chocs pétroliers des années 70 qui ont épuisé les logiques de rente héritées de la colonisation, notre politique économique est dictée par les institutions financières internationales. En 1979, le gouvernement sénégalais signait avec le Fond Monétaire Internationale (FMI) le premier programme macroéconomique appelé plan de stabilisation 1979-1984. Cette période aura été marquée par une faible croissance économique, inférieure du reste à la croissance démographique. Le programme d’ajustement à moyen et long terme (1985-1992) a été caractérisé par le démantèlement de notre industrie et notre agriculture. Les politiques initiées durant cette période n’ont pas attiré davantage les investissements directs étrangers alors que leur coût social a été catastrophique. Le plan d’urgence encore appelé plan « Sakho-Loum » de 1993 visait à réduire le train de vie de l’état qui était loin d’être sénatorial ce qui veut bien dire où notre économie était à cette période. Depuis la dévaluation du franc CFA de 1994, le pays est inscrit dans une dynamique de croissance favorisée d’abord par l’effet mécanique de celle-ci sur les exportations. Depuis 1998, la croissance économique que nous connaissons est tirée par les investissements publics que permet l’assainissement des finances publiques et les remises de dettes. Malgré cette croissante économique, le chômage reste important, la pauvreté touche plus de la moitié de la population et le pays est classé parmi les Pays les Moins Avancés (PMA) et les exportations sénégalaises progressent peu. Cette croissance a des aspects quelques peu artificiels car elle est plus proche de celle des pays riches ayant des capitaux abondants que de celle des pays émergents. De plus, il semble que nous soyons de plus en plus proche des limites des opportunités qu’offrent ces politiques. On note à ce propos un tassement de la croissance qui n’a jamais du reste atteint les niveaux permettant de lutter efficacement contre la pauvreté. Notre économie présente plusieurs faiblesses dont la moindre n’est pas son isolement au sein de notre sous région. Les échanges avec nos voisins restent trop faibles et ceci parce qu’il est bien difficile et/ou cher de s’y rendre par la route par exemple. A l’intérieur du pays, se déplacer est un calvaire, joindre Dakar à Djoffior ou Ziguinchor à Séléky peut prendre la journée. Nous dépendons trop de l’aide extérieure et ceci pour un résultat médiocre. Nous dépensons beaucoup d’énergie et de temps pour satisfaire les normes bureaucratique des bailleurs de fonds (qui ont chacun leur procédure) et ceci pour des actions dont la pertinence économique n’est pas toujours prouvée. Ces bailleurs de fonds qui sont tiraillés entre la nécessité de montrer à leurs opinions publiques qu’ils gèrent au mieux l’argent du contribuable, la pression médiatique en direction des thèmes à la mode et enfin nos besoins à nous pas toujours bien exprimés. Dans ces circonstances beaucoup de ces bailleurs préfèrent la visibilité médiatique, or celle ci coïncide rarement avec l’efficacité économique. Nous évoluons dans un système économique mondialisé où nous sommes, comme le reste de l’Afrique Noire, marginalisés. Nos produits traditionnels d’exportation ont connu une baisse de leur valeur (4) et nos marchés sont envahis par des produits agricoles européens et américains qui sont largement subventionnés mais par ceux des pays émergents. Nous devons faire face à des barrières tarifaires et non tarifaires pour entrer sur le marché européen et américain. Nous manquons de ressources humaines formées : en témoigne le faible taux d’alphabétisation des adultes. Notre économie a des atouts au premier rang des quels notre farouche volonté de nous en sortir. Le savoir-faire et l’ingéniosité de nos compatriotes du secteur dit informel ne sont plus à démontrer et les agriculteurs malgré d’énormes difficultés ne baissent pas les bras.Les transferts monétaires important (estimés à 500 millions de dollars par an) provenant de diaspora ne sont pas négligeables. Le Sénégal est un pays africain, pauvre et enclavé dans son espace potentiel de croissance. Les deux tiers de la population active du pays sont occupés à travailler dans le secteur primaire qui ne produit que 20% de la richesse nationale. Des millions de sénégalais sont des acteurs d’une économie populaire dynamique qui manque d’investissements pour dépasser ses limites actuelles. De part les transferts des migrants notre économie a un potentiel inexploité d’investissement vers les secteurs productifs. La Stratégie de Croissance Accélérée telle qu’elle a été présentée il y a deux ans ne part pas du constat de nos forces et faiblesses pour inventer la manière de répondre à la demande sociale. La philosophie qui fonde la SCA est qu’il existe sur le marché mondial des investisseurs prêts à venir chez nous à condition que nous sachions les attirer. L’histoire économique de notre pays et de l’Afrique noire apporte un démenti à ce postulat car jusqu’à présent les logiques qui soutendent les investissements sont celles de contrôle des ressources notamment les matières premières plus que celles de marché. Depuis plus de 25 ans on se cesse de nous répéter qu’il n’existe pas d’alternatives aux politiques économiques menées dans notre pays. Il n’y a rien de plus faux car ces politiques n’ont pas débouché sur le progrès économique et social que nous étions en droit d’attendre.Il est possible de faire autre chose et de donner de meilleurs résultats. Dans cette perspective replaçons au centre du projet économique le questionnement politique. Qui sommes nous ? Qu’avons-nous ? Que voulons –nous ?

08.05.2008

L’agitation permanente

aec0c7136142aaa47a59f2e4c6d230f3.jpg Notre Président bien aimé Maître Abdoulaye Wade est assurément en forme, en très grande forme même. Il fait feu de tout bois ! Entre les brandilles plantées dans le dos de l’opposition, son interpellation de la FAO et des ONG et sa réplique foudroyante au rapport sur les droits de l’Homme du département d’état américain (qui épingle notre pays) on ne compte plus les fronts ouverts par notre Président. Par deux fois au cours des derniers jours le Président s’est attaqué à la FAO et aux ONG les accusant de prendre 20% des ressources destinés à l’aide au pays pauvres et d’être complètement incompétents pour résoudre les problèmes de l’agriculture et du Développement de l’Afrique. Dans un même discours il a demandé que le siège de la FAO soit transféré en Afrique et aussi la suppression de l’agence onusienne. Question à un franc CFA : pourquoi notre Président maintient-il une fiscalité favorable aux ONG alors qu’il a une si piètre opinion d’elles ? Parler de fiscalité favorable relève d’ailleurs d’un doux euphémisme, je devrais dire une absence de fiscalité. Il n’y a qu’au Sénégal que vous verrez des personnes qui gagnent des millions et ont toutes sortes d’avantages en nature et qui ne payent aucun impôt. On l’aura compris cette croisade contre la FAO et les ONG ne vise qu’à détourner l’attention sur l’incapacité du pouvoir à répondre aux préoccupations des sénégalais. Comme à son habitude, le Président Wade apporte des réponses aux questions qui ne lui sont posés !

23.04.2008

Acharnement?

Il y a moins d'une semaine Wade lançait son plan GOANA (cf mon post Abra-Ka-Dabra). Voici qu'il nous annonce que l'Inde "fournira" 600.000 tonnes de riz par an au sénégal et ceci pendant six ans: http://www.seneweb.com/news/elections2007/article.php?art... La spéculation que connait le marché du riz permet elle à l'Inde de prendre de tels engagements? http://www.lexpress.mu/display_article.php?news_id=106761 Wade and see

21.04.2008

Abra-ka-dabra

Le vendredi 18 avril 2008, le Président Abdoulaye Wade a servi aux sénégalais l’un de ces numéros de prestidigitation dont il a le secret. Il a exposé au cours d’un Conseil présidentiel sur l’agriculture sa « Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance » (GOANA). Le programme présidentiel qui « demande l’implication de toutes les forces vives du pays » et qui sera mis en œuvre « dès le prochain hivernage » c'est-à-dire dans les deux à trois mois à venir, se fixe des objectifs ambitieux. Il est prévu de produire deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, 500 000 tonnes de riz et deux millions de tonnes pour les autres céréales comme le mil, le sorgho, le fonio, etc. Au total plus de huit millions de tonnes de céréales. Pour l’élevage, les objectifs à moyen terme portent, indique-t-il, sur une production de 400 millions de litres de lait et 435000 tonnes de viande. Le financement du Plan présidentiel n’est pas chiffré, mais on apprend au détour du discours présidentiel qu’il sera procédé à l’achat de deux avions à 5 milliards de francs pour ensemencer les nuages afin de provoquer des pluies. A coté de ces moyens le Président a informé ces auditeurs que deux bateaux contenant de l’urée sont en position d’approche des côtes sénégalaises. La cargaison de ces deux navires devant servir à la fabrication d’engrais. Il demande à tous - notamment à ses ministres, aux hauts fonctionnaires, aux directeurs et cadres de société à retourner à la terre et à cultiver au moins 20 hectares. La diaspora sénégalaise, les étudiants, les religieux… tout le monde- sauf les paysans- est convié à participer à l’initiative présidentielle. Pour donner une perspective au plan présidentiel il est bon de faire le point de la situation de l’agriculture sénégalaise en cette année 2008.Sur les vingt dernières années, la moyenne de la production céréalière a tourné autour d'un million de tonnes. L'analyse de l'ensemble des cultures céréalières montre une forte variation annuelle aussi bien des superficies cultivées que des productions évoluant en dents de scie. L’agriculture sénégalaise reste tributaire des aléas climatiques. On constate qu'en année normale où la pluviométrie s'installe très tôt avec des pauses raisonnables, sans attaques quelconque la production augmente proportionnellement avec les superficies cultivées. C’est donc dire que ce n’est n'est pas l'amélioration des rendements qui joue en faveur de la production mais l'extension des superficies. L'intensification n'a pas encore touchée de manière conséquente les cultures céréalières (sous pluies). Et même si des performances sont notées dans la culture du riz il faut noter la relative faiblesse des rendements et des difficultés réelles à dépasser le cap des 35 000 ou 40 000 ha sur un potentiel de 350 000 ha irrigables. Ce sont ces problèmes que veut résoudre notre cher Président en demandant à ces proches de se muer en agriculteurs, en achetant deux avions bombardiers de nuages et en faisant venir deux bateaux « remplis » d’urée. Cet énième plan présidentiel n’aurait pas mérité un post si, fidèle à son habitude, Maître Abdoulaye Wade n’en avait pas profité pour porter un coup rude à la cohésion nationale en demandant à l’administration territoriale (gouverneurs, préfets et sous préfets) de « donner des terres sans restriction à ceux qui peuvent les exploiter.. » Au Sénégal dans la grande majorité, les producteurs agricoles sont de petits exploitants, qui cultivent la terre sur des régimes fonciers traditionnels. Ces régimes fonciers a défaut de permettre l’éclosion de grandes exploitations agricoles, ont protégé plus ou moins nos campagnes de conflits à grande échelle. La volonté présidentielle d’introduire l’arbitraire et de la corruption de l’administration dans le foncier rural est une menace à la paix civile.