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07.07.2008

L’État privatisé

78e82d394e463dcee5b69f123632a379.jpgLe document ci-dessous a été publié dans la presse sénégalaise du jour. C’est la lettre ouverte d’un entrepreneur que le Président Abdoulaye Wade a décidé de compter parmi ses ennemis pour des raisons politiciennes. Pour le neutraliser il n’hésite pas à utiliser les moyens de l’État et à casser un outil de production qui compte des centaines d’employés. Pourquoi j’ai assigné l’Etat en Justice et pourquoi mes entreprises quittent le Sénégal, mon pays. Par Bara Tall … L’entreprise Jean Lefebvre est installée au Sénégal depuis 56 ans, donc avant ma naissance. Bien que de droit français, son agence fut confiée en 1987 à des cadres sénégalais qui avaient fini d’y faire leurs preuves et j’eus la chance d’en être le premier Directeur non français. Moins de dix ans plus tard, en 1996, cette agence de droit français fut transformée en filiale de droit sénégalais avec ma prise de participation dans le capital, et, quatre ans plus tard, après en avoir fait un des leaders du Btp dans la sous-région, j’en deviens l’unique propriétaire, avec la bénédiction et le soutien de mon ancien employeur français, le Groupe Vinci, N°1 mondial du Btp. Ce statut de major entièrement sénégalais a renforcé le rôle citoyen de mon entreprise, qu’elle n’a du reste jamais cessé de jouer. Ce qui m’a souvent conduit à m’engager corps et âme dans la concrétisation de projets majeurs, sans que les moyens financiers de l’Etat ne suivent. Ceci m’a valu à plusieurs reprises d’être encouragé, félicité et cité en exemple, publiquement, par les plus hautes autorités de cet Etat. Du jour au lendemain, cet engagement citoyen a été retourné contre moi, pour des raisons que l’Histoire jugera. Pensait-on que je ne pouvais rien refuser à cet Etat ? Croyait-on que j’étais le plus malléable, car n’étant plus sous la tutelle d’une puissante multinationale étrangère ? Je fus accusé, harcelé, puis jeté en prison pendant soixante-douze (72) jours. J’ai été alors contraint de me défendre avec mes arguments et aujourd’hui, si cela s’avérait encore nécessaire, je continuerais de me défendre avec beaucoup plus d’arguments. Je suis sorti de prison sans réellement savoir pourquoi j’y étais entré et, sans récrimination aucune, je suis retourné à mon travail et j’ai essayé de panser mes blessures et celles des miens, de recoller les fissures infligées à toutes mes activités qui vont au-delà du Btp, décidé que j’étais à ne pas me retourner, car ayant la conscience tranquille d’avoir fait exactement ce que j’avais à faire, si j’en jugeais par le soutien populaire dont j’ai bénéficié. J’en profite pour dire, encore une fois, Merci à tous. Ce regard tourné vers l’avenir, dans le cadre strict de mes activités professionnelles, fut partagé, je dois à la vérité de le dire, par le président de la République, lors de l’audience fortement médiatisée qu’il m’a accordée à ma sortie de prison. Malheureusement, comme du reste on me l’avait fait comprendre sans que j’y accorde un crédit quelconque, d’autres avaient décidé, au nom d’un supposé règlement de comptes (?), qu’il n’en serait rien. Mon avenir et celui de mes entreprises devraient forcément en pâtir. J’ai entendu dire, sans y croire, qu’on allait me détruire, moi et mes entreprises. Pour cela, la consigne aurait été la paralysie totale de l’activité, accompagnée d’une asphyxie financière. Traduction concrète : Que je ne gagne plus de marché et que l’on bloque mes paiements des travaux déjà exécutés qui me permettraient de survivre. J’ai beau ne pas avoir cru à pareille chose, mais, un an et demi plus tard, force est de constater que je dois me résoudre à cette réalité : Nous avons été systématiquement écartés de tous les appels d’offres sur lesquels nous étions les moins-disants – et qui devraient normalement nous revenir – pour des raisons diverses et variées, parfois complètement farfelues. Les paiements de travaux exécutés et réceptionnés depuis deux ans ont été bloqués, utilisés à d’autres fins, bien qu’étant inscrits dans les budgets successifs de 2007 et 2008. Ayant été privés d’un chiffre d’affaires d’une centaine de milliards, équivalent à plus de trois années d’activités, nous allions nous retrouver dans quelques mois avec une activité zéro dans notre propre pays où, pendant la même période, les entreprises étrangères qui étaient derrière nous se vantent aujourd’hui d’avoir triplé leur chiffre d’affaires. Cette situation de privation délibérée d’activité et de rétention abusive de paiements nous a causé des préjudices énormes qui vont jusqu’à menacer la survie de nos entreprises. C’est pourquoi, nous avons procédé à une estimation de ces préjudices et en demandons réparation à l’État qui, à l’origine et en dernier ressort, en est responsable. Il est très important de préciser que nous n’avons pas fixé le montant de la réparation demandée. Nous avons simplement tenu à évaluer le préjudice que nous estimons avoir subi, pour que ceux qui certainement n’auront pas la possibilité de tout réparer, compte tenu de la situation où le pays est plongé, sachent néanmoins ce qu’ils ont détruit. En effet, en intentant cette action, notre priorité réside d’abord dans les principes et la morale de l’Histoire. Après la procédure administrative infructueuse, nous avons épuisé toutes les voies de négociation et de conciliation possibles et nous nous sommes toujours heurtés à un mur d’indifférence. Nous sommes donc aujourd’hui conduits à introduire, au nom de ces principes, une procédure contentieuse en assignant l’État sénégalais en Justice pour avoir le droit élémentaire de travailler honnêtement dans notre pays et de pouvoir jouir du fruit de ce travail. Tout simplement. Nous ne renoncerons jamais à ce droit. Nous ferons face. Judiciairement, médiatiquement. En attendant, nul n’étant apparemment prophète en son pays, nous avions décidé par anticipation de nous délocaliser pour survivre, en attendant de revenir. Nous organisons notre émigration en renforçant notre installation en Gambie et dans les pays de l’Uemoa où nos investissements seront transférés. Nous remercions très sincèrement les autorités gambiennes de nous avoir grandement facilité la tâche en respectant, parfois même à l’avance, tous leurs engagements financiers. Notre siège reste et demeure néanmoins au Sénégal car, comme il en a été ainsi jusqu’à ce jour, tout ce que nous aurons reviendra dans notre pays qui nous a tout donné. Ceci pour dire, contrairement à ce que pensent certains, que nous ne déposons pas le bilan, nous ne disparaissons pas. Notre activité continue. Elle ne fait que se déplacer. En attendant des jours meilleurs. Bara TALL - Ingénieur Polytechnique de Thiès - Chef d’entreprises sénégalais

02.07.2008

Sénégal: les journalistes et techniciens en brassards noirs

cb7091a7d094e79e673faf162529d54f.jpgSource : Walf Fadjri Après leur marche du samedi 28 juin 2008, les journalistes décident de maintenir la pression sur les autorités étatiques pour que justice soit rendue à leurs confrères, tabassés par des agents de la police. Les journalistes sénégalais n'entendent pas baisser les bras dans le combat qu'ils ont engagé pour le respect de la liberté de presse et la garantie par les autorités de leur sécurité physique dans le cadre de leur travail. Ainsi, après avoir organisé une marche qui a connu un succès éclatant, le Comité pour la défense et la protection des journalistes (Cdpj) s'est réuni hier pour faire monter l'adrénaline d'un cran en déclinant les prochaines phases de son plan d'action. C'est ainsi que 'le comité appelle tous les professionnels de l'information et de la communication et toute personne qui se sent concernée par ce combat, à arborer des brassards noirs les mercredi 02 et jeudi 03 juillet 2008, en signe de protestation contre l'impunité qui semble se dessiner encore une fois'. Cependant, la lutte ne s'arrêtera pas là, puisque d'autres activités sont au programme. Le Cdpj compte internationaliser son combat en saisissant toutes les structures étrangères qui œuvrent pour le respect des libertés des journalistes. Parallèlement à ces actions, à partir de ce mardi, le comité pour la défense et la protection des journalistes va prendre contact avec les représentations diplomatiques au Sénégal pour établir un calendrier de rencontre avec les différents ambassadeurs accrédités à Dakar. Par ailleurs, 'le comité appelle tous les acteurs de la presse à maintenir la mobilisation et surtout à se tenir prêt à répondre aux futurs mots d'ordre'. Tirant le bilan de sa marche du samedi 28 juin 2008, les responsables du Cdpj 'se félicitent de l'énorme succès de cette manifestation qui a connu une forte affluence, évaluée à au moins cinquante mille personnes'. La satisfaction du comité pour défense et la protection des journalistes est d'autant plus grande qu'il se réjouit que son initiative n'a connu aucun débordement. Et cela, à ses yeux, 'prouve, si besoin en était, l'adhésion des populations à ce combat qui ne vise en fait qu'à la manifestation de l'Etat de droit'

29.06.2008

Forte mobilisation contre les dérives policières

6e26ec3ae9e9ea9ca0b9f97616facf95.jpg Source : Nettali.net C'est une foule compacte constituée de journalistes, de membres de la société civile de politiques et de citoyens anonyme qui a marché de la Place de l''Obélisque au Rond de la Médina à Dakar. Occasion saisie par les journalistes pour brandir des banderoles hostiles à la Police et à l'Etat et exiger de meilleures conditions d'exercice du métier en termes de sécurité. Ils étaient des deux sexes de tous les âges. Eux, ce sont les journalistes sénégalais qui ont battu le macadam ce samedi comme promis par le Comité pour la défense des droits de la presse mis en place au lendemain de l'agression dont ont été victimes Boubacar Kambel Dieng et Karamakho Koné, respectivement de la Radio Futur Média et de la West democraty radio. La marche a pris fin aux environs de 12 heures au Rond-Point de la Médina et un mémorandum dans lequel ont été consignées les doléances des journalistes a été remis au ministre de l'Intérieur Cheikh Tidiane Sy, par un Comité restreint de journalistes. Yakham Codou Néné Mbaye a expliqué le sens de la manifestation. En sa qualité de Porte-parole du Comité pour la défense. Chaque fois qu'un journaliste commet une infraction dans l'exercice de ses fonctions, nous sommes convoqués à la Police et jugés devant les tribunaux ; Nous exigeons la même chose lorsque nous sommes victimes de violences comme c'est le cas avec nos confrères », dira le Directeur général de Com 7. Dans la même veine, Diatou Cissé Badiane a déclaré que la mobilisation sera de mise chaque fois que des journalistes seront agressés dans l'exercice de leurs fonctions. Nous ne transigerons pas sur ce principe », a-t-elle confié. Plusieurs responsables politiques (Moustapha Niasse, Abdoulaye Bathily, Seydou Sy Sall, Me Aïssata Tall Sall etc), syndicaux étaient présents à la marche de ce samedi qui a pris fin vers 13 heures. Le 21 juin, les deux journalistes ont été agressés par des policiers, à l'issue d'un match qui opposait l'équipe nationale du Sénégal à celle du Libéria au stade Léopold Sédar Senghor de Dakar. Le journaliste de Rfm a été hospitalisé dans une clinique de la capitale Une marche organisée par le Collectif de la presse régionale pour dénoncer cette agression, le 26 juin à Kaolack (Centre), a rassemblé deux cents personnes

19.06.2008

Sondage Gallup publié par le New York Times : 56 % des Sénégalais prêts à s’exiler

e67fa7658298734c7b3bf5cc4be6fd2f.jpgJe vous propose deux articles qui parlent de la situation socio économique au Sénégal: http://www.lequotidien.sn/articles/article.CFM?article_id... http://www.nytimes.com/2008/06/18/world/africa/18senegal....

01.06.2008

Assises Nationales du Sénégal

49ca6130a2712df7a8fe8f188d56844b.jpgLe site internet des assises nationales du Sénégal. http://www.assises-senegal.info/

31.05.2008

Assises nationales du Sénégal

13d7a2880120b24b25c6cad6c08d6d22.jpg 5b4676e5dc1da754ef48f6ca0b37517a.jpg A l'occasion des Assises Nationales qui démarrent le 1er juin au Sénégal et qui vont réunir divers acteurs de la vie publique sénégalaise. je vous propose ce texte d'Ousmane Tanor Dieng Secrétaire général du Parti socialiste A tous nos compatriotes que la harangue pitoyable des thuriféraires et des caudataires du régime libéral pourrait abuser, s'il s'en trouve, je veux convaincre d'une chose et d'une seule : les Assises nationales nous concernent tous directement. Passons d'abord sur le procès d'intention que couvrent les assauts désespérés du pouvoir en place et de ses frotte-manches. Il a été reproché aux Assises nationales d'être une conférence nationale déguisée ou encore une entreprise de subversion. Il n'y a évidemment rien de plus faux et ceux qui le disent le font par ignorance autant que par malveillance. En effet, la situation de notre pays, quoique désastreuse, n'est pas encore comparable au contexte des conférences nationales souveraines auxquelles avaient recours certains pays africains, au début des années 90, pour sortir de l'impasse. A l'époque, dans les pays concernés, les institutions étaient sinon inexistantes, du moins déliquescentes. Ici au Sénégal, les institutions existent, mais, elles sont contestées par l'opposition significative à cause de la triste absence de légitimité, de crédibilité et de fiabilité du processus de dévolution des pouvoirs dans l'Etat. Il en résulte, pour nous, une posture de combat fondée sur la triple certitude du défaut d'âme d'un Sénat infâme, de l'illégitimité d'une Assemblée nationale issue d'une élection majoritairement boycottée par le peuple sénégalais et d'un Président proclamé à la suite d'un scrutin entaché de bout en bout de fraudes avérées et de nombreuses irrégularités. Il s'agit d'une contestation des institutions que nous avons entamée dès après la publication des résultats de l'élection présidentielle en introduisant des recours en annulation du scrutin devant le Conseil constitutionnel, en lançant un appel au dialogue politique pour évaluer le scrutin présidentiel et, devant le mépris affiché à notre égard par le Président illégitime, en appelant, avec succès, au boycott des élections législatives. C'est notre combat et l'on s'y tient, en usant de toutes les actions et de tous les moyens que la République donne à ses citoyens pour hisser les combats patriotiques aux niveaux requis pour la nécessaire défaite du camp d'en face. Nous mènerons ce combat politique indépendamment des Assises nationales qui ne doivent pas être perçues comme un prétexte pour faire le procès du régime en place, ni comme un tribunal pour dénoncer et condamner ses frasques et ses échecs. Cela, les instances régulières de nos partis s'en acquittent admirablement dans leurs contacts quotidiens avec les populations. Les Assises nationales ne constituent pas non plus, quoiqu'en disent nos adversaires, une trouvaille du Front Siggil Senegaal pour assurer sa survie politique après le boycott des élections législatives. Il y a d'ailleurs de sérieuses raisons de s'inquiéter pour notre démocratie quand on entend pareil discours qui semble assimiler, dans une vision étriquée, la vie démocratique à la vie des institutions. Ils doivent savoir que dans une démocratie, il existe, hors le champ des institutions, d'autres espaces dédiés à la citoyenneté, des espaces qui définissent également les outils de régulation et les règles de pacification de la vie politique tout autant que la finalité de l'action politique. Mais cela, nos adversaires n'en ont cure, comme ils se bercent de l'illusion majoritaire, celle-là qui les pousse à croire qu'ils disposent d'un blanc-seing illimité pour chaque jour faire reculer les limites du raisonnable et du tolérable. Pour leur gouverne, qu'ils sachent que la majorité électorale n'a jamais été statique et ne correspond pas toujours à la majorité sociologique. Ils se trompent donc ; ils se trompent même énormément. Dans un futur plus très lointain, cette majorité, du reste factice parce qu'obtenue par l'usage d'astuces et d'artifices frauduleux, tombera comme château de cartes. Avec la même constance dans la mauvaise foi, le régime en place s'obstine, plutôt mal que bien, à accréditer l'idée que les Assises nationales sont celles du Front Siggil Senegaal. C'est la preuve d'une cécité et d'une surdité qui l'empêchent de saisir la perche des Assises pour renouer le fil du dialogue national rompu par la pratique solitaire et autoritaire du pouvoir. Mais, puisqu'il cherche, bien malgré lui, certainement, à couvrir de fleurs le Front Siggil Senegaal, qu'il sache que notre rôle aura été, après avoir compris que notre revendication politique initiale, fondée sur le constat inquiétant d'une profonde césure dans notre système démocratique, se diluait dans les flots des urgences du pays et après avoir également perçu que la crise avait largement débordé du cadre politique pour embrasser tous les secteurs de la vie nationale, d'en tirer la conséquence de l'urgence de concertations nationales, globales, directes et inclusives pour y trouver des solutions efficaces et durables. C'était là une simple intuition rapidement confortée par la réactivité des différents segments de la Nation. En effet, dans nos contacts exploratoires, nous entendions toujours la même demande chez les travailleurs, le patronat, les opérateurs économiques, les paysans, les pasteurs, les pêcheurs, les enseignants, les retraités, les femmes, la jeunesse qui réclamaient tous, avec la même insistance, la tenue d'assises sectorielles. Dans ces conditions, la mission du Front Siggil Senegaal, après avoir identifié ce besoin pressant de dialogue exprimé par tous les segments de la société, consistait, avec d'autres, à mobiliser et à fédérer tous les secteurs et acteurs de la vie nationale dans un même cadre de concertations. A partir de ce moment, ce qui était une idée, puis une initiative du Front Siggil Senegaal devenait un projet commun et une démarche partagée par toutes les composantes de la Nation qui se sont employées à lui donner une forme et un contenu à travers des termes de référence élaborés de manière consensuelle. Mieux, les organisations partenaires, qu'il s'agisse de celles issues de la société civile ou de celles socioprofessionnelles, jouent un rôle important, avec les plénipotentiaires des partis politiques, dans la conduite des Assises nationales à travers le Comité ad hoc et le bureau national. Aujourd'hui, la majorité de nos compatriotes, à travers près de quatre-vingts organisations représentatives des différents segments de la société, se retrouvent au cœur des Assises nationales sans compter l'adhésion tout aussi pleine de symbole de grandes figures et de personnalités emblématiques vivant au Sénégal ou établies à l'étranger. Je ne doute pas que d'autres compatriotes, lorsqu'ils seront mieux imprégnés des justifications et des objectifs des Assises, prendront le train en marche. Je veux leur dire que les Assises sont ouvertes à tous les Sénégalais, sans exclusive et qu'à cet effet, mandat a été donné au Bureau des Assises nationales pour mener et poursuivre les contacts afin de persuader et d'inviter d'autres organisations et institutions à participer aux Assises. Il y a également une autre question qui revient avec insistance dans la litanie du pouvoir relayée par quelques forces obscures obligées de justifier les prébendes perçues indument : que fera-t-on des conclusions des Assises nationales si le pouvoir actuel n'y prend pas part ? C'est évidemment là le type même du faux débat en ce sens que la question est mal posée. Au lieu de chercher la réponse du côté du Front Siggil Senegaal, il faut plutôt se poser la vraie question : quel intérêt le Sénégal peut tirer de ces concertations à nulles autres pareilles ? J'y répondrai d'abord en précisant, au sujet de la participation de l'Etat aux Assises nationales, que certains de ses démembrements sont présents aux Assises à travers des députés et des élus locaux. Sous cette réserve, même si nous l'avons souhaitée de longue date, nous n'avons jamais fait de la participation du régime d'Abdoulaye Wade une fixation, ni un critère d'évaluation des Assises. J'y répondrai ensuite en rappelant que ces Assises constituent, dans la forme, un grand exercice de méthode et, dans le fond, un salutaire exercice de sauvetage de notre pays, qui permettront aux différents acteurs de la vie nationale d'examiner ensemble, de manière sereine et méthodique, les moyens de remettre à flots nos fondamentaux institutionnels, démocratiques, économiques et sociaux. Elles sont un moment très fort dans la vie de notre Nation, où, renouant avec la tradition du dialogue, les différents segments de la société vont disséquer avec sérieux les problèmes du Sénégal et, je suis sûr, faisant foi à la qualité et à la personnalité des participants, au respect qu'ils inspirent et à la dignité qu'ils représentent dans leur domaine, que les Assises nationales nous donneront les clefs pour redresser le Sénégal et pour restaurer l'espoir chez les Sénégalais. Ce dont il est donc question, c'est de parvenir, au moyen des ces Assises et en s'appuyant sur le pluralisme et la diversité, tout autant que sur le débat et la discussion, à trouver, dans le très court terme, des solutions à la tyrannie de la crise actuelle et à définir, dans les moyen et long termes, les réformes structurelles nécessaires à la viabilité et à la pérennité de l'Etat, de la République et de la démocratie et à l'efficacité de nos politiques économiques et sociales. Il me semble, par ailleurs, utile de préciser que les Assises nationales seront un grand moment d'exercice de la démocratie consensuelle qui, en partant des acquis de notre histoire récente et lointaine et en traitant avec le même respect toutes les forces vives de notre pays, permettra à toutes les composantes de la Nation de s'entendre sur un diagnostic, sur des analyses et sur des solutions efficaces et durables à mettre en œuvre. La méthode participative, qui a été jusqu'ici l'élément moteur de notre démarche, sera encore privilégiée, voire renforcée à travers les contributions des organisations représentatives des différentes composantes de la Nation, à travers également les consultations citoyennes et le forum sur Internet pour impliquer directement les Sénégalais de tout bord qu'ils vivent parmi nous ou à l'étranger. C'est seulement au terme de ces discussions libres, sans préjugé, ni présupposé qu'une synthèse sera réalisée par consensus, admis comme seul mode de prise de décision. A mon sens, cela nous renvoie à deux évidences : D'abord, seules les questions sur lesquelles les participants sont parvenus à un consensus feront l'objet de conclusions ; pour les autres, le débat restera ouvert de manière à rendre pérenne et permanent le dialogue national ; Ensuite, les conclusions et recommandations des Assises nationales, parce qu'elles seront consensuelles, s'imposent à tous les participants et, par conséquent, engagent chacun à les appliquer et à les faire appliquer. Notre pays pourra donc assurément tirer le meilleur parti des résultats des Assises nationales, avec le pouvoir actuel s'il consent à se débarrasser de sa puérilité congénitale et à renouer avec la lucidité en se joignant aux acteurs politiques, économiques et sociaux engagés dans les Assises nationales. A défaut, ces résultats pourraient servir de boussole pour l'avenir à tout autre pouvoir démocratiquement élu qui pourra alors les faire avancer et appliquer par la volonté et la dynamique conjuguées des forces sociales progressistes largement majoritaires dans notre pays. Je m'en vais maintenant conclure non sans me réjouir, une nouvelle fois, de l'implication personnelle de certains grands hommes de notre pays et leur rendre un hommage appuyé pour leur dévouement à la cause nationale. Les attaques dont ils sont victimes et qui sont le fait de fanatiques enfermés dans leur ignorance délirante, sont injustes tant ces figures emblématiques de notre Nation inspirent le respect pour leur contribution décisive dans la lutte pour l'indépendance de notre pays et dans l'œuvre de construction nationale ainsi que pour leur constante disponibilité chaque fois que l'intérêt du Sénégal l'exige. Enfin, le caractère à la fois inédit et novateur des Assises nationales suscite interrogations, incompréhensions et appréhensions. Il ne faut ni s'en outrer, ni s'en étonner. C'est le propre des conservateurs avec « un faux passé, celui qui s'inspire du présent » pour reprendre la formule de Roger Garaudy, de nourrir des réticences et des résistances face à la nouveauté. A l'inverse, ils sont nombreux, nos compatriotes, qui voient dans la tenue des Assises nationales le symbole le plus achevé de l'exception sénégalaise, fierté de notre Nation qui a toujours su, en puisant dans le génie propre de son peuple, donner une chance aux solutions policées et trouver les ressorts nécessaires pour se surpasser et traverser les épreuves sans violence, ni effusion de sang. C'est pourquoi, à nos compatriotes engagés dans le mouvement et aux autres encore plongés dans la réflexion, je puis assurer que le concept, le format et les résultats des Assises nationales apporteront des enrichissements indéniables à la scène politique nationale et africaine, à la vie économique et sociale de nos jeunes nations, à leur devenir et même à la science politique comparée des pays en développement qui cherchent encore leur chemin. Je n'en doute pas. N'en doutons point.

21.05.2008

Une centaine de baleines échouent sur la plage de Yoff

01e86fde53ee172d351314016ca7b087.jpg Source : African Global News Désolant spectacle qui s’est offert aux populations de Yoff, dans la soirée de ce mardi. De la plage de Tongor jusqu’au quartier Layène, jonchent par terre un nombre impressionnant de baleines dont la plupart étaient encore en vie à notre passage tard dans la soirée. On pouvait en dénombrer une centaine. De petites comme de grandes dont la taille avoisinait cinq mètres. Certaines chantaient encore ou remuaient la queue que fouettaient la brise marine et les vagues qui échouaient mollement sur le rivage. Triste spectacle que de voir ces nombreux corps jonchés tout le long de la plage, sous le regard compatissant, mais impuissant des riverains et des curieux. Certains ont déjà tenté en vain d’avertir Haïdar El Ali, l’écologiste et patron de l’Oceanium. D’autres alertaient les medias. Que faire ? Les remettre dans la mer ? Par quels moyens ? D’autres pensent que c’est peine perdue. "Les baleines sont solidaires face à la mort. De toute façon, elles reviendront sur la plage". Ces propos ne sont pas dénués de sens si on sait que l’idée d’un suicide collectif des baleines a été toujours agitée. Rejetée par les scientifiques dont certaines études, celles de l’université de Géorgie par exemple, considèrent que l’échouement serait une réponse primitive au stress ; selon les informations contenues sur le site dark-stories.com, les baleines suivraient un antique instinct de retour vers la sécurité de la terre ferme, dont, en bons mammifères, elles proviennent. Selon la même source, des scientifiques anglais de l’université de Cambridge croient pour leur part que les baleines s’échoueraient lorsqu’elles sont perturbées par des variations soudaines du magnétisme terrestre. Elles suivraient des lignes qui mènent généralement sur la côte, mais de temps à autre, à terre. Sur la plage de Yoff, aucune solution n’était encore envisagée, même après le passage des agents du service de la pêche. Pour les jeunes qui commençaient à s’habituer au spectacle (les échouements des cétacés ont débuté vers 19 heures), la présence d’un photographe avait créé un drôle d’effet chez eux. Ils ont voulu immortaliser la scène en demandant d’être pris en photo, debout ou assis sur une baleine. C’était la seule idée qui pouvait certainement leur traverser l’esprit dans un pays comme le Sénégal où la viande de baleine n’est pas aussi appréciée qu’au Japon. Il n’est pas besoin d’être divin pour savoir que c’est un drame que de laisser les baleines passer la nuit sur la plage. Ce mercredi, quand le soleil dardera ses rayons sur ces corps habitués à vivre dans la fraîcheur de la mer, il sera déjà trop tard. Et l’on oubliera le sort de ces malheureux cétacés pour se pencher sur le danger que leur décomposition va causer pour les populations riveraines mais aussi pour la mer.

18.05.2008

A Chacun selon ses moyens !

67f099f8f0519c3f2a45c797b827d2fd.jpgAu Sénégal, la semaine politique qui s’achève a été marquée, comme d’habitude, par le Président Abdoulaye Wade. Le Président en voyage privé ( ?) en France pour assurer la promotion de son ouvrage autobiographique*a été au centre du débat politique. Il a profité de son séjour pour accorder à tour de bras des interviews aux média français. On ne peut pas dire en l’occurrence que Sept Image (l’agence qui gère la communication présidentielle dans l’hexagone) n’a pas bien travaillée. Les déclarations du Président de la République abondamment reprises par la presse sénégalaise ont fait l’objet de commentaires, contres- commentaires, analyses, mises au point et réponses. Avec le talent qu’on lui connaît, Abdoulaye Wade continue de retenir l’attention des média tant bien même que son discours soit chaque jour un peu plus d’une indigence insondable. Dans cette routine, un fait a retenu mon attention : l’interview accordée à la rédaction du Quotidien par le représentant du Fmi à Dakar.Monsieur Alex Ségura rompant avec la langue de bois diplomatique a critiqué un certain nombre de choix économiques et financiers du gouvernement sénégalais. Monsieur Ségura, parlant des mesures prises par le gouvernement du Sénégal pour combattre la hausse des prix et faire face à la crise alimentaire mondiale, a marqué sa déception. Il reproche au gouvernement d’avoir pris des mesures fiscales (suspension des droits de douane et de la TVA sur certaines denrées de première nécessité) inefficaces. Pour Monsieur Ségura ces mesures en plus d'être inefficaces , sont en train de déséquilibrer fortement les finances publiques et ruiner les efforts entrepris depuis plusieurs années. La preuve de l’inefficacité de ces mesures est qu’il n’y a pas d’effet notable sur les prix. D’autre part Monsieur Ségura souligne que les subventions consacrées au soutien des prix des produits alimentaires sont prélevées sur les ressources devant servir à apurer la dette intérieure c’est dire ce qui est dû aux entreprises privées. Il estime que les factures impayées au secteur privé tournent autour de 150 milliards de francs Cfa, ce qui représente plus de 10% du budget de l’état. Ce niveau énorme de factures impayées ne correspond pas au cadrage macroéconomique du Sénégal ni aux critères de convergence économique et financiers au sein de l’espace de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest (UEMOA). En résumé, c’est qu’au lieu de payer les factures du secteur privé, l’Etat prend l’argent qui lui aie dû pour le transférer aux subventions. Face aux périls Monsieur Ségura pense que- si rien n’est fait - les prochaines étapes risquent d’être le transfert du budget d’investissement au train de vie dispendieux de l’état et enfin des arriérés de payement des salaires des fonctionnaires. Le représentant du FMI finira en rétablissant quelques vérités en soulignant qu’il partage la même analyse que le Ministère de l’Économie et des Finances alors qu’il est en désaccord avec les analyses du Ministère du Commerce. Le premier ministère tenu par des technocrates s’inscrit dans l’orthodoxie des programmes économiques initiés depuis une dizaine d’années tandis que le second est dirigé par un proche du Président pour qui rien ne compte excepté la « vision du chef de l’état ». Au lendemain de cette interview, Monsieur Ségura a été reçu par le Premier Ministre en présence du Ministre du budget. A la fin de l’entretien le représentant du FMI et le Ministre du budget tiendront une conférence de presse conjointe dans laquelle le premier répétera ses propos de la veille alors que le second dira que « le Sénégal n’a pas de problème de payement de salaire des fonctionnaires ». Ces personnes ne sont pas des amateurs et les propos tenus à cette conférence de presse me laisse penser qu’en définitive Monsieur Ségura a prêté sa bouche –comme on le dirait à la Médina- au Premier Ministre. Il a été reproché à Monsieur Le Premier Ministre Adjibou Soumaré, de ne point faire preuve de caractère face au Président de la République et de céder à tous ses caprices. Il vient d’envoyer un message de protestation au Président de la République. Qu’en sera-t-il ? Wade and see ! * Une vie pour l’Afrique, entretiens avec Jean-Marc Kalflèche et Gilles Delafon, éd. Michel Lafon

16.05.2008

Xalam Album Gorée



7466e4942fbd2e02f7557438fae4e7ff.jpg Le Xalam de Dakar groupe sénégalais avant-gardiste et probablement le plus ancien qui tourne encore aujourd’hui. Le titre est extrait de l’album Gorée enregistré à Berlin en 1979. Le groupe XALAM a reçu en résidence au Sénégal et joué avec Dizzy Gillespie, Sonny Rollins, Jimmy Owens, Doc Gibbs, Grover Washington, Dexter Gordon et beaucoup d’autres grands musiciens de Jazz, du Blues etc… Le Xalam est un des pionniers del'Afro-Jazz et de l'Afro-Beat avec d'autres noms comme Fela Kuti, Osibisa, Hugh Masekela, Miriam Makeba, Dudu Pakwana, Manu Dibango . Visitez le site du groupe à l'adresse: http://www.xalam2dakar.com/html/xalamimages.html

Aїssata Tall, le Président Abdoulaye Wade et RFI

ce0e6e678b5ec964ebce5a1c1f82b211.jpgAvec le talent et la verve qu’on lui connaît Maître Aїssata Tall la Porte- parole du Parti Socialiste Sénégalais a apporté ce jour sur RFI une réplique cinglante à l’interview que Le Président Wade a accordé hier à cette même radio . Je n’ai aucun problème avec les arguments développés par Madame Tall mais je dois avouer ma gêne. Je suis gêné que la représentante d’un parti démocratique, s’inscrivant dans une démarche républicaine polémique avec le Président sur une de radio étrangère. Certes Monsieur Wade nous a habitué à attaquer l’opposition à l’étranger et sur des média étrangers. Mais nous savons tous que démocratie et respect des normes républicaines sont des notions étrangères à notre cher Président. Il ne faut pas le suivre sur son terrain tant que nous disposerons chez nous des moyens de lui apporter la réplique. Madame Tall a la possibilité de répondre efficacement au Président sur les radios de la bande FM à Dakar et à l’intérieur du pays. Ce message aura d’autant plus d’impact qu’il sera décliné dans les deux langues nationales que parle La Porte-parole du parti socialiste sénégalais. Mais revenons à Rfi. Il faut cesser de croire au Sénégal que cette radio est le haut lieu de l’information pluraliste. Si mes compatriotes ont un quelconque doute qu’ils posent la question aux ivoiriens. Radio France Internationale (RFI) est un instrument financé par le Quai d’Orsay (Ministère des Affaires Étrangères) au service de la politique impériale de ce pays. Certes, aujourd’hui le tarif semble être 5 minutes pour le Président Wade et 5 minutes pour son opposition démocratique mais quand les intérêts de la puissance sont en jeu cela devient cent minutes contre zéro minutes. Entre 2002 et 2007, au plus fort de la tentative du Président Chirac de casser l’état ivoirien cette radio a été le porte-parole de la propagande anti-ivoirienne. Diabolisant à souhait le Président ivoirien, semant la haine et insultant les habitants du pays. En 2005, j’ai été le témoin d’une scène surréaliste à Paris. Au cours d’une réunion publique organisée par des patriotes ivoiriens Monsieur Guy Labertit ( dont le soutien et la camaraderie avec Gbagbo ne se discute pas), qui était un des intervenants, a été pris à parti par une ivoirienne qui trouvait que ceux qui se déclaraient être des soutiens du Président Gbagbo n’en faisaient pas assez.Monsieur Labertit d’expliquer que ce n’est pas faute d’essayer et prenant l’exemple de RFI dira que depuis que la crise a éclatée, il n’était plus invité alors qu’avant celle-ci il avait participé à 13 émissions en quatre ans. Ne donnant pas l’occasion à cette radio l’ opprtunité d’être l’arbitre de nos joutes.