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20/11/2008

L’ idéologie génocidaire

t-Rwanda_Genocide_Memorial_1_1_.jpgQuinze ans après le génocide des tutsis rwandais , les ressorts intellectuels de cette entreprise macabre sont toujours de mise. La dépêche de l’AFP ci –dessous en est une parfaite illustration. Que nous dit-on ? Tous les tutsis doivent rendre compte du comportement d’un des leurs.

Source AFP

RDCongo: le rebelle Nkunda, protecteur des Tutsi ou danger pour sa communauté?

KINSHASA (AFP) - jeudi 20 novembre 2008 - 20h02 - Le chef rebelle Laurent Nkunda se pose en protecteur des Tutsi congolais mais il est contesté au sein de sa propre communauté, et son action, loin de faire l'unanimité, avive les tensions ethniques dans l'est de la République démocratique du Congo, selon des experts.
Laurent Nkunda s'est "employé à renforcer la paranoïa chez les Tutsi" avec des références répétées aux violences anti-tutsi et à l'imminence d'un génocide, après celui de 1994 au Rwanda voisin, explique un rapport de l'institut d'analyse des conflits International Crisis Group (ICG).
Et bien que nombre de Tutsi désapprouvent ses méthodes violentes, certains "ont vu en lui un garant ultime de leur sécurité au cas où éclateraient de nouveaux combats intercommunautaires".
Pour autant, il n'y a pas eu de violences majeures des rebelles hutu rwandais des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) --dont certains ont participé au génocide rwandais-- contre les Tutsi congolais ces dernières années dans la province congolaise du Nord-Kivu, où opère Laurent Nkunda.
Dans sa lutte, Laurent Nkunda se prévaut du soutien de tous les Tutsi de RDC. Mais dans les faits, ceux-ci sont loin de constituer une communauté homogène: ils se séparent en deux grandes familles (Tutsi du Nord-Kivu et Banyamulenge dans la province voisine du Sud-Kivu) avec des dizaines de clans souvent rivaux.
Au Nord-Kivu, sur ses terres de Rutshuru, Laurent Nkunda bénéficie d'un fort soutien parmi les Tutsi, selon les observateurs.
L'homme est également très populaire parmi les dizaines de milliers de réfugiés tutsi congolais qui vivent dans des camps au Rwanda et en Ouganda.
Victimes de l'insécurité dans leur pays, souvent radicalisés, ces réfugiés sont le principal vivier de recrutement des rebelles du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP).
Ce soutien est déjà moins marqué sur le plateau du Masisi, dans l'ouest du Nord-Kivu, où les Tutsi locaux, dits Tutsi bagogwe, sont traditionnellement rivaux de leurs frères de Rutshuru, relève une source onusienne.
Ces dissensions se retrouvent au sein du CNDP, où prédominent les Tutsi de Rutshuru. Le chef d'état-major de la rébellion, Bosco Ntaganda, incarne cette contestation interne, souvent méconnue, et rallie autour de lui les mécontents.
"Nkunda ne fait pas l'unanimité parmi les Tutsi du Nord-Kivu, loin de là", constate le président de la société civile de la province, Jason Luleno, qui estime que ces derniers "sont pris en otage" par le chef rebelle.
Au Sud-Kivu, où la haine anti-tutsi est beaucoup plus vivace, "Nkunda n'a pour le moment quasiment aucun soutien parmi les Banyamulenge", observe Enock Sebineza, ancien député de la région et lui-même tutsi.
"Aujourd'hui, les Banyamulenge tentent de vivre en paix sur leurs terres des Hauts Plateaux. Si Nkunda embrase le Sud-Kivu, cela ne créera que de nouveaux problèmes à notre communauté", souligne-t-il.
"L'entreprise de Nkunda met en péril les intérêts des Tutsi congolais qu'il prétend protéger", accuse encore M. Sebineza. "Sa démarche (...) est de nature à exacerber les divisions", tout en renforçant l'idée que les Tutsi de RDC servent les intérêts du Rwanda.
"Nkunda ne sert en rien les Tutsi, qu'il met en conflit avec les autres communautés", renchérit Cyprien Biringigwa, président de la société civile du Sud-Kivu.
Pour certains Congolais, "en particulier ceux qui ont toujours contesté la nationalité des Tutsi congolais (...), l'insurrection de Nkunda ne fait que confirmer que la communauté tutsi est indifférente à la souffrance des autres communautés et ne fait pas partie de la nation", selon ICG.
Chaque offensive rebelle, avec son lot de victimes civiles, "avive la flamme du sentiment anti-tutsi", relève l'institut. "Tout en défendant la minorité tutsi, Nkunda est devenu un danger potentiel pour la sécurité de la communauté dans son ensemble".

16/11/2008

Péan, Libé, l’Etat français et la question du génocide des tutsis rwandais

RwandanGenocideMurambiskulls.jpg
En France, ces derniers jours ont été riches d’enseignements sur de la question du génocide des tutsis rwandais. Il y a eu le 7 novembre 2008 la relaxe par le Tribunal de Grande Instance de Paris de Pierre Péan, assigné à la barre pour « complicité de diffamation raciale » par l’association française SOS Racisme. La défense de Pierre Péan a salué cette décision comme "une victoire pour la liberté d'expression." L’hebdomadaire poujadiste Marianne, avec son style si particulier, pour rendre compte de cette décision judiciaire, a titré « Péan gagne contre Sos-Racisme: Kagamé mange son chapeau ». Pour rappel SOS Racisme avait déposé une plainte en octobre 2006, reprochant à Pierre Péan d'avoir écrit que les Tutsis avaient recours au mensonge et à la dissimulation ou étaient des professionnels de la manipulation .Au cours du procès, pour sa défense, Pierre Péan a fait témoigner Hubert Védrine secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand et Bernard Debré ministre de la coopération pendant le génocide.
Le dimanche 9 novembre 2008 Madame Rose Kabuye, Chef du Protocole d’état de la République du Rwanda est arrêtée à l'aéroport de Francfort en vertu d'un mandat européen délivré par la justice française. Madame Kabuye était arrivée à Francfort pour préparer la visite en Allemagne du président Kagame, qui était invité par la Bourse de cette ville. Elle était donc en Allemagne à titre officiel et n’a pas bénéficié du statut diplomatique. Pendant que Madame Kabuye était arrêtée, la justice allemande décidait de remettre en liberté deux « génocidaires » présumés dont le Rwanda réclame l’extradition, Calixte Mbarushimana et Onesphore Rwadukombe tous les deux rwandais. L’Allemagne a accédé à la demande de la France qui s’estime compétente à juger Madame Kabuye sur des faits qui se sont déroulés au Rwanda parce que deux français ont trouver la mort dans l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. La même justice allemande a décidé de ne pas donner suite à la requête du Rwanda, pays dans lequel a eu lieu le génocide dans lequel serait impliqué Messieurs Mbarushimana et Rwadukombe.
Le vendredi 14 novembre 2008 le tribunal supérieur d'appel de Mamoudzou (capitale administrative du département d'outre-mer français Mayotte) a rejeté la demande d'extradition d'un Rwandais, Pascal Simbikangwa, recherché pour participation présumée au génocide de 1994 et interpellé le 28 octobre. Il vivait sous une fausse identité : Safari Sedinawara était arrivé en 2005 sur l'île française de Mayotte, après plusieurs années de séjour aux Comores et un passage à Bruxelles. Pascal Simbikangwa non content de vivre sous une fausse identité, s’adonnait à un trafic de faux papiers (fausse carte d'identité, faux passeport et aussi fausse carte professionnelle de gendarmes). Il est difficile de croire qu’une personne sur qui plane un mandat d’arrêt international, puisse se compromettre à ce point sans un réseau de complicités conférant le sentiment d’impunité.

Le 31 octobre dans le quotidien français Libération Thomas Hofnung écrivait à propos des Casques bleus de l’ONU et de la situation dans le Nord Kivu « Une fois de plus, celle-ci affiche son impuissance au cœur de l’Afrique des Grands Lacs, une région où la violence n’a jamais cessé depuis le génocide au Rwanda commis en 1994. Les rebelles, des Congolais tutsis soutenus activement par le Rwanda voisin, campent à quelques kilomètres de la ville, qu’ils tiennent à leur merci. » Sous la plume de Thomas Hofnung et avec la bénédiction de la hiérarchie de Libération le génocide des tutsis rwandais est devenu un crime qu’on ne caractérise que par le lieu où il s’est déroulé.
Le 4 novembre 2008, le même Thomas Hofnung et toujours dans Libération écrivait « …Au fil des ans, Laurent Nkunda, le rebelle congolais d’origine tutsie… Fils d’agriculteurs du Nord-Kivu, des descendants de ces Tutsis du Rwanda qui ont migré au Congo à partir du XIXe siècle, Laurent Nkunda a fait des études supérieures de psychologie à Kisangani… » Cet amalgame entre Banyamulenge (rwandophone) congolais et tutsis rwandais réfugiés au Kivu à partir de 1958 est de tradition dans la rhétorique de l’extrême droite congolaise.

Le temps passe et rien n’y fait, la haine du Rwanda et du pouvoir de Paul Kagamé reste la chose la mieux partagée entre Libération, Bernard Lugan, Dominique de Villepin, Hubert Védrine, les parachutistes.. .