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17/06/2008

L'art de décrédibiliser

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« On oublie vite l’endroit où l’on s’est soulagé, mais celui qui a marché dedans ne l’oublie pas facilement » Proverbe Dogon

J’avoue que lire Venance Konan devient un exercice de plus en plus difficile. Son dernier article dans le Nouveau Réveil, le journal proche de Henri Konan Bédié et du PDCI, n’est pas pour changer mon constat. Quand je pense qu’il est classé parmi les intellectuels du vieux parti, je ne peux que nourrir des inquiétudes quand à la capacité de celui-ci à faire preuve de créativité, de rigueur d’analyse et de force de propositions pour des changements efficients pour les ivoiriens.
Dans son dernier article qui ne diffère pas des autres en ce qui concerne le dossier à charge contre le Président Laurent Gbagbo, il s’attaque à Jack Lang et à Jean-Marie Le Guen qui ont récemment effectué un voyage en Cote d’ivoire. Je ne comprends pas trop bien le but des coups en dessous de la ceinture dont l’article est truffé, mais je doute qu’il soit dans le sens de présenter l’opposition à Gbagbo comme une force crédible de changement.
Il est ridicule de présenter Jean-Marie Le Guen comme « personnage insignifiant ». Le Docteur Le Guen, vice-président de l’Assemblée nationale française, adjoint au Maire de Paris en charge des questions de santé est également le Président du Conseil d’administration de l’Assistance Publique- Hôpitaux de Paris (AP-HP) et ancien patron de la fédération PS de Paris. L’AP-HP c’est 37 hôpitaux, près de 100.000 employés, dont 79000 personnels médicaux et paramédicaux. L’AP-HP c’est un budget de plus de 5 milliards d’euros soit plus de 3275 milliards de francs CFA donc plus que le budget de fonctionnement de l’État ivoirien. Entendons-nous bien, c’est chiffre ne visent pas à donner un quelconque complexe. Monsieur Le Guen peut être critiqué pour ses prises de positions ou engagements, mais on ne peut lui manquer autant de respect.
Je n’insisterai pas sur les injures à Jack Lang, tant je considère qu’en l’occurrence le summum du ridicule est dépassé. En toute chose il faut savoir raison garder raison : traiter dans un même article quelqu’un dont on dit avoir « dévoré » le livre de «.. nouveau converti, corrompu, vendu et moins que rien » au prétexte qu’il soutient un adversaire politique, cela fait un peu trop.
Quand je relis les articles de Monsieur Venance Konan depuis deux ans, je me rends compte que le plus nul des avocats d’une partie civile le ferait condamner devant toutes les cours du monde pour diffamation et injure publique. En plus de le faire condamner l’avocat peut sans coup férir l’humilier.
Alors, qu’est qui fait courir Monsieur Konan ? Monsieur Venance Konan est-il payé pour décrédibiliser par ses outrances, le discours contestataires au pouvoir de Laurent Gbagbo ?
Si c’est le cas, je compte sur Le Président Gbagbo pour arrêter cette imposture. La Cote d’ivoire a besoin d’une opposition forte et crédible.

11/06/2008

Gbagbo et son opposition

ff271beeae97763199f9f2c778a7440d.gifBon aujourd’hui, j’ai décidé de faire du kpakpato et mettre ma bouche dans ce qui n’est pas palabre pour moi. Ben, on est au village non ? Et puis quoi même ? Je suis panafricaniste !!!
Mon ton badin ne doit abuser, je suis inquiet pour la démocratie ivoirienne après la lecture des articles, dans le quotidien Nouveau Réveil du 9 juin 2008, de ceux qui sont qualifiés « d’intellectuels du PDCI ».

http://news.abidjan.net/presse/lenouveaureveil.htm
J’exagère, mon inquiétude ne date pas de cette semaine mais remonte à plusieurs mois. J’ai constaté que depuis la mise en échec de sa stratégie de compagnonnage avec les puissances étrangères (France et Burkina) l’opposition issue de l’ex- parti unique se trouve dans une impasse politique. Elle n’arrive pas à sortir de la logique de cette stratégie qui reposait sur le trépied : diabolisation du Président Gbagbo, harcèlement diplomatique de la Côte d’ivoire et occupation militaire de la partie nord du territoire.
Depuis les accords de Ouagadougou et l’acceptation par la rébellion de l’autorité de Laurent Gbagbo comme unique garant de l’unité nationale, cette stratégie est devenue obsolète. Il faut donc sortir de la diabolisation et élaborer un discours de rupture capable d’emporter l’adhésion des populations. Un tel exercice n’est point facile et demande beaucoup d’efforts de réflexion. Malheureusement, l’opposition issue de l’ex parti unique (RDR, PDCI) a décidé –pour le moment- de ne pas faire cet effort et de continuer à présenter Gbagbo comme l’unique source des problèmes des ivoiriens. Cela donne des discours en réaction à ce que dit Gbagbo. Ses discours sont lus, écoutés sous tous les angles à la recherche de la contradiction ou de la contre-vérité. Le discours est commenté puis les commentaires sont à leurs tours commentés. Et pour finir on fait appel à des arguments développés par des proches (Koulibaly, Blé Goudé) de Gbagbo pour étayer des situations radicalement différente. Ce n’est pas jouable car tout le pays sait que durant ces six dernières années la gestion du pouvoir a été loin d’être un exercice solitaire de Laurent Gbagbo et que d’autre part il est impossible de cerner le projet politique de cette opposition.C’est d’autant moins jouable qu’en plus de la faiblesse de l’argumentaire « les intellectuels du PDCI » se font les champions d’un langage ordurier qu’on peut difficilement pardonner à un adolescent en perte de repères.
Le débat politique mérite mieux et la Côte d’ivoire a besoin d’une opposition forte qui réfléchit à ce qu’elle fera du pouvoir si les électeurs décidaient de lui confier la destinée du pays.