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15/07/2008

La justice spectacle

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Le Procureur de la Cour Pénal Internationale (CPI), Monsieur Luis Moreno-Ocampo, a décidé de demander aux juges de la cour d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour "génocide" au Darfour. C’est pour la première fois qu’une telle procédure est engagée par cette juridiction contre un Président en exercice.
Depuis, l’annonce de la décision du Procureur auprès du TPI, c’est le branle bas au Soudan mais aussi au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Le Président Béchir bande des muscles, en appelle à la mobilisation nationale, à la solidarité africaine et arabe. L’ONU s’inquiète du sort de ses personnels au Darfour et Jean-Marie Guéhenno le Responsable des opérations de maintien de la paix des casques bleus de déclarer ironiquement ( ?) « J'espère que les autorités soudanaises sauront distinguer un processus judiciaire de l'action des Nations unies. Ce sont deux processus indépendants. » De même George W. Bush a rencontré lundi son envoyé spécial pour le Soudan, Richard Williamson, et s'est dit "profondément inquiet de l'insécurité croissante et de l'impact que cela a sur les civils et sur les humanitaires qui risquent leur vie pour les protéger". La Chine et d’autres pays, l’Union Africaine et la Ligue Arabe également s’inquiètent de l’initiative du Procureur du TPI. Devant tant de réserves, la question est de savoir qui va exécuter la décision des juges du TPI, s’ils suivent le réquisitoire du Procureur ?

Cette demande du Procureur est un formidable coup d’éclat médiatique pour une institution dont l’acte fondateur n’est pas ratifié par la première puissance économique, politique, diplomatique, militaire… du monde à savoir les USA. D’autres puissances ont certes signé l’acte fondateur mais avec des réserves qui rendent inopérantes toutes les poursuites contre elles ou leurs ressortissants. La CPI peut juger Charles Taylor, Jean-Pierre Bemba mais pas Jacques Chirac le Président de l’État français qui a donné l’ordre de tirer à l’arme de guerre contre des manifestants civils à Abidjan en novembre 2004.

Il y a quelques jours, dans une convocation transmise par Radio France Internationale (RFI), Madame Simone Gbagbo et le Ministre d’État Paul-Antoine Bohoun Bouabré était invités à s’expliquer sur le fait que leurs noms revenaient - selon la partie française- sans cesse dans le dossier de la disparition de Guy-André Kieffer. Bien évidemment ces convocations illégales n’étaient pas destinées à contribuer à la manifestation de la vérité (il est certain que si ces deux personnes avaient répondu à la convocation, elles n’auraient trouvé nul responsable judiciaire pour les accueillir et encore moins auditionner). Leur unique fonction était de créer un buzz médiatique destiné à détourner l’attention de l’impasse dans laquelle se trouve une enquête ayant mobilisé beaucoup de moyens.

10/07/2008

Convocations

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La provocation convocation de Madame Simone Gbagbo et de Monsieur Bohoun Bouabré continue de livrer ses mystères. Hier on apprenait dans un développement digne de la pire casuistique jésuite que la convocation était « non conventionnelle mais légale », aujourd’hui l’objectif qui est fixé à l’opération est de « maintenir la pression » sur le « … le camp présidentiel… » . Sachant que : « Les enquêteurs ne soupçonnent pas le couple présidentiel d'être impliqué directement dans cette affaire, mais certains cadres du régime liés aux milieux d'affaires, notamment ceux du cacao. » On convoque l’épouse d’un chef d’état étranger, parlementaire de son état, pour maintenir la pression, afin de mettre la main sur …« certains cadres ».

Je ne suis point juriste mais ce langage ne m’est pas étranger. C’est un discours politique que je lis à profusion dans la presse d’opposition ivoirienne. Si dans le contexte politique ivoirien on peut distinguer le camp présidentiel de son opposition, je me demande comment on peut intégrer cette dichotomie dans une instruction judiciaire.
Passons, puisqu’il semble que le but soit aussi de mettre la pression sur la France qui veut, après la visite de Kouchner, « tourner la page ». On convoque la Présidente du Groupe Parlementaire le plus important de l’Assemblée Nationale ivoirienne pour mettre la pression sur…la France.

La morale de l’histoire : quelque soit la pression que l’on prend en considération, le mépris et le manque de respect pour la Cote d’ivoire et ses institutions est le fondement de toutes ses actions.