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06.02.2009

La semaine de Djignab

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Sénégal : dérive autoritaire
Le pouvoir d’Abdoulaye Wade continue dans sa dérive autoritaire. Dernier acte en date, l’ordre du ministre de l’Agriculture à ses services de cesser toute coopération ou action, même engagée, avec le Conseil national de concertation et de coopération des ruraux (CNCR), l'organisation paysanne la plus représentative du Sénégal. Sûr de son fait Monsieur Hamath Sall- c’est le nom du ministre- demande aux divers bailleurs de fonds de cesser tous les rapports avec cette organisation sous le prétexte que le CNCR mènerait des activités subversives et de déstabilisation des institutions. En fait d’activités subversives, il ne faut entendre ici que la participation du CNCR aux Assises nationales du Sénégal ; un cadre public et ouvert, à tous, de concertations et d’échanges initié par l’opposition.

Sénégal : coming out

L’actualité au Sénégal tourne autour des « révélations » d’Abdoulaye Wade à l’hebdomadaire français l’Express. Dans une mise au point au magazine Abdoulaye Wade reconnaît avoir appartenu à une loge maçonnique. Le président sénégalais a admis avoir été, dans « sa jeunesse », franc-maçon mais précise avoir été "radié par suite de (sa) démission volontaire", selon une "mise au point" publié sur le site Internet de l'hebdomadaire français L'Express.
Les termes de cette mise au point ont été confirmés à l’Agence France Presse par la présidence sénégalaise.
Personnellement je considère que Monsieur Wade a le droit d’appartenir aux associations et d’avoir les convictions qu’il veut. Cela relève de sa vie privée et le Sénégal est une république laïque qui garantit la liberté de culte et de conscience à tous ses citoyens.
Ce qui me gêne c’est la liberté que le président Wade prend avec la vérité. Selon des sources concordantes et crédibles je suis à même d’affirmer qu’Abdoulaye Wade ne fait pas œuvre de transparence quand il fait sa mise au point. En réalité, sa rupture d’avec sa loge maçonnique est plus récente, elle remonte aux années quatre vingt dix et résulte de mesures disciplinaires à son encontre plus que de sa volonté.

Cote d’ivoire : qui veut lutter contre la corruption ?

Laurent Gbagbo continue sa croisade contre la corruption et donne des gages de sa bonne volonté et sa disponibilité à éradiquer cette gangrène qui fausse le jeu économique. Dernier exemple en date, la radiation et la mise à la disposition de la justice d’une secrétaire de la présidence impliquée dans une affaire aux relents d’escroquerie.
Il est du devoir de tous les démocrates ivoiriens de l’aider dans cette tache. Je pense notamment à tous les citoyens- à l’instar d’ASSALE ANTOINE TIEMOKO- qui font de la lutte de l’injustice et de la corruption- un enjeu politique. Puisqu’ils se réclament de la société civile et n’ont pas d’agenda caché, je leur conseille de travailler à la constitution de dossiers solides sur la corruption que le Président – sans crainte de ridicule- pourra soumettre à la justice.

France : Kouchner dans la mélasse

Il y a quelques mois j’ai exprimé sans équivoque ce que ce que je pense de Bernard Kouchner. Je continue de penser que son parcours ne milite pas en faveur de sa posture médiatique. La preuve cette histoire d’audit du système de santé au pays du kleptocrate Bongo Odimba. Plus de deux millions d’euros pour un rapport d’audit de 150 pages, c’est cher payé et cela sent, au mieux, le trafic d’influence.
Voila aujourd’hui qu’il est pris à parti par un tenant de la droite nationale française. Cette droite qui se félicitait de l’entrée de l’envahisseur dans Paris, fréquentait les officiers SS, imaginait des complots judéo-maçonniques, dénonçait des enfants qu’elle savait devoir finir en camp de concentration. Cette droite héritière du Maréchal Pétain, reconvertie dans la « gauche socialiste » à la libération et qui a apporté en toute connaissance de cause soutien diplomatique, militaire et financier aux forces génocidaires rwandaises.
Je ne vais hurler avec les loups.

L’injustice faite à l’Afrique

A lire la presse internationale, l’Afrique ne doit son sous développement qu’à la corruption et à l’incompétence de ces élites.
La crise économique mondiale actuelle nous montre que la mal gouvernance est loin d’être une exclusivité africaine. La preuve, Jérôme Kerviel fait perdre des milliards d’euros à la Société Générale sans que le génial Daniel Bouton s’en rende compte. Bernard Madoff ancien patron du NASDAQ, met en place une entreprise d’escroquerie à l’échelle mondiale en s’inspirant du modèle…français de financement des retraites. Je peux multiplier à l’infini les exemples de mal gouvernance.
Le drame de l’Afrique a pour cause, dans une large mesure, l’iniquité et l’injustice du système économique mondial.

25.01.2009

Décès de Mamadou Dia, le père de la gauche radicale sénégalaise

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Le Président du Conseil (Premier ministre)- détenteur du pouvoir exécutif- du Sénégal lors de son indépendance en 1960, Mamadou Dia, est mort dimanche à Dakar à l'âge de 98 ans, a annoncé l'agence sénégalaise d'information APS.
Né le 18 juillet 1910, Mamadou Dia avait déjà occupé des postes ministériels importants avant l'indépendance du Sénégal.

Camarade et ami du premier président sénégalais Léopold Sédar Senghor, il était tombé en disgrâce après que celui-ci l'eut accusé d'avoir fomenté un complot pour le renverser en 1962.

Condamné à la prison à perpétuité, il avait été libéré en 1974 et ensuite gracié. Il avait tenté un retour en politique au début des années 80 avant de devenir le conseiller , pas toujours écouté, des forces de gauche.

Ces dernières années, Mamadou Dia profitait de son expérience pour intervenir dans la presse écrite comme commentateur de la vie politique locale.
Incontestablement, c'est le père de la gauche radicale sénégalaise.

Paix à son âme et que Dieu l'accueille en son saint paradis. Amen



08.01.2009

Réduction de dette et le financement de la santé dans les pays africains

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Ce post est la version light d’un article que j’ai consacré au financement des systèmes de santé à l’aune des initiatives de réduction de dettes. Il me parait d’autant plus opportun , que la Cote d’ivoire est plein débat sur son Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP)
La question du financement des systèmes de santé est au cœur des préoccupations des institutions nationales et internationales. Elle est particulièrement importante pour les pays d'Afrique noire qui sont confrontés à une crise économique des plus importantes, une croissance et des changements démographique accélérés, des performances sanitaires médiocres et enfin la nécessité d'atteindre en 2015 les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Depuis quelques années la philosophie qui sous-tend le financement des systèmes santé dans les pays africains est celle de la lutte contre la pauvreté dans le cadre de l'initiative Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) des institutions financières internationales à savoir la Banque Mondiale (BM) et le Fonds Monétaire International (FMI). Elle succède à la stratégie des soins de santé primaires inspirée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à la fin des années 70 et qui était sous –tendue implicitement par un financement monopoliste de la santé par les Etats et l’initiative de Bamako qui marquait le reflux des financements publics dans le secteur. L’initiative de Bamako préconise le recouvrement des coûts et la participation communautaire. Son objectif étant de générer des ressources pour financer le fonctionnement des structures de soins et les activités sanitaires. C’est sous ce modèle que fonctionne la majorité des structures de soins en Afrique subsaharienne depuis la fin des années 80.
L'initiative PPTE a pour « ambition » de sortir les pays bénéficiaires de la spirale du surendettement par le biais d'annulation de leur dette extérieure et la réaffectation des ressources ainsi libérées à la lutte contre la pauvreté. Il faut rappeler que la dette extérieure était devenue un fardeau, pour l’ensemble de ces pays, qui annihilait les investissements dans nombre de secteur notamment ceux de la santé et de l’éducation. Cette initiative a été prise devant l'incapacité des politiques économiques mises en place dans ces pays à assurer les conditions d'une croissance forte à même de permettre d'avoir des finances publiques nécessaires au respect des engagements internes et extérieurs. En juin 2005 au sommet du G 8 de Gleneagles il a été décidé d'annuler l'intégralité de la dette des PPTE auprès des trois institutions multilatérales majeures à savoir la BM, le FMI et la Banque Africaine de Développement (BAD).
Pour bénéficier de l'initiative PPTE, les pays doivent :
- démontrer l'insoutenabilité de leur dette
- ne pouvoir recourir qu’aux prêts de la Facilité de Réduction de la Pauvreté et pour la Croissance (FRPC) du FMI et de l'Association Internationale pour le Développement (AID) de la BM.
- établir un répertoire de réformes à réaliser et démontrer une priorité à la réduction de la pauvreté
Si ces trois critères sont remplis et pour autant que le pays ait apuré ces dettes vis à vis des institutions internationales il est déclaré avoir atteint son « point de décision » et bénéficie d’une réduction du service de sa dette (paiements d’intérêts et des remboursements annuels) qui peut atteindre, voire dépasser, 90% .Après au moins un an de résultats satisfaisants et de poursuites des politiques engagées le pays atteint le point d’achèvement où la réduction de la dette devient définitive.
A l’exception du Gabon tous les pays de la zone franc UMEOA et CEMAC sont éligibles à l’initiative et six pays en sont au point d’achèvement (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Niger, Sénégal), quatre au point de décision (Tchad, Congo, Guinée, Guinée Bissau) et deux au point de pré décision (Cote d’ivoire, Togo).
Depuis la mise en place de l’initiative PPTE en 1996 et son renforcement en 1999 par l’assouplissement des critères d’éligibilité des pays les dépenses en faveur de la lutte contre la pauvreté ont augmenté dans les pays bénéficiaires et notamment dans ceux de la zone.


Pour le FMI et la BM dans l’ensemble des pays bénéficiant de l’initiative PPTE les ressources budgétaires affectées à la réduction de la pauvreté sont passées en moyenne de 6,4 % du PIB en 1998-1999 à 8,1% en 2004.

Cette augmentation des crédits en faveur de la lutte contre la pauvreté a eu des répercussions sur le financement de la santé .

L’initiative PPTE a permis de manière indéniable d’augmenter les financements dans le secteur de la santé. Cette augmentation des ressources n’ pas suffit pas à améliorer de façon significative les performances des systèmes de santé des pays de la zone franc autant du point de vu de l’équité que de l’efficience. Le niveau de financements des systèmes de santé africains reste faible eut égards aux défis qui se posent au continent. En effet avec 25 % de la charge de la morbidité mondiale l’Afrique ne représente que 1% des dépenses mondiales de santé. D’autre part il est établi que l’Afrique a besoin de ressources additionnelles provenant des pays riches pour financer l’amélioration de ses performances sanitaires. A titre d’exemple la BM a calculé que pour atteindre les OMD de mortalité infantile en 2015 certains états africains qui ne pourraient compter que sur les ressources internes pour financer leur système devrait dépenser l’équivalent 30% de leur PIB en dépenses publiques de santé. Une telle chose est hors de portée de tout gouvernement.
L’augmentation des financements dans le secteur de la santé pour importante qu’elle soit ne peut pas faire l’économie de la question de l’équité des systèmes de santé qui doit être fondée sur la justice sociale c'est-à-dire un accès aux soins préventifs et curatifs selon les besoins et un paiement selon les le niveau de revenu.
Pour illustrer la question de l’équité dans les systèmes de santé nous prendrons l’exemple du Sénégal. Entre 1998 et 2002 sur un total de 219,5 milliards F CFA dépensé dans le secteur de la santé seul 43,0 milliards ont été consommés au niveau opérationnel c'est-à-dire au niveau des districts sanitaires. Durant la même période la participation des populations dans le financement des districts sanitaires a doublée. L’accroissement des dépenses de santé n’a donc pas permis de réaffirmer l’option du Sénégal pour les soins de santé primaires. Le district sanitaire est resté le parent pauvre du financement publique et dépend pour une part trop importante des paiements directs des populations. Ce mode préférentiel de financement des soins primaires a pour corollaire l’exclusion d’une frange de la population car il est basé sur la capacité à payer.