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03/08/2011

International Crisis Group y va de son rapport sur la Cote d'Ivoire

Source: http://www.sosci.org/MSLYF/node/131

Les rapports sur la Côte d’Ivoire des organisations non gouvernementales de défense des droits humains et d’autres « objets jugeant non identifiés » se suivent et se ressemblent. Le dernier en date est celui de l’International Crisis Group ONG «indépendante » (de qui ? de quoi ?), selon ses propres dires.

Son rapport Afrique N°176 daté du 1 août 2011 témoigne de la banalisation de l’effroi que provoquent la violence quotidienne et la dérive sanglante d’un régime. Mais surtout il afflige le lecteur par la légèreté de ses recommandations « yaka yaka yaka ». Comme s’il suffisait d’un peu de poudre de pensée magique pour qu’enfin la crise soit terminée.

Les choix qui ont été faits par cette organisation, au cynisme de bon aloi, tout au long d’un processus douloureux en a dit long sur sa volonté, qu’elle n’a jamais cachée, d’en découdre avec un seul des camps en présence. (« Pouvait-on dans ces conditions s’attendre à ce que la guerre provoquée par le coup de force du président sortant se déroulât dans le respect du droit international humanitaire par toutes les parties armées et que la chute de la maison Gbagbo ne fût pas suivie d’intolérables vengeances? » s’interroge Gilles Olakounlé Yabi directeur du Projet Afrique de l’Ouest de l’organisation dans Slate Afrique le 22 juin 2011). Mais voilà que son champion ne se montre pas à la hauteur. Que c’est embêtant !

Rapport Afrique N°176 1 août 2011

SYNTHÈSE ET RECOMMANDATIONS

L’arrivée au pouvoir du président élu Ouattara ne doit pas masquer la réalité. La Côte d’Ivoire reste un pays fragile et instable. Les atrocités commises après le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010 et la tentative de confiscation par tous les moyens du pouvoir perdu dans les urnes par Laurent Gbagbo ont renforcé les tensions communautaires déjà très vives. Les prochains mois seront cruciaux. Il appartient au nouveau gouvernement de ne pas sous-estimer les menaces qui pèseront pendant longtemps sur la paix et de rompre avec la légèreté et l’ivresse du pouvoir qui ont conduit le pays à des choix désastreux au cours des deux dernières décennies. La communauté internationale doit maintenir un regard attentif sur la période actuelle de transition et jouer sa partition dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de la coordination de la réponse humanitaire. Le président doit prendre des décisions courageuses dans les registres de la sécurité, de la justice, du dialogue politique, du redémarrage économique et intégrer un élément de réconciliation dans chacun de ces domaines.

Le premier défi pour le nouveau pouvoir est celui de la sécurité. Les évènements meurtriers qui se sont déroulés entre décembre 2010 et avril 2011 ont fait voler en éclats l’appareil de sécurité. La hiérarchie des forces armées a été divisée entre défenseurs acharnés et violents de l’ancien président Gbagbo, partisans moins zélés de ce dernier, partisans discrets de Ouattara et calculateurs opportunistes dans un contexte de suspicion généralisée. Pour le moment, la création des nouvelles forces armées le 17 mars 2011, baptisées Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), reste un projet aux contours très flous. Fusionner l’armée régulière et plusieurs milliers d’éléments des Forces Nouvelles (FN) au sein de ce nouvel appareil de sécurité doit être la priorité.

L’ex-rébellion des FN, qui a aidé le président Ouattara à prendre le pouvoir par la force à Abidjan, a pris une place disproportionnée dans les FRCI. Les hommes du mouvement politico-militaire du Premier ministre Guillaume Soro contrôlent désormais Abidjan et l’Ouest du pays, en plus de la moitié nord qu’ils dirigent de fait depuis huit ans. Ils sont mal formés, désordonnés et commandés par des chefs de guerre qui sont très mal placés pour apporter à la Côte d’Ivoire l’état de droit qu’elle mérite. Si le gouvernement n’arrive pas à rétablir totalement l’ordre dans les mois à venir, et avant les élections législatives, et à prendre l’ascendant sur les commandants de zone des FN, l’autorité du nouveau président et sa crédibilité seront fortement et irrémédiablement diminuées. Enfin, la crise a laissé derrière elle des tonnes d’armes à feu qu’il est impératif de neutraliser. Cet arsenal est une menace immédiate et grave pour la Côte d’Ivoire, le Liberia, le Ghana et pour tous les pays membres de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dont l’actuelle discrétion est préoccupante.

Dans un pays où plus de 3 000 personnes ont été tuées en cinq mois, souvent de manière atroce et hors combats, la réconciliation et la justice sont des impératifs et constituent la seconde priorité du nouveau pouvoir. Promise par le président Alassane Ouattara même avant le conflit postélectoral, la Commission dialogue, vérité et réconciliation a été formellement créée le 13 mai 2011 et sa présidence confiée à l’ancien Premier ministre Charles Konan Banny. Les consultations entamées par ce dernier avec différents acteurs sociaux du pays, la passion qui l’anime et l’essai de clarification des missions et des modalités de fonctionnement de la commission par une ordonnance présidentielle signée le 13 juillet dernier n’ont pas levé les doutes sur le degré d’indépendance de cette commission à l’égard du pouvoir politique et sur les risques d’une trop forte personnalisation de l’institution. Des corrections doivent être rapidement apportées pour en asseoir la crédibilité.

 

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