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22/04/2011

Première nouvelle

S’il est un fait que l’on ne peut nier dans la crise ivoirienne, c’est l’efficacité de la propagande contre les institutions républicaines ivoiriennes et le Président Laurent Gbagbo. Ainsi, avant son kidnapping par les militaires français, le président Gbagbo était, à en croire les médias français et notamment l’AFP, retranché dans un bunker. C’est ce Bunker qui expliquait les échecs successifs des milices de Ouattara à prendre d’assaut sa résidence. En fait de bunker, il nous a été donné de voir grâce aux images tournées par les mêmes propagandistes, une résidence dont les concepteurs n’avaient nullement anticipé l’éventualité d’un siège.

C’est toujours l’efficacité de cette propagande qui permet à quelqu’un comme Madické Niang, le ministre des affaires étrangères du Sénégal de dire qu’il est contre « l’impunité » pour le président Gbagbo. En matière d’impunité, le ministre sénégalais et son patron le nonagénaire Abdoulaye Wade en connaissent plus qu’un rayon. Depuis plus de dix ans, le Sénégal a donné son accord pour que l’ancien président Tchadien Hissein Habré soit jugé et ceci sans grand succès. Il ne faut surtout pas voir dans cette attitude un quelconque lien avec la « générosité » de Monsieur Habré à l’endroit de Wade ou encore le fait qu’avant de devenir ministre Monsieur Niang a été l’avocat de l’ancien président Tchadien.

Le 15 mai 1993, sur la corniche de Dakar le vice-président du Conseil Constitutionnel sénégalais Maitre Babacar Séye était assassiné. La voiture qui a transporté les assassins et l’arme du crime avaient été achetés avec de l’argent donné par Abdoulaye Wade dans les semaines précédentes. Le soir du crime le chef du commando était chez Abdoulaye Wade afin de lui rendre compte. En 2003, dans un livre˟ publié par le journaliste sénégalais Abdou Latif Coulibaly, l’un des membres du commando reviendra sur les relations liant Abdoulaye Wade au commando. De la lecture de l’ouvrage on en sort avec la certitude que plus que le commanditaire, l’actuel président sénégalais a été le chef du commando qui a assassiné Maitre Babacar Séye. Il a été de toutes les étapes sauf de celle où les jeunes gens tiraient. Devenu président en 2000, alors que les jeunes gens avaient été condamnés par la justice en 1994 à des peines lourdes, il les graciera dans un premier temps avant de les amnistier par une loi scélérate en 2005.

Il est inutile que je revienne sur les assassinats des policiers le 24 février 1994, l’agression à coups de marteau de l’opposant Talla Sylla, sur Balla Gaye ou encore les actes de corruption et les tentatives de corruption de journalistes et de fonctionnaires… Ce qu’il y a de bien avec la propagande contre le président Gbagbo, c’est quelle offre des certificats de moralité à bon compte.

Madické Niang et Abdoulaye Wade sont contre « l’impunité » ? Ah bon ! Première nouvelle !!!

˟SÉNÉGAL AFFAIRE ME SÈYE : UN MEURTRE SUR COMMANDE

Abdou Latif Coulibaly Editions L’Harmattan

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