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30/03/2011

De la guerre

 

Je ne peux résister à la tentation de citer deux fois en propos liminaires Karl Von Clausewitz : «La guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » et «  la guerre est une lutte qui consiste à sonder les forces morales et physiques au moyen de ces dernières ». Je cite cet auteur pour mettre en perspective la situation qui a cours en Cote d’Ivoire avec ce que la presse française appelle la « grande offensive des forces pro-Ouattara ». Si l’on en croit ce que nous rapporte l’Agence France Presse (AFP) et Reuters, des combattants armés se réclamant du chef des insurgés du Golf Hôtel, Alassane Dramane Ouattara, ont pris le contrôle de plusieurs ville dans l’Ouest et l’est de Cote d’Ivoire depuis qu’ils ont lancé une énième offensive contre les Forces Armées nationales de Cote D’Ivoire (FANCI). Ainsi les nouvelles du pays profond nous apprennent que Daloa, Issia, Bondoukou sont aux mains de la coalition des rebelles de Soro Guillaume et de mercenaires issues des forces spéciales burkinabé, le tout appuyé par la logistique des forces de l’ONUCI et la Licorne. Que dire de cette nouvelle escalade dans la violence du camp Ouattara ? Elle est tout simplement la marque de son échec à s’imposer aux ivoiriens.

Il y a quatre mois Alassane Ouattara clamait urbi et orbi qu’il avait mis en place un plan d’asphyxie économique qui devrait aboutir à l’insurrection populaire prémisse «  à la chute comme un fruit » du président Laurent Gbagbo. Avec lui vociféraient le chef de l’ONUCI Choi qui prédisait une banqueroute de l’État ivoirien avec des fonctionnaires privés de leurs salaires dès la fin décembre. Depuis plusieurs mois, l’État ivoirien malgré les différents sabotages (débarquement du gouverneur ivoirien de la BCEAO, exclusion de fait de l’UEMOA, fermeture des banques) continue d’honorer ses engagements prioritaires et donne des signes d’une vitalité qui impressionne le monde entier.

Que les ivoiriens ne s’y trompent pas, l’offensive meurtrière lancée par Ouattara et ses alliés français et américains est le signe de leur incapacité à triompher politiquement du président élu des ivoiriens : Laurent koudou Gbagbo. Ouattara et les siens sont dans une impasse politique car ils ont épuisé le champ du possible dans une confrontation conventionnelle. Les mobilisations des patriotes de la semaine dernière ont montré que plus que de par le passé, le peuple ivoirien est derrière ceux qui incarnent ses institutions républicaines. Qu’un million de personnes sortent dans Abidjan pour réitérer, plusieurs mois après la mise en place de sanctions iniques contre les populations, leur soutien au président Gbagbo est la preuve Ouattara et ses amis ont échoué. Le camp du progrès incarné par les patriotes et le président Laurent Gbagbo, dispose des ingrédients indispensables à tout triomphe politique : la mobilisation populaire et la force morale qui découle de la conviction en la justesse du combat. Le camp du progrès en Cote d’ivoire sait qu’il se bat pour se dégager du joug néocolonial et que partout en Afrique ils sont nombreux dans les classes populaires à souhaiter qu’il réussisse.

Le pouvoir pour lequel Ouattara fait la guerre est à Abidjan. Prendre Daloa et Bondoukou et autres villes ne rend pas l’échéance de la prise d’Abidjan proche. Au contraire, en ces lieux où les populations sont loin d’être acquises à la cause des insurgés du Golf Hôtel, il va falloir disposer des troupes pour maintenir le nouvel ordre. Ouattara et ses commanditaires savent tout cela, c’est donc dire que leur offensive n’est que cache misère de leur panne de stratégie.

Commentaires

C'est ça qui est la vérité !

Écrit par : delugio | 31/03/2011

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