topblog Ivoire blogs

27/01/2011

Maitrisons notre destin!!

 

Cacao-camion[1].jpgLa presse française et celle proche des insurgés du Golf Hôtel ont crié victoire à la fin de la semaine dernière et le lundi 24 janvier 2011 lorsque successivement le Gouverneur de la BCEAO Dacoury— Tabley a démissionné à la demande des chefs d’État de la zone UEMOA et quand Alassane Dramane Ouattara à « ordonner » la cessation pendant un mois de toutes « nouvelles exportations » de café et cacao. Le moral des troupes devait être bien bas pour que ces mesures-dont on ne peut douter de leurs impacts négatifs sur l’économie ivoirienne-suscitent autant d’enthousiasmes chez les opposants au Président de la République Laurent Gbagbo. Que ces mesures, à la longue, mettent à mal les finances publiques ne fait pas également de doute, mais le lien entre la situation économique désastreuse qui pourrait être ainsi créée et l’émergence d’un mouvement social contestataire qui amènerait à la tête de l’État ivoirien, Ouattara et les autres insurgés du Golf Hôtel relève plus d’un vœux pieux où d’une appréciation vénale des motivations des ivoiriens qui manifestent leur adhésion aux institutions républicaines. Le message implicite de toutes les mesures dites « d’asphyxie économique » de la Cote d’Ivoire est que les institutions républicaines restent debout parce que le président Laurent Gbagbo dispose de liquidités qui lui permettent de corrompre les ivoiriens et que ces derniers ne sont sensibles qu’à la faim et c’est pour cela qu’il faut travailler à les priver de revenus. De tels postulats sont totalement faux et chaque jour qui passe montre que les ivoiriens sont engagés dans des combats pour les sens à donner aux mots indépendance, souveraineté, État de Droit, démocratie, liberté, etc.

L’impact économique des mesures prises par le sommet des chefs d’État de l’UEMOA sera apprécié dans les jours à venir dans l’attitude des opérateurs économiques face au franc CFA. La démission du Gouverneur Philippe-Henri Dacoury-Tabley ayant montré aux uns et autres que la stratégie de défense du gouvernement ivoirien repose sur le fait qu’il détient les leviers de l’État, il devient évident que cette monnaie va faire l’objet d’attentions voire de spéculations. Et cela d’autant plus qu’en passant outre les recommandations du Gouverneur intérimaire et en réquisitionnant tous les personnels nationaux de cette institution, le gouvernement ivoirien montre qu’il incarne également un centre de décision. Comment les acteurs économiques vont-ils sanctionner le franc CFA ? Le Naira, Cedi ou encore l’Euro vont-ils constituer des valeurs refuges pour les détenteurs de franc CFA. Jusqu’à quel point une dépréciation du franc CFA par rapport à ces monnaies sur les marchés parallèles nécessitera un réajustement officiel ? Que signifie le transfert de la signature à Ouattara ? Doit — on interpréter ce geste de l’UEMOA comme autorisation à Ouattara de battre du franc CFA que son « administration » pourra utiliser ? Les décisions de l’UEMOA présentent trop de zones d’ombres et d’incertitudes pour que les marchés ne sanctionnent pas le franc CFA dans les semaines à venir. Il est d’ores et déjà certain que ce n’est Pas seulement Gbagbo et le peuple ivoirien qui en payeront le prix.

La « demande » de gel des exportations de café et de cacao faite par Ouattara a selon toute vraisemblance eue l’écho recherché à savoir une hausse des prix, qui a profité surtout à certains de ses amis et proches. Au delà de l’aspect spéculatif que souligne le Ministre Chargé du budget du Gouvernement Aké N’gbo, Monsieur Koné Katina Justin, peut – on redouter que l’État ivoirien soit privé des recettes fiscales par l’utilisation de cette arme ? Pour répondre à cette question, il faut partir de deux évidences : le marché mondial et l’industrie cacaoyère ne peuvent se passer de la production ivoirienne qui compte pour 40 %, l’État de Cote d’Ivoire contrôle encore ses frontières et a des administrations fiscales et douanières efficaces. Partant de ces constats, si la situation l’impose il faudra réorganiser la filière et laisser les fèves traverser la frontière avec le Ghana pays producteur de cacao comme la Cote D’Ivoire. Les différentes taxes seront perçues par l’État de Cote D’Ivoire même si in fine le cacao en question sera estampillé sur le marché mondial « produit au Ghana ». Ces mesures de sauvegarde nationale auront un cout notamment la baisse drastique de l’activité dans le port de San Pedro (conséquence de l’appel au boycott des exportations) et des prix aux producteurs en dessous de ce qui était payé précédemment. Pour remédier à la baisse des prix, les producteurs devront s’organiser en coopératives efficaces pour instaurer dans le secteur une réelle concurrence. Il faut pour cela du volontarisme politique et des gens animer d’un esprit pionnier, ressources qui, me semble –t-il, ne manquent pas à la Cote d’Ivoire.

La coalition des insurgés du Golf Hôtel, des puissances d’argent mondialisées et la France ont décidé avec les supplétifs de l’UEMOA et de la CEDEAO de mener une guerre de tous les instants et avec tous les moyens (sauf ceux qui nuisent aux intérêts des grands groupes mondialisés) contre l’État de Cote d’Ivoire et le peuple ivoirien. Il faut bien évidemment résister mais pour gagner il faudra chaque jour que Dieu fait, inventer l’avenir dans la droite ligne de ce qui fonde la Cote d’Ivoire c'est-à-dire un État indépendant et souverain qui se veut une République laïque, démocratique et sociale. Le devoir du président Gbagbo et de toutes les institutions républicaines, en ces temps troubles, est de protéger les populations notamment les plus démunies par une politique efficiente de redistribution. Cette option est le rempart à toutes les actions qui visent à saborder l’État par son asphyxie économique.

 

Commentaires

N'ayons crainte, tout se déroule comme il se doit.
Quand les gens sont malhonnêtes ils agissent d'abord et réfléchissent après. Ils s'en mordreront les doigts...
Peuple d'Afrique tu voulais ta liberté et bien la France te l'a donnée malgré elle.
Je suis satisfaite des mesures prises par les Etats étrangers contre la Côte d'Ivoire. A quelque chose malheur est bon.
En faisant front à la Côte d'Ivoire, elle a permit aux Ivoiriens et aux panafricains de confirmer leur désir d'être libre. Regardez les mouvements de liberté sur le continent : Maghreb, Gabon, Egypte... Il y a 11 pays qui feront des élections en 2011 en Afrique.
En refusant aux navires Européens d'accoster à Abidjan, elle permet à la Côte d'Ivoire de multiplier ses partenaires dans le domaine du café cacao. Idem pour l'interdiction de commerce du café cacao pendant 1 mois.
En acceptant les ambassadeurs de l'autre camp, ses ressortissants sont malheureusement interdits d'entrer en Côte d'Ivoire.
En faisant main basse sur les avoirs de la BCEAO, elle oblige la Côte d'Ivoire à créer son système monétaire qui permettra l'industrialisation. En plus la Côte d'Ivoire garde ses réserves en devise et son or que la France prenait et donnait en échange des bouts de papier CFA.
La Côte d'Ivoire saura aussi fabriquer les petits papiers de sa nouvelle monnaie. Cela ne lui coûtera rien. Il suffira de bien gérer cette monnaie.
Sachons apprécier les petites victoires. Hum...
Oui, le CFA sera déprécié parce que la masse monétaire utilisée par l'Etat Ivoirien n'existera plus. En tout cas il n'y aura pas en face de valeurs économiques. Oh grande perte pour la France ! Comment va t-elle financer son endettement ? On verra ce que valent l'économie des autres pays qui devront faire face à l'inflation qui a déjà commencé. Mais tou ça ce n'est pas notre problème. Ils ont scié eux-mêmes le poteau du milieu, le seul soutient. Ils ont choisi le mauvais camp. Définitivement, les Africains doivent tirer la leçon de ne plus livrer leurs frères à l'ennemi, au colon.
Ne manifestons pas de haine envers les adversaires, restons sereins car tout ces phénomènes ne sont que les parties du jeu de leur échec à rebondissements.
Alleluia !

Écrit par : HEUREUX | 27/01/2011

Les commentaires sont fermés.