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11/01/2011

Garder le Cap

La tentation est grande de renvoyer dans son pays l’ambassadeur des USA à Abidjan Rambo Philip Carter le troisième, de faire comprendre aux ambassadeurs du Canada et du Royaume Uni qui détient la réalité du pouvoir étatique. Il est fort tentant de répondre avec la même désinvolture et la rage aux lèvres aux injures de Sarkozy qui soit dit au passage a apporté la preuve définitive qu’il est en dessous de tout dès lors qu’il doit emprunter les attributs d’Homme d’État. Il ne servirait à rien de demander à Robert Badinter et à Laurent Fabius qui se veulent donneurs de leçons aujourd’hui, si en son temps c'est-à-dire au milieu des années quatre-vingt au plus fort de l’Houphouétisme triomphant avec son cortège d’atteintes aux libertés individuelles et collectives, s’ils ont fait quelque chose pour la démocratie dans ce pays. Il ne sert à rien de perdre temps et énergie à des actions qui de manière radicale n’ont pas de portées sur la marche des institutions et du pays. Il faut donner du temps au temps comme dirait l’autre, pour faire comprendre à l’ambassadeur de France à Abidjan que l’action diplomatique ne saurait se limiter à assurer la logistique de l’Hôtel du Golfe.

 

Il est important par contre de rappeler que la Cote d’Ivoire est un État souverain et qu’il s’est doté d’une constitution qui consacre son caractère républicain, laïc et social. C’est sur cette base que l’élection du 28 novembre 2010 s’est déroulée et à vue la victoire de Laurent Gbagbo. Le Conseil Constitutionnel, le juge électoral ivoirien, a après délibération a proclamé les résultats et reçu le serment de celui qui est le président de la République de Cote d’Ivoire pour les cinq ans qui viennent. Nulle contrainte n’a été exercée sur les membres du Conseil constitutionnel et chacun d’entre eux s’est prononcé en son âme et conscience et ceci conformément au serment qu’il a prêté en prenant fonction. Je trouve personnellement abject le procédé qu’utilise un Robert Badinter pour disqualifier le CC ivoirien. En quoi son parcours à lui est-il différent celui de Paul Yao N’dré ? Agrégé de droit, ancien Garde des Sceaux Ministre de la Justice et maintenant président du CC ivoirien, le parcours de Paul Yao N’dré est semblable à celui de Robert Badinter. Le CC ivoirien a toujours eu des membres éminents dont on ne peut douter de la rigueur et du courage. Qui a osé le premier dire que ce qui s’était passé au Rwanda entre avril et juin 1994 était un génocide ? C’est l’ancien membre du CC René Degni-Ségui qui malgré toutes les pressions diplomatiques (y compris de ses propres patrons) en sa qualité de rapporteur de l’ONU a qualifié, à juste titre, de génocide les massacres de Tutsis orchestré par l’État rwandais. Le Conseil Constitutionnel ivoirien n’a jamais été le repère de courtisans prêts à exécuter les ordres présidentiels. Il est inadmissible que l’on souille l’honneur d’hommes et femmes qui sont au service de l’État et de la Nation ivoiriens.

 

La Cote d’Ivoire est un État souverain doté d’institutions républicaines et démocratiques que tentent de déstabiliser des puissances étrangères. Ce projet a échoué jusqu'à présent parce que la résistance s'est organisée autour de la préservation de l'essentiel à savoir le caractère inaliénable de l'indépendance nationale et le respect de toutes les institutions républicaines. Il est impératif de continuer sur cette lancée et de ne pas se laisser distraire par les effets d'annonce de certains.

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