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30/11/2010

Leçons d’un scrutin

 

Gbagbo261108220.jpgIl n’y a pas de doute, on s’achemine vers la réélection de Laurent Gbagbo. Les facéties de la CEI notamment le retard à la communication du taux de participation et la seule publication des résultats de la diaspora qui compte pour moins de 0,5 % du corps électoral, sont loin d’ébranler notre certitude. Il y a même une lecture à faire des résultats en provenance de la diaspora ivoirienne : les reports des voix en faveur de Bédié à Alassane Ouattara, ne se font pas sinon très mal. J’invite les lecteurs à observer les résultats du Gabon, situation la plus favorable à Ouattara, entre le premier et le second tour. Le report des voix est inférieur 50% et avec la baisse drastique des bulletins nuls, il est légitime de l’estimer à moins de 30%. La baisse combinée du taux de participation et un report de voix aussi faible ne sont pas des données qui militent en faveur de Ouattara. Vous l’aurez également remarqué, il n’y a pas un seul « scoop » de la presse française pour nous annoncer sa victoire. C’est donc dire que les carottes sont cuites pour le camp de la régression de l’Afrique qu’incarne ADO.

La victoire de Gbagbo acquise, il va falloir agir rapidement préparer les élections législatives. Le président Laurent Gbagbo, ne doit pas se préoccuper du score de son triomphe. Il est indéniable que le scrutin dans les zones CNO doit pour une bonne part être invalidé du fait des nombreuses atteintes aux dispositions du code électoral. Mais une telle action n’aurait pour finalité que de rendre la victoire plus éclatante. La Cote d’ivoire a besoin de se mettre rapidement au travail et la « Communauté internationale » ayant reconnu par la voix du représentant du Secrétaire général de l’ONU que le scrutin est « satisfaisant », il ne faut pas s’embarrasser de fioritures. Le moment est venu de penser que l’heure de mettre en place le programme de gouvernement pour lequel le peuple ivoirien a élu Gbagbo est arrivée. La question est de savoir quel premier ministre pour conduire la transition qui mène aux élections législatives. Il est indéniable qu’une telle question aurait été sans objet si la dernière semaine de la campagne électorale pour le second tour, n’a pas montré un Guillaume Soro incapable de prendre de la hauteur et rentrer définitivement au sein de la République. Nous avons été tous consternés de l’entendre dire au cours d’une conférence de presse qu’il n’y avait « pas de raison » d’instaurer un couvre-feu. Nous avons été choqués d’entendre la Porte-parole des Forces Nouvelles Madame Affoussy Bamba revendiquer l’administration par sa milice les zones CNO et dire du ministre de l’Intérieur qui est chargé de l’administration territoriale qu’il manque de « sérieux et de rigueur », est « irresponsable » et de finir en l’accusant d’utiliser « les médias d'État à ses fins personnelles ». Il me semble que Guillaume Soro et les siens ont atteint leur seuil de compétence. La question fondamentale reste de savoir comment, vu leur capacité de nuisance comme attesté par le déroulement du scrutin CNO, négocier un ordre républicain définitif. Il y a bien évidemment une question fondamentale à laquelle, ils se doivent de répondre : sont-ils pour une Cote d’ivoire unie avec une véritable continuité territoriale entre Abidjan et Korogho, Aboisso et Touba, Adzopé et Odiéné ? Il faut que le président les amène rapidement à donner une réponse. S’il le faut, l’autorité que confère la légitimité renouvelée doit être pleinement exercée.

 

Commentaires

"Vous l’aurez également remarqué, il n’y a pas un seul « scoop » de la presse française pour nous annoncer sa victoire. "

Et c'est le même qui se plaint ensuite que les resultats de la CEI aient été donnés sur France24.

Pour le report des voix Bédié-Ouattara, je vous invite à analyser ce qu'il s'est passé à Daoukro, mais je sais bien que vous ne le ferez pas et que par malhonnêteté intellectuelle, vous n'en parlerais pas dans un de vos prochain billet...

Écrit par : sery | 13/12/2010

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