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04/11/2010

Nous avons gagné

 

Gbagbo261108220.jpgIl y a quelques années, au plus fort de la crise qui a secoué la Cote d’ivoire, les  penseurs, les ethnologues, les anthropologues, les sociologues, les africanistes et autres spécialistes embarqués sous la bannière de l’aventure néocoloniale de Chirac présentaient le pays comme en espérance d’une hypothétique citoyenneté pour ses habitants. A l’écoute de ses distingués messieurs le pays d’Houphouët était une vaste étendue peuplée de gens qui n’avaient pour déterminant électoral que l’appartenance ethnique. On allait voir ce que l’on allait voir : Laurent Gbagbo issu d’un groupe ethnique minoritaire ne pèse qu’au prorata de celui-ci dans la démographie ivoirienne c'est-à-dire 13%. Ces constats provenaient –ils des recherches de nos distingués sires ? Que nenni, ils ne faisaient que relayer le discours du laquais du grand capital français en Cote d’ivoire qui avait décidé d’en finir avec le régime de la refondation qui menaçait sa stratégie monopoliste. Alassane Dramane Ouattara, ultra libéral assumé, se présentant comme issu d’une ascendance de chefs et à ce titre chef de ceux qu’il présente comme « nordistes et musulmans »de devenir l’idéologue d’une intelligentsia qui vote à gauche et ne fréquente que les Cafés de la Rive gauche parisienne.

Hier toutes les théories de ces distingués messieurs se sont révélées au grand jour comme le cache-misère de la jonction de l’idéologie féodale et de l’économie politique des comptoirs coloniaux. Comme novembre 2004 l’avait montré par la mobilisation du peuple d’Abidjan pour défendre les institutions républicaines que menaçaient les balles assassines de la Force Licorne aux ordres du président français Jacques Chirac, les ivoiriens ont voté à l’occasion du scrutin présidentiel du 31 octobre 2010 pour celui qui incarne le progrès social et la République des citoyens : Laurent Koudou Gbagbo. Le vote  « transethnique » pour paraphraser Théo et le Nouveau Courrier ? C’est La Majorité Présidentielle (LMP). La prise de « conscience citoyenne » pour citer Delugio se fait autour de Laurent Gbagbo avec le docteur Issa Malick Coulibaly (dont il faut saluer le courage), Pascal Affi Nguessan (la conscience de gauche de LMP), Simone Ehivet Gbagbo (pour que l’on ne perde pas notre gauche), Mamadou Koulibaly (l’encrage panafricaniste) et Charles Blé Goudé (la conscience patriotique). C’est la Cote d’ivoire debout qui a placé Gbagbo en tête de l’élection présidentielle du 31 octobre 2010.

Dans quelques semaines, ce sera le second tour et se posera la nécessité de faire triompher définitivement le camp du progrès par la disqualification de l’imposture de l’alliance des forces réactionnaires et des intérêts du grand capital étranger. Que les camarades sillonnent le pays entier, tant bien même que le tâche paraisse insurmontable à certains endroits, pour dire que le progrès c’est la république démocratique et la citoyenneté.

Laurent Gbagbo et le camp du progrès ont gagné !!!

Nous avons gagné, ne reste qu’à assener le coup de grâce à la bête immonde du tribalisme, de la féodalité, de l’intolérance au service des intérêts étrangers !!!!

 

Commentaires

Ton analyse donne une mise en perspective globale qui permet à qui veut ouvrir les yeux de lire ce qui se déroule déroule en Côte d'Ivoire à l'échelle historique. On n'est pas dans le bocal ethno-local qu'on voudrait nous imposer quand on est persuadé que "ce continent n'est pas assez entré dans l’histoire". Il est au contraire en train de la faire !

Écrit par : delugio | 05/11/2010

Cher Djignab,

Je ne vais pas répéter ici ce que j’ai mis chez Delugio, mais juste une précision : vous indiquez que la Force Licorne avait pris parti pour les rebelles du nord. Il me semble me souvenir au contraire (mais ma mémoire est peut-être défaillante ou pervertie par la lecture de la presse française :-) ) que sans l’interposition des forces françaises, les rebelles auraient bien pu s’emparer d’Abidjan ??

Sinon que les ethnies et les clans disparaissent devant une citoyenneté ivoirienne en progrès, qui pourrait ne pas le souhaiter ?

Écrit par : j.michel | 06/11/2010

La campagne de Bédié n'était faite que d'invectives contre le FPI, aucune place à un quelconque projet, seule musique de fond la litanie "trop c'est trop" comme pour prétendre que "c'était mieux avant"...en totale opposition avec le slogan "en Avant" de LMP.

Mais avant, justement c'est le "petit" réflexe ethnique que l'électorat de Gbagbo a rejeté contrairement à celui du RHDP...
Qui divise qui alors?

Je t'ai cité chez moi
http://afrosapiens.akwedo.com/post/1496639200/breve-de-campagne-2-pour-qui-ne-se-voile-pas

Bonne continuation

Écrit par : Koko Taillé | 06/11/2010

Les rebelles sont descendus jusqu’à Abidjan, J.Michel. Ils y ont fait des dégâts, jusqu'à tuer le ministre de l'Intérieur. Puis ils ont été repoussés par l'armée régulière jusqu'à Bouaké, où l'armée française s'est interposée "pour évacuer ses ressortissants"... puis est restée "interposée". Relisez la chronologie des faits de l'époque, pas leur relecture chiraco-officielle...

Écrit par : delugio | 06/11/2010

Cher Koko Taillé
Merci de ton passage. c'est un plaisir que de visiter ton site.
Cher J. Michel
merci du passage et je partage entièrement la réponse que Delugio a donné. je vous recommande vivement sa chronologie:
http://unevingtaine.wordpress.com/

Écrit par : Djignab | 06/11/2010

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