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27/02/2010

Les enfants gâtés d'Houphouët

 


Quel paradoxe !! Le club du troisième âge qu'est le RHDP me rappelle la Coordination des étudiants de Dakar (CED) de la fin des années quatre-vingt et des années quatre-vingt-dix. Jusqu'en 1988 le mouvement étudiant dakarois était dominé par les organisations de jeunes des partis politiques notamment ceux de gauche. Par un jeu subtil de négociations et d'alliances, ces forces politiques élisaient les représentants des étudiants au sein des instances délibératives de l'Université Cheikh Anta Diop. À partir de 1987, du fait des changements démographiques (augmentation vertigineuse du nombre d'étudiants), de la fin des utopies est apparue une représentation estudiantine peu formée politiquement, populiste à souhait et brutale.   Ce qui a caractérisé l'université de Dakar pendant la période qui a suivi l'avènement de ce leadeurship est la multiplication des grèves dans un contexte de recul des acquis sociaux et pédagogiques. Entre 1988 et 1994, le rituel de déclenchement des  conflits a toujours été le même. Pour des raisons qui n'ont rien à avoir l'université, une grève est déclenchée. Plusieurs jours après le début de la grève est élaboré un cahier de doléances avec des revendications maximalistes. Après plusieurs semaines de grève et devant l'essoufflement du mouvement, la plateforme revendicative est jetée aux orties et les négociations avec les autorités ne portent plus que sur les conditions les moins humiliantes pour la reprise des cours.

Hier, le RHDP par la voix du président de son directoire, le Professeur Alphonse Djédjé Mady, a annoncé sa prochaine entrée au gouvernement et appelé ses partisans à « suspendre » les manifestations lancées après la dissolution du gouvernement et de la commission électorale par le président Laurent Gbagbo. Il ya deux semaines exactement, le même Djédjé Mady en appelait à la « démission du chef de l'État à compter du vendredi 12 février, le Rhpd ne reconnait plus Laurent Gbagbo comme président de la République de Côte d'Ivoire ». Dans quelques jours les camarades à Djédjé Mady qui auront la chance d'être acceptés dans le gouvernement par Laurent Gbagbo lui feront mille courbettes et lui donneront de « Son excellence le Président de la République, Monsieur Laurent Gbagbo ». Plus personne au sein du RHDP ne parle de Beugré Mambé et la « libération de la Cote' ivoire » de la « dictature de Gbagbo » n'est plus à l'ordre du jour.

Le RHDP a tenté de mettre le feu à la Cote d'ivoire rien que pour maintenir des positions que fondamentalement Laurent Gbagbo n'a pas cherché pas à lui enlever. Le président faisant le constat du blocage du processus de préparation des élections avait décidé : « Premièrement, la Commission électorale indépendante (CEI) est dissoute. Je demande au premier ministre de me proposer dans un délai de sept jours, à compter d'aujourd'hui, le format d'une nouvelle Commission électorale crédible, qui pourra organiser des élections justes et transparentes. Deuxièmement, le gouvernement est dissout. Je reconduis le premier ministre Soro Guillaume, dans ses fonctions. Il est chargé de me proposer dès le lundi 15 février 2010 un nouveau gouvernement. Je veux, pour la Côte d'Ivoire, un gouvernement de sortie de crise. Un gouvernement au service des Ivoiriens et non aux ordres des partis politiques. ». Pour qui a tant soit peu du sens politique, il ne faisait aucun doute que la porte des négociations n'était pas fermée. Nos amis du RHDP au lieu de s'y engouffrer ont préféré s'essayer à l'insurrection. Je crains qu'ils y ont gagné plus la réputation de voyous que de révolutionnaires.

Le manque de sens politique des opposants du RHDP, vu le pédigrée de ses deux principaux animateurs, a été un mystère pour moi jusqu'à ce que je me rende compte d'une chose : Bédié comme Ouattara n'ont de légitimité que celle conférée par Houphouët. Ils n'ont rien bâti par eux-mêmes. La période que vit la Cote d'ivoire n'est pas celle des héritiers.

 

 

 

 

 

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