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09/02/2010

Les mangécrates*

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Il y a une idée répandue dans la presse internationale, burkinabé et française notamment, selon laquelle, les élections en Cote d'ivoire sont retardées du fait de la mauvaise volonté du président Gbagbo. Le dernier contentieux en date, l'affaire du fichier de 429000 pétitionnaires destiné à la « propre gouverne » du président de la CEI Beugré Mambé, donne l'occasion à tous les contempteurs de Gbagbo et du FPI  de ruer dans les brancards et de ressortir les arguments éculés sur leurs prétendues mauvaises volonté et autres manœuvres dilatoires. Si le président ivoirien n'est pas exempt de tout reproche dans ce qui arrive à son pays, c'est un faux procès qui lui est fait quant aux retards accumulés dans l'organisation des élections. Il ne tient qu'à l'opposition ivoirienne de créer les conditions de l'accélération du processus électoral.

Depuis huit ans les forces politiques opposées à Gbagbo participent au gouvernement qui est sensé consolidé la paix et préparé les conditions d'une élection démocratique et ouverte à tous. Après avoir freiné des quatre fers pour torpiller le processus, les opposants ce sont ralliés à l'Accord politique de Ouagadougou(APO) qui mettait à plat le contentieux entre l'état ivoirien et la rébellion issue de la tentative de renversement du pouvoir démocratiquement élu en Octobre 2000. Grâce à l'APO, la Commission électorale indépendante a été mise en place et le conseil constitutionnel a entériné l'accord de Pretoria qui autorise les signataires de l'accord de Marcoussis à être candidat à l'élection présidentielle quelque soit les incapacités dont ils sont frappés. En toute logique l'heure devrait être à la clarification, car les objectifs politiques du gouvernement d'union mis en place sont atteints et ceci depuis au moins 18 mois. La participation des opposants au gouvernement n'est pas de nature à indiquer que l'urgence est l'organisation des élections.

Sauf à s'accrocher aux sinécures, il est évident que Beugré Mambé est politiquement cramé. Si par miracle il reste président de la CEI, ce ne sera qu'au prix du renoncement à l'essentiel de ses prérogatives. Ne pas prendre acte des manquements de Beugré Mambé et des conséquences qui en découlent et avancer, c'est retardé sciemment le processus électoral.

L'opposition ivoirienne a fait le deuil du triomphe de ses champions à l'élection présidentielle. Elle n'a pas de projet de transformation qualitative de la société ivoirienne. Ces cadres travaillent au statu quo, gage de leur maintien au cœur du pouvoir et de l'accès aux avantages et opportunités afférents.

 

 

Commentaires

Voilà qui valait d'être dit !

Écrit par : delugio | 09/02/2010

Ce qui est dit ici est très clair et correspond à la réalité des faits. Que veut donc l'opposition ? Sans doute qu'elle l'ignore elle-même. Quant à l'ONU, qu'elle parle ou qu'elle se taise, cela ne fait même plus rire.
La seule vraie question que je pose depuis la main tendue de Laurent Gbagbo est celle-ci : peut-on organiser des élections démocratiques dans un pays qui compte deux armées antagonistes ?

Écrit par : St-Ralph | 09/02/2010

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