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28/01/2010

Tribunal des flagrants délires

P1040629.JPGIl y a trois jours, ici même, je vous parlais de Mouhamed Lamine Mansaly, l’homme qui aurait commandité l’incendie de la tribune dans laquelle avait pris place la direction du PS. Hier avait lieu son procès, devant le tribunal des flagrants délits de Thiès. Mansaly y répondait du délit de… voie de fait, destruction de biens appartenant à autrui et violence. Après quatre heures de débats le procureur réquis1 an de prison dont 6 mois fermes. Le juge a mis l’affaire en délibéré jusqu’au 3 février 2010.

Petit rappel des faits : le dimanche 17 janvier 2010, Mansaly ameute toute la presse de Thiès, disant à ceux qui voulaient l’écouter qu’il allait « saboter » la réunion politique de l’opposition socialiste. Non satisfait d’en parler seulement à la presse, il poussera le toupet en s’ouvrant de son projet à un commissaire de police. Quelques minutes après le feu fut déclenché à la réunion des socialistes, il appellera le directeur d’une radio locale pour revendiquer son forfait.

Hier devant la cour, Mansaly a nié les faits qui lui sont reprochés. Il a dit n’avoir à aucun moment parlé au commissaire et au journaliste pour, annoncer ou revendiquer un quelconque attentat.   Pour Mansaly , si le commissaire témoigne contre lui au procès, c’est parce qu’il est jaloux de son succès, auprès de la fille qu’ils fréquentent tous les deux. Il a appelé plusieurs fois le journaliste, non pour revendiquer quoique se soit, mais dans un premier temps pour s’excuser d’avoir refusé de le prendre à bord de sa voiture, alors qu’ils revenaient tous deux de Ziguinchor. Le second appel était pour demander au journaliste, pourquoi il l’accusait d’être l’instigateur des évènements ayant émaillé le meeting du PS.

 

Ce qui s’est passé hier à Thiès n’est pas un procès, mais une farce pour tirer d’affaire quelqu’un qui a posé des actes graves. Si le supposé commanditaire était à la barre, on n’a point vu les exécutants. Alors, comment établir la matérialité des faits ? Les dés sont pipés et Mansaly le sait et l’a dit au téléphone à son épouse lors de son arrestation « Ma chérie, je vais en prison pour deux jours, pour mettre à l’aise le président de la République. » Plutôt que deux jours il restera en prison jusqu’au 3 février soit dix jours.

 

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