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26/01/2010

Éléphants : les conseils de Jules François Bocandé

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Alors que je lis de gros mots (trahison, humiliation...), dans la presse ivoirienne, à propos de l'élimination des éléphants  de la CAN 2010, je ne résiste pas à la tentation de vous faire lire l'entretien qu'a accordé Jules-François Bocandé à l'Agence de presse sénégalaise (APS). Il me semble qu'il analyse bien la situation et donne des conseils judicieux aux autorités du football ivoirien. Bocandé sait de quoi il parle. Il a joué au plus haut niveau, il a été sélectionneur du Sénégal et était le Manager général de la sélection sénégalaise à la Coupe du monde 2002 (quart de final).

 

Source Aps


« C'est une compétition très relevée, c'est d'un bon cru et je suis heureux de noter que maintenant tout le monde travaille en Afrique pour atteindre le haut niveau », a expliqué le meilleur buteur de la Ligue 1 française en 1986.

Parlant de cette édition de la Can 2010, il souligne que ce sont les pays qualifiés naguère de petits pays de football qui ont apporté la différence en jouant « sans complexe face à ceux supposés être les favoris de la compétition. Ces sélections ont travaillé et sont en train de se mettre au niveau des meilleure», a-t-il dit, saluant la qualité de jeu produite par la Zambie et le Malawi.

Ancien attaquant des « Lions », Jules François Bocandé a joué les Can 1986, 1990 et 1992 avant d'être propulsé avec Boubacar Sarre Locotte à la tête des « Lions » à la Can 1994 (Tunisie),.

Bocandé ne partage pas l'avis de l'ancien portier camerounais Joseph-Antoine Bell qui estime que le niveau des matches de la Can 2010 est égal aux rencontres du Championnat de France amateurs (Cfa). « Le niveau de jeu n'est vraiment pas terrible. On voit des matches de Cfa avec des joueurs de L1', a jugé le consultant de Radio France internationale (Rfi) interrogé par le quotidien sportif français L'Equipe dans son édition de samedi dernier.

L'ancien gardien de but camerounais jette la responsabilité "de cette baisse de niveau sur les dirigeants africains qui n'ont pas d'exigence par rapport à l'excellence". "Les gens s'émerveillent devant les grands noms, mais cela ne fait pas une équipe. À part l'Egypte, il n'y a guère de vrais collectifs", a-t-il ajouté relevant que la compétition commence réellement en demi-finales. "Sauf si vous avez la chance de tomber sur un bon en quarts", a-t-il dit.

L'ancien attaquant des "Lions" a, en outre, appelé les dirigeants des sélections africaines "à garder leur entraîneur pour la coupe du monde. Je les appelle à ne pas commettre l'erreur de se séparer de leurs entraîneurs à cinq mois de la coupe du monde 2010', a expliqué Bocandé, relevant que ces staffs ont le temps pour corriger les erreurs commises pour aller de l'avant. 'La grande bêtise, ce serait de se séparer de ces techniciens qui n'ont pas perdu leurs qualités le temps de la coupe d'Afrique des nations (Can) 2010', a soutenu l'ancien coach des 'Lions' du Sénégal.

Bocandé souligne que les Mondialistes ont été éliminés souvent sur des erreurs individuelles. 'Quand vous regardez les Camerounais surtout aujourd'hui (lundi contre l'Egypte), il est clair que le numéro 5 (Aurélien Chedjou) a coûté cher à son équipe', a-t-il dit, relevant que l'entraîneur n'a pas souvent le choix dans ces cas de figure. Mais ayant cinq mois devant lui pour la coupe du monde prévue en juin prochain en Afrique du Sud, il a la possibilité de rectifier le tir. 'Et ce ne sera pas la même chose quand on recrute un nouveau technicien n'ayant aucun vécu avec la sélection et devant faire vite pour mettre en place un groupe crédible', a-t-il dit. Il ajoute : 'Il est important de garder les staffs techniques et je suis convaincu que la Côte d'Ivoire et le Cameroun, s'ils se remettent en question et apportent des correctifs, peuvent réaliser une bonne coupe du monde'.

Bocandé, qui a joué trois phases finales de Can (1986, 1990 et 1992), a regretté que les attaquants comme Samuel Eto' o et Didier Drogba n'ont pas eu le soutien nécessaire pour réaliser une bonne compétition. 'Quand ils brillent dans leurs clubs, c'est parce qu'ils sont mis dans les conditions de réussite et ce n'est malheureusement souvent le cas dans leur pays', a-t-il ajouté. En plus de l'absence de soutien, ils doivent faire avec 'les grosses responsabilités, le brassard de capitaine, comme s'ils sont les seuls sur le terrain', a fait observer Jules Bocandé.

(Aps)

 

mailto:http://www.aps.sn/aps.php?page=articles&id_art...

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