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19/04/2009

Initiative PPTE

affiche-banque-mondiale.jpgL’économie à la faveur de la récente admission de la Cote d’ivoire à l’initiative PPTE est au centre des débats sur ivoire- blog. Je me réjouis de lire les analyses de Poukoi, Théo, Krathos et bien d’autres. Je m’étonne de constater que Venance Konan ne retient que le mot pauvre. Il n’a sans doute pas compris que le fond du débat reste quand même la remise de dettes. Imagine-t-il les institutions financières internationales communiquer sur des remises de dettes sans les justifier ? Passons…
Mon opinion de l’initiative PPTE est qu’elle n’est qu’un avatar des politiques économiques dictées depuis trois décennies par les Institutions financières internationales (IFI à savoir Banque mondiale et Fond monétaire internationale) à nos pays. Ces politiques ont échoué non seulement à nous faire entrer véritablement dans la mondialisation mais plus grave, elle s’avère incapable de mettre les économies africaines dans un cycle vertueux de croissance capable d’améliorer le quotidien du plus grand nombre des nos concitoyens.
Dans des prochains post je vais argumenter mon opinion mais en attendant, je verse au débat la position des IFI sur la situation économique de l’Afrique et la nécessité des ajustements structurels. Le texte qui suit est une synthèse de rapports pro domo de la Banque mondiale .Inutile de préciser que les politiques d’ajustement structurels précèdent de près d’une décennie ce plaidoyer.


Banque mondiale (1989).— L'Afrique subsaharienne: de la crise à la croissance durable ,Washington DC, Banque mondiale.
World Bank (1994a).— Adjustment in Reforms, Results, and the Road Ahead,Bank Policy Research Report, Oxford,
University Press for The World Bank.



La situation économique des pays africains pendant la première moitié des années 80 a connu une dégradation importante du fait d’une détérioration des termes de l'échange et une forte réduction de l'accès aux capitaux étrangers.
En 1985, les revenus réels de plus de deux tiers des pays africains étaient moins élevés qu'au milieu des années 1970. De 1965 à 1985, l'Afrique a eu une croissance inférieure à celle des autres régions en développement. En effet après une période vigoureuse d’expansion de ses exportations qui va de 1965 à 1973, l'Afrique va connaître entre 1981 et 1986 une croissance négative. Entre 1970 et 1986, les exportations de produits manufacturés ont diminué de même que celles de produits agricoles et des produits miniers. Seules les exportations de pétrole ont connu une augmentation. Dans les années 80, neufs produits majeurs constituaient 76 % des exportations agricoles de la région contre 70 % dans les années 60. En revanche ailleurs les pays ont diversifié leurs secteurs d'exportation et accrue leur part des exportations mondiales de produits primaires.
Entre 1965 et 1980, les taux de croissance de la production agricole n'ont progressé que de 2 % par an ce qui est moins que le taux de croissance démographique, et entre 1981 et 1985, il a diminué de 0,6 par an, alors qu'en Asie de l'est il a progressé de 3,2 par an et en Asie du Sud de 2,5 %.
D'autre part les indicateurs de santé et d'éducation s'ils étaient meilleurs que dans les années 60, était bien inférieur à ceux des autres pays en développement.
-- les raisons de la stagnation et du recul
Il y plusieurs raisons à cette situation :
.le rôle prépondérant de l'État dans la production et dans la réglementation de l'activité économique,
.des monnaies sciures évaluées ;
.des déficits budgétaires importants et persistants.
Ces deux dernières raisons ayant une répercussion sur la stabilité macro-économique sans laquelle, il ne peut avoir de croissance à long terme.
.Des politiques commerciales protectionnistes et des monopoles d'État entravant la concurrence indispensable stimuler la productivité.
Dans les premières années de l'indépendance au nom du développement autocentrée, les recours aux capitaux étrangers n'ont été exceptionnels. L'industrialisation était considérée comme la clé d'une croissance rapide en raison de la baisse des prix des produits primaires et des avantages qui avaient à est moins tributaire des importations d'articles manufacturés.
L'agriculture a été lourdement taxée pour fournir des ressources à la création d'un secteur industriel moderne.
.Une hypertrophie gouvernementale
La détérioration des termes de l'échange
À l'exception des exportations de pétrole la baisse des termes de l'échange a touché les pays africains.

1°/Les facteurs endogènes : des orientations générales inappropriées
- des monnaies surévaluées
L’existence de marchés de change parallèle témoigne de la surévaluation de la monnaie. La prime de change dans le marché à un état sur la croissance (elle la diminue). Au Ghana par exemple, la prime d'échange qui était de plus de 200 % entre 1974 et 1980, a entraîné une baisse d'environ trois points de pourcentage par an du taux de croissance du produit intérieur brut à la.
- des dépenses publiques massives
Les signes les plus courants d'une bonne politique budgétaire sont un déficit très élevé et le faible ratio consommation des administrations publiques (dépenses courantes pour l'achat de biens et des services) sur PIB. La plupart des pays d'Afrique subsaharienne n'avaient ni l'un ni l'autre.
- des politiques commerciales introverties
La plupart des économies d'Afrique subsaharienne ont opté pour une stratégie de développement autocentrée qui visait à substituer des productions locales aux importations et que venait compléter le recours massif à des mesures tarifaires et non tarifaires pour réduire la concurrence extérieure, principalement dans le secteur manufacturier. C'est le contraire de la politique suivie par les pays asiatiques.
- une instabilité politique.
- le capital humain : de toutes les ressources que celles qui contribuent le plus gros progrès économique à long terme. Depuis les indépendances, on a plutôt qu'une augmentation du capital humain.
- La puissance financière
C’est un déterminant important de la croissance et il a plutôt augmenté.
2°/ Les facteurs internationaux : des obstacles surmontables
- la baisse des termes de l'échange
A part les exportations de pétrole, la plupart des économies ont été confrontés à de la détérioration des termes de l'échange. Les exportations de minéraux ont été les plus touchées avec des pertes de 50 %. Pour les autres la baisse a été d'environ 30 %.
- l'accroissement des transferts internationaux
Les transferts extérieurs cinq compensaient les baisses des termes de l'échange ont été plus importants en Afrique que dans les autres régions du monde. Les transferts extérieurs n'ont pas toujours ont incité avec les besoins en devises des pays africains.
Pour la banque mondiale la détérioration des termes de l'échange a été compensée par les transferts nets vers l'Afrique. In fine et la déclaration des termes de l'échange a coûté Guillaume que 3 % du PIB par un à l'Afrique subsaharienne hors Nigéria.
Les raisons de la stagnation puis du déclin sont à chercher dans les mauvais choix économiques qui ont consisté notamment à défavoriser l'agriculture, un interventionniste état dans le secteur économique qui est administré. C'est aussi un manque d'infrastructures notamment l'inefficacité des systèmes de transport, de télécommunications et des services publics de distribution.
Pour relancer la croissance en Afrique il faut réorienter les politiques. L'agriculture est le moteur de la croissance, source des recettes d'exportation et principal moyen de faire reculer la pauvreté.

Pour la Banque Mondiale au plan macro-économique l'ajustement structurel va consister à :
- maîtriser l'inflation ;
- la pratique de taux de change compétitif ;
- avoir des déficits budgétaires compétitifs.

Documents recommandés
http://ethique.neuf.fr/KOUL1.htm
http://www.worldbank.org/afr/findings/french/ffind34.pdf
http://www.ceri-sciencespo.com/publica/etude/etude39.pdf

14/04/2009

Affaire GAK: que dire?

guy andré kieffer.jpg
Simone Gbagbo et Paul-Antoine Bohoun Bouabré ont accepté depuis quelques semaines d’être entendus par le juge Ramaël, chargé du dossier du journaliste français Guy-André Kieffer disparu à Abidjan en avril 2004. Ils répondent à une nouvelle requête , cette fois exprimée dans les termes du droit ivoirien et de la convention d’entraide judiciaire franco-ivoirienne, des enquêteurs français. Pour dire vrai- jusqu’à présent- les seules convocations de Madame Gbagbo et Monsieur Bouabré devant le juge français, dont les observateurs ont la preuve sont celles délivrées par les médias français notamment RFI et l’AFP. C’est donc une première qui devrait se réaliser dans le dernier tiers du mois d’avril.
Il ya lieu d’utiliser le conditionnel, car il y a du nouveau et c’est l’AFP qui nous l’apprend : « Les juges Patrick Ramaël et Nicolas Blot, accompagnés de gendarmes, iront en Côte d`Ivoire entre le 20 et le 24 avril, selon des sources proches du dossier…Ils doivent auditionner le 23 avril Mme Gbagbo, ainsi que le ministre d`État chargé du Plan et du Développement, Paul-Antoine Bohoun Bouabré.… Ces auditions, en présence de magistrats ivoiriens, sont toutefois conditionnées à trois autres auditions demandées par les magistrats qui doivent se dérouler dans les jours qui précèdent. Les juges souhaitent notamment entendre Patrice Bailly, à l`époque chef de la sécurité de la présidence de la République, mis en cause notamment par le beau-frère de Simone Gbagbo, Michel Legré, un mis en examen qui est depuis revenu sur ces déclarations. »
Les juges français posent donc des préalables à des auditions présentées dans le passé comme étant indispensables à la manifestation de la vérité. On apprend ainsi que la liste des suspects s’est allongée de trois de noms dont celui d’un ancien garde corps du Laurent Gbagbo présenté abusivement comme chef de la sécurité de la présidence de la République. L’audition de Patrice Bailly après celles Simone Gbagbo, Bohoun Bouabré, Kadet Bertin, Aubert Zohoré , Victor NEMBELESSINI-SILUE, devient indispensable.
En attendant, l’audition de Simone Gbagbo réclamée en boucle en Juillet-août 2008 par RFI , ne présente plus grand intérêt puisqu’ un proche du disparu –se faisant le porte-parole de l’instruction- a déclaré l`AFP n`attendre "pas grand chose" des auditions de Mme Gbagbo et M. Bohoun Bouabré, qui constituent pour eux un "affichage pour tenter de se débarrasser d`un boulet qui les encombre". "J`attends plus du volet Bailly dont le nom remonte sans arrêt depuis le début de l`enquête", a-t-il ajouté.

07/04/2009

Le sacrifice de Ségolène Royal

segolene_royal_france.jpg

Madame Ségolène Royal est en Afrique , au Sénégal précisément. La terre qui l’a vu naitre l’inspire sans aucun doute. Elle renforce sa commisération pour son adversaire politique Nicolas Sarkozy auteur du fameux discours de Dakar sur « l’homme africain ». Le « discours »de Sarkozy à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar le 26 juillet 2007 , pour rappel, était un chapelet en perles d’inculture et d’injures gratuites. Ce discours n’est pas digne d’un président de la République Française. Ségolène a bien raison de se sacrifier en entonnant :
Africains ! Africains !
Pardonnez à Sarkozy !!
Il ne sait pas ce qu’il fait !!!
Tout est bien qui finit bien… Sauf que la demande de pardon de Ségolène ne lui coute rien et lui permet de ridiculiser son rival. Mais je n’ai pas de raison de douter de sa bonne foi. Puisque Madame Royal, en mère de la nation, est dans le repentir, je lui suggère après son séjour dakarois de mettre le cap sur Kigali au Rwanda pour demander pardon aux rescapés du génocide des Tutsis. Elle demandera pardon pour la politique de son modèle, François Mitterrand, dans ce pays. Elle demandera pardon pour le soutien diplomatique, militaire, financier apporté par son mentor aux planificateurs et exécutants du génocide. Elle demandera pardon pour tout ce qu’il a fait pour que les génocidaires ne rendent aucun compte.
Christique sera Ségolène si elle le fait !