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23/02/2009

Sous le signe de l'éthique

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Zimbabwe: éthique des sanctions
C’est le Sunday Times qui nous l’apprend, le président du Zimbabwe Robert Mugabe et son épouse Grace, ont acheté en secret une propriété de 4 millions de livres à Hong Kong.
Je suis surpris que les sanctions de l’Union européenne et des USA qui ont tant contribué à détériorer la situation économique, sociale et sanitaire de ce pays, se trouvent incapables à empêcher Mugabe de mener grand train.
Les sanctions occidentales visent surement Mugabe mais malheureusement elles ne touchent que les couches défavorisées du peuple zimbabwéen.
Il devrait avoir une éthique des sanctions !!!

Italie : éthique médicale

En Italie, un projet de loi prévoit de permettre aux médecins de dénoncer les sans-papiers. Le Sénat italien a validé ce projet, mardi 3 février, mais le texte doit encore être voté par la Chambre des députés.
Selon la loi actuellement en vigueur, les hôpitaux bénéficient du secret médical et n'ont pas obligation d'informer les autorités de la nationalité ou du statut de leurs patients, sauf si ces derniers sont soupçonnés de crime. Mais dans le cadre d'une loi sur la sécurité, la Ligue du Nord, parti d'extrême droite participant au gouvernement de Silvio Berlusconi, a déposé un amendement qui autorise les médecins à dénoncer les clandestins à la police.
Si cette loi venait à être définitivement adoptée, ce serait un défi au sens de l’honneur, de l’éthique et de la déontologie des médecins italiens. L’exercice de la médecine ne peut se concevoir sans deux principes fondamentaux : le respect de la vie et de la dignité humaine et l’action dans le meilleur intérêt du patient. Le Code International d'Éthique Médicale de l'Association Médicale Mondiale stipule que : « LE MÉDECIN DEVRA respecter le droit du patient à la confidentialité. Il est conforme à l'éthique de divulguer des informations confidentielles lorsque le patient y consent ou lorsqu'il existe une menace dangereuse réelle et imminente pour le patient ou les autres et que cette menace ne peut être éliminée e qu'en rompant la confidentialité. »
Et la déclaration de Genève du septembre 1948 de reprendre le principe aussi vieux que la médecine allopathique : « JE RESPECTERAI les secrets qui me seront confiés, même après la mort du patient; »
Il y a une trentaine d’années face aux critiques suscitées par l’introduction de châtiments corporels (amputation de la main des voleurs…) dans le code pénal mauritanien, le gouvernement de ce pays a décidé «d’humaniser » ce type de sentences en confiant l’exécution aux médecins et non plus au bourreau. Le Docteur Dia à la tête des médecins mauritaniens s’est opposé avec succès à cette médicalisation de la torture. Son argument était qu’il n’est pas justifiable d’un point de vu éthique que la médecine se prête à cette instrumentalisation. D’autre part il estimait que tout acte médical devrait avoir pour finalité de maintenir ou restaurer la santé.

Kouchner : éthique de la coopération

Le site Bakchich a publié, le 14 février 2009, les rapports sur la santé au Gabon de Bernard Kouchner. Ce sont au total 15 pages. De simples « synthèses », proteste le ministre contacté par la rédaction du site.
http://www.bakchich.info/Kouchner-au-Gabon-on-ne-voit-pas...
A la lecture de ces synthèses et en attendant de prendre connaissance du rapport définitif, je m’interroge sur leurs faiblesses documentaire et argumentaire mais aussi le parti-pris néolibéral de certaines recommandations.
Première surprise, ces synthèses sont adressées par Bernard Kouchner, patron de BK Consultant- sous traitant d’IMEDA qui a gagné le marché ( ?)- au Président de la République Gabonaise Omar Bongo Odimba qui lui est le donneur d’ordre. Ce n’est pas dans les usages sauf si IMEDA et BK Consultant sont les deux faces d’une même pièce.
Deuxième surprise, c’est que BK n’a pas compris qu’en 2004, encore moins aujourd’hui, le Gabon (1,3 millions d’habitants, 56 ans d’espérance de vie à la naissance, 4010 us dollars de RNB par habitant, 29 médecins pour 100000habitants) n’est pas la France (60 millions d’habitants, 80 ans d’Espérance de vie à la naissance, 30336 us dollars par habitant, 337 médecins pour 100000 habitants). Il plaque sans aucun discernement l’organisation de la Sécurité Sociale française au Gabon. Il ne lui est pas apparu que les négociations entre les divers acteurs sociaux gabonais puissent accoucher d’une gouvernance institutionnelle différente dans un secteur aussi particulier que la santé. Pour un spécialiste de la question c’est troublant.
C’est d’autant plus troublant que BK s’empresse de recommander un type de coopération inefficace que l’on croyait révolu : « …pour animer Santé Gabon pendant les premières années- et mettre ce système à l’abri des influences politiques , familiales et économiques- des fonctionnaires détachés et des économistes de la santé sous contrat , venus en particulier de France, devraient accompagner cette édification… » Comment mettre en place un système efficace au service des gabonais, si on le soustrait à leur influence ? La gouvernance technocratique fusse-t-elle française n’est pas exempte d’influences. La recommander comme le fait BK, c’est perpétuer l’idée selon laquelle les gabonais- et sans doute tous les africains- ne sont mûrs pour prendre en charge leurs problèmes.
Troisième surprise, sa connaissance plutôt sommaire de certains concepts de santé publique dans les pays africains. Comme, quand il écrit « les soins de santé primaire » au lieu de « soins de santé primaires » , introduit une différence peu évidente entre soins de base et soins de santé primaires. Pas un mot sur l’initiative de Bamako, la liste de médicaments essentiels, les problèmes d’accès aux soins qui revêtent des aspects financiers, géographiques, socio-économiques et sociologiques. Son foyer gabonais type de cinq personnes dans un pays où le taux de fécondité par femme est de 3,4 sur la période 2000-2005. Sa population active estimée à 45% de la population alors que 35% de la population à moins de 15 ans selon les statistiques officielles.
Quatrième surprise, les propositions bizarres telle que la suivante « la production locale de génériques et de solutés sera étudiée, mais ne saurait être trop vite imposée.» En médecine un soluté est un mélange d’eau et des substances chimiques (électrolytes, macromolécules..) destiné à assurer un remplissage vasculaire en cas de déficit volémique dans l’organisme. C’est ce avec quoi on fait des perfusions. C’est le genre de produit dont le coût du transport en avion est plus cher que celui de la fabrication.
Limité aux seuls « gabonais et étrangers en situation régulière » le système d’assurance maladie gabonais sera financé par les taxes (TVA notamment) et les salaires. Dans la proposition BK aucune part patronale supplémentaire n’est envisagée. Aucune indexation sur le revenu. Et enfin cette sous caisse destinée aux indigents, financées par le budget, à partir d’une augmentation d’environ 1,5 point de TVA non déductible. BK est un amour pour les multinationales du pétrole, de l’uranium et des services.
Que le Gabon aie payé plus de deux millions d'euros un rapport qui n’a pas nécessité-apparemment- d’enquêtes quantitatives ni de grandes recherches documentaires et encore moins de nombreuses expertises ne m’étonne pas. Omar Bongo nous a habitué à arroser la classe politique française pour se pas ne préoccuper des problèmes de son peuple. Cela dure depuis 42 ans.

Commentaires

J'aime beaucoup votre concept d'éthique de la sanction. Comment prendre un décision pour l'intérêt général tout en morigénant les vils comportements.
Salutations!

Écrit par : poukoi | 23/02/2009

L'Italie et la France sont sans doute les seuls pays européens qui étoffent régulièrement leur arsenal répressifs à l'adresse des Noirs. Le racisme institutionnel va souvent plus loin que le racisme dont fait preuve le peuple.

Écrit par : St-Ralph | 24/02/2009

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