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09/10/2008

Parole dévaluée

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Au Sénégal, fort heureusement, plus personne n’écoute le Président Wade. C’est d’autant mieux, qu’il ne cesse d’accumuler les bourdes. A preuve l’interview, ci-dessous, accordée à RFI. Passe, que du haut de sa chaire, il donne des leçons de politiques économiques au monde entier. On ne change pas à cet âge vénérable (82 ans déclaré) ! Alors, quel est le problème ? Le problème est dans son propos sur le système bancaire sénégalais « …Cette crise sera limitée pour l’Afrique. Même si chez moi, il y a des banques qui vont s’effondrer... ».
Malgré ces propos catastrophiques et irresponsables, il n’y pas eu de queues interminables d’épargnants, pressés de récupérer leurs dépôts, devant les banques sénégalaises. La bourse d’Abidjan où certaines banques sénégalaises sont cotées, n’a pas pris en compte cette déclaration


Source:rfi.fr

Le président sénégalais, Abdoulaye Wade, a participé au World Policy Forum, un colloque organisé à Evian (centre-est de la France) par l’Institut français des relations internationales (IFRI) pour discuter de la crise financière. Il a livré à RFI son point de vue sur cette impasse économique que traversent actuellement les marchés.

Abdoulaye Wade : Mille milliards ou deux mille milliards, la crise financière ne trouvera pas sa solution dans le Nord. Tout cet argent destiné à être injecté pour renflouer les banques vient bien de quelque part, des budgets. Or, les budgets, se sont les populations. Cette solution ne résoudra pas les problèmes de l’emploi tant que cela ne débouchera pas sur des investissements créateurs d’emplois. Le chômage va continuer à persister, c’est pourquoi ce système paraît un peu absurde.
L’argent qu’il faut pour développer l’Afrique, ce n’est pas beaucoup par rapport à tous ces mouvements d’argent.
RFI : Alors comment expliquer le retard de développement de l’Afrique ?
Abdoulaye Wade : Nous n’avons pas le sentiment qu’on fait tout ce qu’il faut pour développer l’Afrique. Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’aide, ce n’est pas vrai, mais dire que le développement de l’Afrique est une priorité pour les pays développés n’est pas vrai non plus. Il n’y a pas une volonté de faire du développement.
La volonté de développement, pour moi, serait réelle si on adoptait un principe d’investissement budgétaire du Nord vers le Sud comme les pays développés le font quand ils ont des régions sous-développées. Ce ne serait pas de l’argent perdu, ce serait un investissement qui créerait dans le Sud des emplois, des structures, des routes, etc. Cet argent serait partagé : les profits reviendraient aux pays du Nord.
RFI : Mais dans l’immédiat, cette crise, c’est encore moins d’argent pour l’Afrique…
Abdoulaye Wade : Pas la peine de s’alarmer pour autant. Il ne faut pas juger l’effet de la crise par le fait que les bourgeois ne pourront plus voyager ou qu’ils ne vont plus vivre dans des conditions de luxe. C’est marginal par rapport à l’Afrique profonde ! C’est 700 millions de paysans, de pauvres ! Ces gens-là, s’ils ont à manger, le reste, pour eux, ça va pas mal !
Cette crise sera limitée pour l’Afrique. Même si chez moi, il y a des banques qui vont s’effondrer. La survie de la croissance du monde est en Afrique. Comme les Etats-Unis ont permis à l’économie mondiale de se développer et de connaître une croissance de longue durée depuis le début du 19ème siècle. En même temps que l’Afrique se développera grâce à ses matières premières et grâce à ses ressources humaines, il y aura des profits qui seront générés pour ceux qui vont investir.

Commentaires

Le président Wade a dit beaucoup de choses mais il a oublié de constater la non invitation des pays membres de notre zone monétaire à ce débat qui nous concerne, pourtant. La raison est toute simple, c'est que le franc cfa(franc des colonies françaises d'Afrique appelé abusivement franc de la communauté financière africaine, pour ne pas heurter les susceptibilités après les indépendances) n'est rien d'autre qu'une sous-monnaie du franc français puis de l'euro. Cette situation anachronique démontre, à tout le moins, l'incurie des nos dirigeants qui s'accomodent de cette situation honteuse après plus de quarante(40) ans d'indépendance.
Nos chefs d'état gagneraient à lutter pour recouvrer leur pouvoir régalien(battre la monnaie) au lieu de se comporter en préfets de l'ex-puissance coloniale. n'ont-ils pas été élus pour défendre leurs peuples?

Écrit par : oscar48 | 09/10/2008

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