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26.07.2008

La démocratie selon Wade

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L’enfant terrible de la presse sénégalaise, Souleymane Jules Diop, vient de faire une nouvelle expérience de la conception du Président Wade de la liberté et des principes démocratiques. Il a été molesté, déshabillé, injurié par des très proches de Wade. Pour rappel, Souleymane Jules Diop vit en exil, depuis quatre ans, en Amérique du Nord.

La scène s’est déroulée hier 25 juillet 2008 à Chicago où le Président Wade était l’invité du NABJ, une association de journalistes noirs —forte de 4.100 membres qui a vu le jour en décembre 1975. Elle est la plus grande organisation de journalistes noirs aux Etats-Unis, selon sa présidente Barbara Ciera qui renseigne que Me Abdoulaye Wade est le premier chef d’Etat à être invité par la NABJ.
Souleymane Jules Diop été sauvagement agressé par la garde du Président Wade à Chicago, parce qu’il a pris la parole, sans autorisation, pour dire à l’auditoire que Wade est un dictateur. Il a manifesté pendant trente seconde son opposition à Wade. Dans un pays où le premier amendement de la constitution consacre la liberté de parole.

Souleymane Jules Diop tient une chronique hebdomadaire sur le portail internet Seneweb et une émission hebdomadaire également sur une web radio. La chronique de Souleymane Jules Diop, qui a renoncé à tout droit d’auteur, est reprise par plusieurs sites sénégalais, dans la presse écrite, photocopiée et vendue dans la rue. La page du portail où il met en ligne sa chronique reçoit au minimum 30000 visites chaque semaine. Son émission radio (en wolof) est écoutée autant de fois chaque semaine. Ce qui fait le succès médiatique de Souleymane Jules Diop n’est pas tant sa diatribe constamment anti-Wade mais le fait qu’il soit parfaitement renseigné. Tout se passe comme si malgré le fait que Souleymane Jules Diop combatte férocement le régime, celui-ci n’a pas trouvé quelqu’un pour tenir la place qui était la sienne naguère. Toutes les tendances et composantes du pouvoir de Wade continuent à le tenir informer.
Souleymane Jules est une sorte de chevalier blanc, déçue de la gouvernance de Wade pour lequel il a été un conseiller écouté jusqu’à leur rupture au début de l’année 2004. Au moment de la rupture, il était officiellement le conseiller en communication du Premier Ministre de l’époque Idrissa Seck. Son influence était plus importante car il a été un soutien efficace du Président Wade durant ses années d’opposition. Si c’est un déçu on ne peut en faire un aigri car la rupture d’avec le pouvoir résulte aussi de son tempérament et de sa volonté d’être en conformité avec ses convictions. N’est-il pas est allé dans le bureau du Président- où il entrait comme il le voulait- pour lui dire que les sénégalais ne l’ont pas élu pour la politique qu’il mène ? Il vit en exil au Canada depuis quatre parce que sa vie a été sérieusement menacée.
Souleymane Jules Diop avait annoncé depuis plusieurs semaines dans sa chronique et dans son émission radiophonique son intention de manifester à la cérémonie NABJ. Il n’ y a donc pas l’excuse de la surprise qui aurait entraînée « la réaction disproportionnée d’un élément isolé de la délégation du Président Wade ». Le traitement réservé à Souleymane Jules Diop résulte d’une stratégie mise au point par le Président de la République. L’utilisation de la violence à des fins politiques est une constante chez Abdoulaye Wade.

Lien vers la video (de qualité médiocre) de l’agression de Souleymane Jules Diop :

http://www.seneweb.com/news/elections2007/article.php?art...

22.07.2008

Le nouvel épouvantail

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On connaissait le camp présidentiel, maintenant nous devons compter avec le clan Gbagbo en attendant de découvrir la tribu de Mama. C’est le quotidien français Libération- jamais à cours de concepts quand il s’agit de calomnier le Président ivoirien- qui nous l’apprend. Exit « les escadrons de la mort », « le charnier de Yopougon », « les velléités génocidaires », l’avatar en cours d’une longue campagne de presse est la disparition à Abidjan en avril 2004 de Monsieur Guy-André Kieffer citoyen franco-canadien.
S’il n’y avait pas disparition d’homme, je rirai volontiers des pathétiques développements médiatiques- dont le quotidien Libération et Thomas Hofnung sont les porte-voix - de l’enquête du juge Ramaël. Dans l’article du jour, on apprend en introduction que le nom du Président Gbagbo n’est pas cité dans la disparition de GAK mais que « celui de son épouse, Simone Gbagbo, figure bien dans le dossier. » Quand on sait que Monsieur Berthé le « témoin fétiche» (le Procureur Tchimou dixit) du Juge Ramaël prétend que GAK après son enlèvement a séjourné deux jours dans les sous sols de la Présidence avant d’être amené dans la ferme de Tony Oulaї où il a été exécuté, on peut se poser des questions sur le Président. Même le contrôle de ses sous-sols lui échappe !!! Au Sénégal nous disons « Boye dê ala, na la gaїndé rèye » autrement dit : à mourir dans la forêt, il est préférable, que cela soit du fait du lion. Connaissant le Woody Gbagbo, il ne peut que se déclarer commanditaire de l’entreprise qui a impliqué son épouse, son Ministre sous ses pieds. C’est une question d’honneur. On est chef Bété pour la vie et toutes les circonstances.
A Libération, il est établi que l’on considère que le taux de mélanine est inversement proportionnel au niveau d’expertise. Il ne faut pas s’étonner que la thèse du Procureur Tchimou soit considérée par Thomas Hofnung comme farfelue. Inutile de préciser qu’il n’aurait pas tenu des propos similaires sur le troisième substitut du Procureur de Saint Brieuc. D’ailleurs quand il lui arrive de venir sur le « terrain » à Abidjan, c’est l’avis des experts de l’ambassade de France et de Licorne qui lui importe. Qu’importe que le Général Poncet économiste de son état se soit planté en décembre 2004 sur ses prédictions sur l’effondrement de l’économie ivoirienne. Que le génocide (de qui ?) tant annoncé, ne se soit pas produit.

A trop en faire, Thomas Hofnung finit par passer aux aveux comme lorsqu’il parle de l’initiative du Procureur Tchimou de demander la mise en examen des anciens collègues français de GAK dans sa disparition « Après avoir entrepris récemment de faire le ménage dans les filières café et cacao, gangrenées par la corruption, Laurent Gbagbo cherche apparemment à lever l’hypothèque d’une mise en cause de ses proches dans cette affaire, à l’approche de l’élection présidentielle en novembre. Pour ce faire, tous les moyens sont bons, y compris les plus farfelus ». Quel est le rapport entre les élections et la disparition de GAK ?
Au Sénégal, nous disons : « Ñou lajj kou dougueu ci wagn bi ? Nga tontou, lalou ma cin bi !! Littéralement, la traduction est la suivante : “à la question, qui est entré dans la cuisine, le coupable du vol des morceaux de viande répond je n’ai pas touché la marmite ”

20.07.2008

Journée sans presse lundi au Sénégal à l'appel d'un Comité de défense des journalistes

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Source APA News
Le Sénégal connaîtra lundi « une journée sans presse » décidée par les journaux, les radios, les télévisions et les sites web à l'appel du Comité de défense et de protection des journalistes suite aux violences policières infligées à deux reporters au mois de juin dernier à Dakar.

De nombreux responsables d'organes de presse ont confirmé leur adhésion à cet appel et s'organisent pour rendre effective cette journée du lundi sans presse.

Elle devrait se traduire par la fermeture durant 24 heures des stations audiovisuelles et la non parution de plusieurs titres de journaux ainsi que la non mise à jour de différents sites web sénégalais.

Selon un correspondant local de presse, l'observation de la grève signifie un boycott de la Cour d'Assises dont l'ouverture est prévue lundi simultanément dans certaines villes de l'intérieur du Sénégal.

«Cette journée de 24 heures sans information est un grand coup », se réjouit un reporter interviewé dans le journal de midi d'une radio privée dakarois de la bande FM, qui invoque du respect et des égards aux journalistes dans l'exercice de leur profession.

Ces derniers entretiennent avec les pouvoirs publics sénégalais des rapports souvent heurtés alimentés par un faisceau de malentendus qu'ils ne parviennent pas encore à dissiper.

La journée « sans presse » de lundi, qui démarre dimanche à 0 heure, traduit l'exacerbation de cette relation conflictuelle et apparaît « inédite » au Sénégal, selon des observateurs.

A plusieurs occasions, les journalistes sénégalais ont manifesté leur indignation lorsque deux des leurs avaient été violemment réprimés à Dakar par des éléments de la brigade d'intervention polyvalente à l'issue d'un victorieux match international de football du Sénégal contre l'équipe nationale du Liberia.

15.07.2008

La justice spectacle

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Le Procureur de la Cour Pénal Internationale (CPI), Monsieur Luis Moreno-Ocampo, a décidé de demander aux juges de la cour d'émettre un mandat d'arrêt contre le président soudanais pour "génocide" au Darfour. C’est pour la première fois qu’une telle procédure est engagée par cette juridiction contre un Président en exercice.
Depuis, l’annonce de la décision du Procureur auprès du TPI, c’est le branle bas au Soudan mais aussi au sein de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Le Président Béchir bande des muscles, en appelle à la mobilisation nationale, à la solidarité africaine et arabe. L’ONU s’inquiète du sort de ses personnels au Darfour et Jean-Marie Guéhenno le Responsable des opérations de maintien de la paix des casques bleus de déclarer ironiquement ( ?) « J'espère que les autorités soudanaises sauront distinguer un processus judiciaire de l'action des Nations unies. Ce sont deux processus indépendants. » De même George W. Bush a rencontré lundi son envoyé spécial pour le Soudan, Richard Williamson, et s'est dit "profondément inquiet de l'insécurité croissante et de l'impact que cela a sur les civils et sur les humanitaires qui risquent leur vie pour les protéger". La Chine et d’autres pays, l’Union Africaine et la Ligue Arabe également s’inquiètent de l’initiative du Procureur du TPI. Devant tant de réserves, la question est de savoir qui va exécuter la décision des juges du TPI, s’ils suivent le réquisitoire du Procureur ?

Cette demande du Procureur est un formidable coup d’éclat médiatique pour une institution dont l’acte fondateur n’est pas ratifié par la première puissance économique, politique, diplomatique, militaire… du monde à savoir les USA. D’autres puissances ont certes signé l’acte fondateur mais avec des réserves qui rendent inopérantes toutes les poursuites contre elles ou leurs ressortissants. La CPI peut juger Charles Taylor, Jean-Pierre Bemba mais pas Jacques Chirac le Président de l’État français qui a donné l’ordre de tirer à l’arme de guerre contre des manifestants civils à Abidjan en novembre 2004.

Il y a quelques jours, dans une convocation transmise par Radio France Internationale (RFI), Madame Simone Gbagbo et le Ministre d’État Paul-Antoine Bohoun Bouabré était invités à s’expliquer sur le fait que leurs noms revenaient - selon la partie française- sans cesse dans le dossier de la disparition de Guy-André Kieffer. Bien évidemment ces convocations illégales n’étaient pas destinées à contribuer à la manifestation de la vérité (il est certain que si ces deux personnes avaient répondu à la convocation, elles n’auraient trouvé nul responsable judiciaire pour les accueillir et encore moins auditionner). Leur unique fonction était de créer un buzz médiatique destiné à détourner l’attention de l’impasse dans laquelle se trouve une enquête ayant mobilisé beaucoup de moyens.

11.07.2008

Affaire Kieffer: vue d'Abidjan

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La justice ivoirienne demande la mise en examen de quatre fraçais:

http://www.izf.net/upload/AFP/francais/special/afrique/AF...

Gouvernement Nzassa

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La haute direction du RDR vient de qualifier, dans un communiqué sanctionnant sa réunion, de « mépris pour les consommateurs » la hausse des tarifs des hydrocarbures décidée cette semaine par le gouvernement ivoirien. Pour l’instance dirigeante de ce parti cette décision émane du « régime ». Cela est bien évidement faux, car les tarifs sont calculés sur la base de décrets pris en Conseil des Ministres

Je suis curieux de voir quelle suite sera donnée à ce manquement élémentaire à la solidarité gouvernementale. C’est une chose que, des dirigeants à titre individuel ou des journaux proches d’une sensibilité, critiquent l’action d’un gouvernement dans lesquels ils sont représentés. C’est une autre chose que l’instance dirigeante d’un parti représenté au gouvernement se mette à disqualifier un acte de gouvernement. Quand le FPI, s’en était pris publiquement au gouvernement de Seydou Diarra, c’était pour obtenir le départ de son chef. Les accords de Marcoussis ayant consacré le règne des partis et Seydou Diarra lui-même faisant la lecture de l’inamovibilité de son gouvernement. C’est la critique et la défiance internes, qui ont fini par convaincre tous les acteurs qu’il fallait un nouveau Premier Ministre.
Depuis les accords de Ouagadougou, même si on est resté dans le cadre de coalition gouvernementale regroupant les acteurs de Marcoussis, la légitimité des ministres est conférée par la confiance dont ils bénéficient de la part du Premier Ministre et du Président de la République.
C’est donc dire que l’acte posé par la direction du RDR est politique. On ne rédige pas un communiqué politique comme un tract d’une coordination étudiante. Quels sont alors les objectifs visés ? Les prochains jours nous le dirons, mais je pense qu’on peut avancer deux hypothèses. La première est que sentant la fin des gouvernements de partis issus de Marcoussis, le RDR veut aller au clash, pour mieux endosser la posture de l’opposition au projet politique de Gbagbo, lors de l’élection présidentielle de novembre 2008. L’autre hypothèse est que le RDR cherche a testé la volonté du Président et Premier Ministre à maintenir une cohésion gouvernementale jusqu’à l’élection.

Pour moi, une chose restera un mystère. Pourquoi le RDR et le PDCI restent au gouvernement, depuis qu’il est acquis que l’élection devrait avoir lieu au cours de l’année 2008 ? Un éloignement de quelques mois du « mangeoire » peut conférer pourtant une certaine « virginité ». Ce n’est pas un moindre argument dans une campagne électorale. Bon , il est vrai aussi que, je suis loin d’avoir tout compris.

10.07.2008

Convocations

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La provocation convocation de Madame Simone Gbagbo et de Monsieur Bohoun Bouabré continue de livrer ses mystères. Hier on apprenait dans un développement digne de la pire casuistique jésuite que la convocation était « non conventionnelle mais légale », aujourd’hui l’objectif qui est fixé à l’opération est de « maintenir la pression » sur le « … le camp présidentiel… » . Sachant que : « Les enquêteurs ne soupçonnent pas le couple présidentiel d'être impliqué directement dans cette affaire, mais certains cadres du régime liés aux milieux d'affaires, notamment ceux du cacao. » On convoque l’épouse d’un chef d’état étranger, parlementaire de son état, pour maintenir la pression, afin de mettre la main sur …« certains cadres ».

Je ne suis point juriste mais ce langage ne m’est pas étranger. C’est un discours politique que je lis à profusion dans la presse d’opposition ivoirienne. Si dans le contexte politique ivoirien on peut distinguer le camp présidentiel de son opposition, je me demande comment on peut intégrer cette dichotomie dans une instruction judiciaire.
Passons, puisqu’il semble que le but soit aussi de mettre la pression sur la France qui veut, après la visite de Kouchner, « tourner la page ». On convoque la Présidente du Groupe Parlementaire le plus important de l’Assemblée Nationale ivoirienne pour mettre la pression sur…la France.

La morale de l’histoire : quelque soit la pression que l’on prend en considération, le mépris et le manque de respect pour la Cote d’ivoire et ses institutions est le fondement de toutes ses actions.

08.07.2008

Affaire Guy- André Kieffer : la stratégie de la surenchère ?

5484c3dc971fc395974e4c7a1862a802.jpgLe juge Ramaël chargé du dossier de la disparition de Guy André Kieffer a convoqué pour le 10 Juillet 2008, Madame Simone Gbagbo- épouse du Président ivoirien, députée et Présidente du groupe parlementaire le plus important à l’Assemblée Nationale de ce pays- et Paul Antoine Bohoun Bouabré- Ministre d’État. Le juge souhaiterait les entendre en tant que témoins. C’est le site Internet de Radio France Internationale (RFI) qui nous l’apprend :

http://www.rfi.fr/actufr/articles/103/article_68345.asp

Que retenir de ce dernier rebondissement ? Il y a tout d’abord la coïncidence avec la conférence de presse annoncée pour ce jour, depuis la semaine dernière, du Procureur Tchimou. D’autre part pour entendre ces témoins le juge a –il besoin de les convoquer dans un autre pays ?
Le juge doit savoir que le fait d’aller répondre dans un pays tiers pour des faits supposés s’être déroulés dans son pays est une décision lourde de conséquences politiques pour les personnes citées. Simone Gbagbo et Paul Antoine Bohoun Bouabré ne se sont pas battus durant ces dernières années dans la grande mobilisation patriotique pour accepter ce type de convocations.
Il n’y a rien qui empêche le juge d’entendre les témoins à Abidjan, c’est donc dire que nous sommes dans une stratégie de surenchère

07.07.2008

L’État privatisé

78e82d394e463dcee5b69f123632a379.jpgLe document ci-dessous a été publié dans la presse sénégalaise du jour. C’est la lettre ouverte d’un entrepreneur que le Président Abdoulaye Wade a décidé de compter parmi ses ennemis pour des raisons politiciennes. Pour le neutraliser il n’hésite pas à utiliser les moyens de l’État et à casser un outil de production qui compte des centaines d’employés.


Pourquoi j’ai assigné l’Etat en Justice et pourquoi mes entreprises quittent le Sénégal, mon pays. Par Bara Tall

… L’entreprise Jean Lefebvre est installée au Sénégal depuis 56 ans, donc avant ma naissance. Bien que de droit français, son agence fut confiée en 1987 à des cadres sénégalais qui avaient fini d’y faire leurs preuves et j’eus la chance d’en être le premier Directeur non français.
Moins de dix ans plus tard, en 1996, cette agence de droit français fut transformée en filiale de droit sénégalais avec ma prise de participation dans le capital, et, quatre ans plus tard, après en avoir fait un des leaders du Btp dans la sous-région, j’en deviens l’unique propriétaire, avec la bénédiction et le soutien de mon ancien employeur français, le Groupe Vinci, N°1 mondial du Btp.
Ce statut de major entièrement sénégalais a renforcé le rôle citoyen de mon entreprise, qu’elle n’a du reste jamais cessé de jouer. Ce qui m’a souvent conduit à m’engager corps et âme dans la concrétisation de projets majeurs, sans que les moyens financiers de l’Etat ne suivent.
Ceci m’a valu à plusieurs reprises d’être encouragé, félicité et cité en exemple, publiquement, par les plus hautes autorités de cet Etat.
Du jour au lendemain, cet engagement citoyen a été retourné contre moi, pour des raisons que l’Histoire jugera. Pensait-on que je ne pouvais rien refuser à cet Etat ? Croyait-on que j’étais le plus malléable, car n’étant plus sous la tutelle d’une puissante multinationale étrangère ?
Je fus accusé, harcelé, puis jeté en prison pendant soixante-douze (72) jours.
J’ai été alors contraint de me défendre avec mes arguments et aujourd’hui, si cela s’avérait encore nécessaire, je continuerais de me défendre avec beaucoup plus d’arguments.
Je suis sorti de prison sans réellement savoir pourquoi j’y étais entré et, sans récrimination aucune, je suis retourné à mon travail et j’ai essayé de panser mes blessures et celles des miens, de recoller les fissures infligées à toutes mes activités qui vont au-delà du Btp, décidé que j’étais à ne pas me retourner, car ayant la conscience tranquille d’avoir fait exactement ce que j’avais à faire, si j’en jugeais par le soutien populaire dont j’ai bénéficié. J’en profite pour dire, encore une fois, Merci à tous.
Ce regard tourné vers l’avenir, dans le cadre strict de mes activités professionnelles, fut partagé, je dois à la vérité de le dire, par le président de la République, lors de l’audience fortement médiatisée qu’il m’a accordée à ma sortie de prison.
Malheureusement, comme du reste on me l’avait fait comprendre sans que j’y accorde un crédit quelconque, d’autres avaient décidé, au nom d’un supposé règlement de comptes (?), qu’il n’en serait rien. Mon avenir et celui de mes entreprises devraient forcément en pâtir.
J’ai entendu dire, sans y croire, qu’on allait me détruire, moi et mes entreprises. Pour cela, la consigne aurait été la paralysie totale de l’activité, accompagnée d’une asphyxie financière. Traduction concrète : Que je ne gagne plus de marché et que l’on bloque mes paiements des travaux déjà exécutés qui me permettraient de survivre. J’ai beau ne pas avoir cru à pareille chose, mais, un an et demi plus tard, force est de constater que je dois me résoudre à cette réalité :
Nous avons été systématiquement écartés de tous les appels d’offres sur lesquels nous étions les moins-disants – et qui devraient normalement nous revenir – pour des raisons diverses et variées, parfois complètement farfelues.
Les paiements de travaux exécutés et réceptionnés depuis deux ans ont été bloqués, utilisés à d’autres fins, bien qu’étant inscrits dans les budgets successifs de 2007 et 2008.
Ayant été privés d’un chiffre d’affaires d’une centaine de milliards, équivalent à plus de trois années d’activités, nous allions nous retrouver dans quelques mois avec une activité zéro dans notre propre pays où, pendant la même période, les entreprises étrangères qui étaient derrière nous se vantent aujourd’hui d’avoir triplé leur chiffre d’affaires.
Cette situation de privation délibérée d’activité et de rétention abusive de paiements nous a causé des préjudices énormes qui vont jusqu’à menacer la survie de nos entreprises.
C’est pourquoi, nous avons procédé à une estimation de ces préjudices et en demandons réparation à l’État qui, à l’origine et en dernier ressort, en est responsable. Il est très important de préciser que nous n’avons pas fixé le montant de la réparation demandée. Nous avons simplement tenu à évaluer le préjudice que nous estimons avoir subi, pour que ceux qui certainement n’auront pas la possibilité de tout réparer, compte tenu de la situation où le pays est plongé, sachent néanmoins ce qu’ils ont détruit.
En effet, en intentant cette action, notre priorité réside d’abord dans les principes et la morale de l’Histoire. Après la procédure administrative infructueuse, nous avons épuisé toutes les voies de négociation et de conciliation possibles et nous nous sommes toujours heurtés à un mur d’indifférence. Nous sommes donc aujourd’hui conduits à introduire, au nom de ces principes, une procédure contentieuse en assignant l’État sénégalais en Justice pour avoir le droit élémentaire de travailler honnêtement dans notre pays et de pouvoir jouir du fruit de ce travail. Tout simplement. Nous ne renoncerons jamais à ce droit. Nous ferons face. Judiciairement, médiatiquement.
En attendant, nul n’étant apparemment prophète en son pays, nous avions décidé par anticipation de nous délocaliser pour survivre, en attendant de revenir. Nous organisons notre émigration en renforçant notre installation en Gambie et dans les pays de l’Uemoa où nos investissements seront transférés. Nous remercions très sincèrement les autorités gambiennes de nous avoir grandement facilité la tâche en respectant, parfois même à l’avance, tous leurs engagements financiers.
Notre siège reste et demeure néanmoins au Sénégal car, comme il en a été ainsi jusqu’à ce jour, tout ce que nous aurons reviendra dans notre pays qui nous a tout donné.
Ceci pour dire, contrairement à ce que pensent certains, que nous ne déposons pas le bilan, nous ne disparaissons pas. Notre activité continue. Elle ne fait que se déplacer. En attendant des jours meilleurs.
Bara TALL - Ingénieur Polytechnique de Thiès - Chef d’entreprises sénégalais

04.07.2008

L’arrogance permanente

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Le processus de paix engagé depuis les accords de Ouagadougou a fini par avoir raison de tous les cassandres . La Cote d’ivoire n’a pas cessé depuis ces dix huit derniers mois de voguer de succès en succès, renouant avec les bailleurs de fonds les plus sceptiques sur le processus de paix, suscitant l’intérêt de nouveaux investisseurs. La libre circulation des personnes et des biens longtemps entravée, par la chape diplomatique exercée sur le pays et la complicité des forces françaises et de l’ONU avec la rébellion, est aujourd’hui une réalité. Les hommes politiques sillonnent le pays et essaient de rallier à leurs causes les populations. Le quotidien français Libération, d’une haine hystérique pour Gbagbo, n’a plus de mauvaises nouvelles à relayer. Bref, tout va pour le mieux. Sauf pour … les « spécialistes » de la Cote d’ivoire- qui se trompent depuis si longtemps- sans se remettre en cause :

http://www.humanite.fr/2008-07-02_International_-Des-elections-ne-regleront-rien

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