« 2008-06 | Page d'accueil
| 2008-07 »
02.07.2008
Docteur Honoris Blablateur !

Je n’aime pas le courant de pensées qu’incarne Bernard Kouchner. Je n’aime pas cette prétendue « gauche », occidentale, paternaliste qui croit que le monde est divisé en deux. Avec d’une part, ses tenants qui savent tout et dont les valeurs sont universelles, et d’autre part tous les autres qu’ils peuvent prendre parfois en sympathie, d’autre fois en grippe mais toujours du haut de leurs certitudes. Ce que Léopold Sédar Senghor appelait le « rendez-vous du donner et du recevoir » est inconnue de cette gauche. Pour cette « gauche », dans ses rapports avec l’Afrique par exemple, c’est « nous savons ce qui est bon pour vous ». Cette « gauche » inventrice du concept de devoir d’ingérence humanitaire qui ne s’applique que quand les intérêts du grand capital sont en jeu. Illustration : en Birmanie, le groupe pétrolier Total fait respecter les droits de l’homme dans les zones où il intervient… Au Niger, Aréva qui achète pour peanuts son uranium a le droit de financer une rébellion pour déstabiliser un État à qui, il est reproché d’être trop pauvre pour s’occuper des populations dont …les rebelles sont les représentants.
Je ne suis pas fan du personnage, qui est de tous les combats médiatiques mais rarement de ceux des droits de l’homme. La spécialité médiatique du Docteur Kouchner, est de crier plus fort que tous quand la meute est déchaînée. Il sait par exemple celui qui doit diriger le gouvernement du Zimbabwe :
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-36050477@7-3...
Je lui suggère, pendant qu’on y est, de faire de Benjani Mwaruwari le sélectionneur et capitaine de l’équipe de football du pays. Le docteur Nkomo sera ministre de la santé et le Docteur Kouchner lui-même cumulera avec ses fonctions actuelles celle de légataire exclusif des intérêts du peuple du Zimbabwe. Qui a dit que la conférence de Berlin était une mauvaise chose ?
Bon, il y a Thabo Mbeki pour rappeler certaines choses élémentaires :
http://www.izf.net/upload/AFP/francais/special/afrique/AF...
Qui a entendu le bon docteur Kouchner quand l’armée de son pays a tiré à l’arme de guerre contre des manifestants civils en novembre 2004 à Abidjan? Il ne peut pas dire qu’il ne savait pas ! Des personnes l’ont sollicité pour qu’il exprime ne serait ce que son trouble. Elles attendent encore….
Il y a quelques semaines, lui qui sait bien des choses à propos de la complicité de l’État français avec le régime Habyarimana, a utilisé l’euphémisme de « faute politique » pour qualifier l’engagement de son pays pendant la période du génocide des Tutsis rwandais. Ce service en dessous du minimum n’a pas plu à Juppé et Balladur, ils ont froncé leurs sourcils. Depuis les ambitions de l’introspection sont largement revues à la baisse.
Le bon Docteur Kouchner a une carrière politique trop linéaire, trop lisse pour faire croire qu’il est un forcené de la lutte pour un monde plus juste. Il a suffisamment donné de gages de sa volonté de préserver la raison d’État (y compris la moins reluisante) pour qu’on le prenne pour l’idéaliste au service des droits exclusifs de l’homme.
Qu’il continue à paraître pour ce qu’il n’a jamais été m’amène à lui décerner le titre de Docteur Honoris Blablateur.
15:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Kouchner, Droits de l'homme
Sénégal: les journalistes et techniciens en brassards noirs
Source : Walf Fadjri
Après leur marche du samedi 28 juin 2008, les journalistes décident de maintenir la pression sur les autorités étatiques pour que justice soit rendue à leurs confrères, tabassés par des agents de la police.
Les journalistes sénégalais n'entendent pas baisser les bras dans le combat qu'ils ont engagé pour le respect de la liberté de presse et la garantie par les autorités de leur sécurité physique dans le cadre de leur travail. Ainsi, après avoir organisé une marche qui a connu un succès éclatant, le Comité pour la défense et la protection des journalistes (Cdpj) s'est réuni hier pour faire monter l'adrénaline d'un cran en déclinant les prochaines phases de son plan d'action.
C'est ainsi que 'le comité appelle tous les professionnels de l'information et de la communication et toute personne qui se sent concernée par ce combat, à arborer des brassards noirs les mercredi 02 et jeudi 03 juillet 2008, en signe de protestation contre l'impunité qui semble se dessiner encore une fois'. Cependant, la lutte ne s'arrêtera pas là, puisque d'autres activités sont au programme. Le Cdpj compte internationaliser son combat en saisissant toutes les structures étrangères qui œuvrent pour le respect des libertés des journalistes. Parallèlement à ces actions, à partir de ce mardi, le comité pour la défense et la protection des journalistes va prendre contact avec les représentations diplomatiques au Sénégal pour établir un calendrier de rencontre avec les différents ambassadeurs accrédités à Dakar. Par ailleurs, 'le comité appelle tous les acteurs de la presse à maintenir la mobilisation et surtout à se tenir prêt à répondre aux futurs mots d'ordre'.
Tirant le bilan de sa marche du samedi 28 juin 2008, les responsables du Cdpj 'se félicitent de l'énorme succès de cette manifestation qui a connu une forte affluence, évaluée à au moins cinquante mille personnes'. La satisfaction du comité pour défense et la protection des journalistes est d'autant plus grande qu'il se réjouit que son initiative n'a connu aucun débordement. Et cela, à ses yeux, 'prouve, si besoin en était, l'adhésion des populations à ce combat qui ne vise en fait qu'à la manifestation de l'Etat de droit'
08:16 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Liberté, journaliste, Sénégal


