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18/06/2008

Assises Nationales du Sénégal: la danse du ventre d'Idrissa Seck

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L’ancien Premier Ministre Idrissa Seck s'était plaint de n’avoir pas avoir été invité aux Assises Nationales. Le « tort » réparé, voila qu’il pose un préalable.

Assises nationales / Lettre ouverte : Idrissa Seck répond à Amadou Moctar Mbow

Par Idrissa Seck

La sagesse de votre discours d'ouverture révèle une piste qui, poussée plus loin, permettra peut-être le retour à un climat propice au dialogue national que nous impose l'intérêt supérieur de la Nation. Vous dites ceci : « En tant que Président de ces assises, je voudrais dire haut et fort que je reconnais sans restriction la légitimité du Président de la République et des pouvoirs établis. Et rien dans ces Assises ne sera fait pour empêcher cette légitimité de s'exercer selon la Constitution et les lois de la République. »
Vous levez là indiscutablement le dernier obstacle au dialogue national perçu par le Président de la République qui devrait dès lors ne retenir des assises que ce que vous en dites vous-mêmes : « une volonté d'exercer les droits que vous confèrent vos qualités de citoyens libres dans un pays libre et démocratique, y compris celui de réfléchir sur les destinées de notre peuple et sur le présent et l'avenir de notre pays. »
Vous ajoutez « être en droit d'attendre le respect, la correction et le fair-play de la part de ceux qui ne partagent pas vos vues et votre démarche. » Vous avez les miens.
Ce que j'entends par aller plus loin dans votre sagesse et votre souci de l'intérêt national, Monsieur le Président, c'est de rencontrer à nouveau le Président de la république en vue de la participation de sa famille politique aux assises dès lors qu'est levé l'argument qui fondait son refus de dialoguer avec l'opposition : la reconnaissance de sa légitimité.
Je participerai aux Assises lorsqu'elles deviendront Nationales, c'est-à-dire inclusives de la Majorité, de l'Opposition et de la Société Civile. Leur succès et éclat ne seront garantis qu'avec la présence de tous. Elles rempliront alors pleinement leur fonction car aujourd'hui plus que jamais tous les fils de ce pays, sans exclusive, ont besoin de se parler.
La solution émerge sans peine de ce qui précède. Le Président de la République exerce pleinement sa prérogative constitutionnelle de définition de la politique de la Nation. Il décide alors de nourrir sa recherche de solutions aux multiples défis qui assaillent le pays, des apports féconds de toutes les compétences nationales sans distinction de race, de religion, de confrérie, d'ethnie et … d'opinion politique.
Dans sa recherche de solution au conflit israélo-palestinien, pourquoi ne se rendrait il pas en Israël et en Palestine à la tête d'une délégation incluant Ousmane Tanor DIENG , Moustapha NIASSE, Amath DANSOKHO, Abdoulaye BATHILY, comme récemment le Président de la République française au Liban avec François Hollande, François Bayrou et d'autres leaders de l'opposition française .
Ceux qui sont sceptiques doivent se souvenir qu'hier, dans l'opposition, l'actuel Président de la République a toujours su prendre l'exacte mesure des dangers d'un manque de dialogue entre le pouvoir et l'opposition et rejoindre le gouvernement de son adversaire, souvent contre l'opinion des radicaux de son parti.
L'ordinaire d'un pays sous développé impose déjà aux populations des souffrances considérables (manque d'eau, d'électricité, d'accès à l'éducation et à la santé, de carburant de gaz et … d'emploi). S'y ajoutent aujourd'hui les chocs des crises énergétique et alimentaire mondiales, lit propice à des tensions et explosions sociales.
Le Président de la République et son gouvernement ont la responsabilité de ne pas y surajouter les dangers d'une impasse politique. Sa première tâche, la nôtre aussi est donc d'éloigner de notre pays le spectre de la division, de l'instabilité et du conflit.
Monsieur le Président,
Je sais qu'une telle lettre peut surprendre de la part de celui qui subit depuis quatre ans les agressions politique, judiciaire et physique de sa propre famille politique mais la sagesse des anciens me sert toujours de refuge :
- « Sois résolu dans l'accomplissement de tes devoirs. Supporte les reproches injustes et dédaigne la vaine gloire. » Conseille Marc Aurèle ;« La vie d'un homme, même d'Etat est une insignifiance au regard du destin d'une Nation » enseigne De Gaulle ;
Plus fondamentalement et plus proche de nous, le Président Senghor arrivant au pouvoir avait sollicité et reçu les conseils des guides religieux. Sa moisson fut simple mais pas banale : « Veilles à ce que les citoyens travaillent et protèges les pour qu'ils jouissent du fruit de leurs efforts »Serigne Bassirou MBACKE Ibn Khadimou Rassoul (RTA).« Dans ton action suis ta raison et non ta passion ».Serigne Babacar SY (RTA)
Tout est dit ici pour bâtir un Sénégal de Paix, de Stabilité et d'opportunités économiques pour ses fils.
Qu'il soit donné à la classe dirigeante sénégalaise de le comprendre et d'avoir l'humilité de s'y engager.../.
Je vous prie de croire, Monsieur le Président, à l'expression des mes sentiments respectueux.

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