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31.05.2008

Assises nationales du Sénégal

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A l'occasion des Assises Nationales qui démarrent le 1er juin au Sénégal et qui vont réunir divers acteurs de la vie publique sénégalaise. je vous propose ce texte d'Ousmane Tanor Dieng Secrétaire général du Parti socialiste

A tous nos compatriotes que la harangue pitoyable des thuriféraires et des caudataires du régime libéral pourrait abuser, s'il s'en trouve, je veux convaincre d'une chose et d'une seule : les Assises nationales nous concernent tous directement.
Passons d'abord sur le procès d'intention que couvrent les assauts désespérés du pouvoir en place et de ses frotte-manches. Il a été reproché aux Assises nationales d'être une conférence nationale déguisée ou encore une entreprise de subversion. Il n'y a évidemment rien de plus faux et ceux qui le disent le font par ignorance autant que par malveillance.
En effet, la situation de notre pays, quoique désastreuse, n'est pas encore comparable au contexte des conférences nationales souveraines auxquelles avaient recours certains pays africains, au début des années 90, pour sortir de l'impasse. A l'époque, dans les pays concernés, les institutions étaient sinon inexistantes, du moins déliquescentes. Ici au Sénégal, les institutions existent, mais, elles sont contestées par l'opposition significative à cause de la triste absence de légitimité, de crédibilité et de fiabilité du processus de dévolution des pouvoirs dans l'Etat.
Il en résulte, pour nous, une posture de combat fondée sur la triple certitude du défaut d'âme d'un Sénat infâme, de l'illégitimité d'une Assemblée nationale issue d'une élection majoritairement boycottée par le peuple sénégalais et d'un Président proclamé à la suite d'un scrutin entaché de bout en bout de fraudes avérées et de nombreuses irrégularités.
Il s'agit d'une contestation des institutions que nous avons entamée dès après la publication des résultats de l'élection présidentielle en introduisant des recours en annulation du scrutin devant le Conseil constitutionnel, en lançant un appel au dialogue politique pour évaluer le scrutin présidentiel et, devant le mépris affiché à notre égard par le Président illégitime, en appelant, avec succès, au boycott des élections législatives. C'est notre combat et l'on s'y tient, en usant de toutes les actions et de tous les moyens que la République donne à ses citoyens pour hisser les combats patriotiques aux niveaux requis pour la nécessaire défaite du camp d'en face.
Nous mènerons ce combat politique indépendamment des Assises nationales qui ne doivent pas être perçues comme un prétexte pour faire le procès du régime en place, ni comme un tribunal pour dénoncer et condamner ses frasques et ses échecs. Cela, les instances régulières de nos partis s'en acquittent admirablement dans leurs contacts quotidiens avec les populations.
Les Assises nationales ne constituent pas non plus, quoiqu'en disent nos adversaires, une trouvaille du Front Siggil Senegaal pour assurer sa survie politique après le boycott des élections législatives. Il y a d'ailleurs de sérieuses raisons de s'inquiéter pour notre démocratie quand on entend pareil discours qui semble assimiler, dans une vision étriquée, la vie démocratique à la vie des institutions. Ils doivent savoir que dans une démocratie, il existe, hors le champ des institutions, d'autres espaces dédiés à la citoyenneté, des espaces qui définissent également les outils de régulation et les règles de pacification de la vie politique tout autant que la finalité de l'action politique.
Mais cela, nos adversaires n'en ont cure, comme ils se bercent de l'illusion majoritaire, celle-là qui les pousse à croire qu'ils disposent d'un blanc-seing illimité pour chaque jour faire reculer les limites du raisonnable et du tolérable. Pour leur gouverne, qu'ils sachent que la majorité électorale n'a jamais été statique et ne correspond pas toujours à la majorité sociologique. Ils se trompent donc ; ils se trompent même énormément. Dans un futur plus très lointain, cette majorité, du reste factice parce qu'obtenue par l'usage d'astuces et d'artifices frauduleux, tombera comme château de cartes.
Avec la même constance dans la mauvaise foi, le régime en place s'obstine, plutôt mal que bien, à accréditer l'idée que les Assises nationales sont celles du Front Siggil Senegaal. C'est la preuve d'une cécité et d'une surdité qui l'empêchent de saisir la perche des Assises pour renouer le fil du dialogue national rompu par la pratique solitaire et autoritaire du pouvoir. Mais, puisqu'il cherche, bien malgré lui, certainement, à couvrir de fleurs le Front Siggil Senegaal, qu'il sache que notre rôle aura été, après avoir compris que notre revendication politique initiale, fondée sur le constat inquiétant d'une profonde césure dans notre système démocratique, se diluait dans les flots des urgences du pays et après avoir également perçu que la crise avait largement débordé du cadre politique pour embrasser tous les secteurs de la vie nationale, d'en tirer la conséquence de l'urgence de concertations nationales, globales, directes et inclusives pour y trouver des solutions efficaces et durables.
C'était là une simple intuition rapidement confortée par la réactivité des différents segments de la Nation. En effet, dans nos contacts exploratoires, nous entendions toujours la même demande chez les travailleurs, le patronat, les opérateurs économiques, les paysans, les pasteurs, les pêcheurs, les enseignants, les retraités, les femmes, la jeunesse qui réclamaient tous, avec la même insistance, la tenue d'assises sectorielles. Dans ces conditions, la mission du Front Siggil Senegaal, après avoir identifié ce besoin pressant de dialogue exprimé par tous les segments de la société, consistait, avec d'autres, à mobiliser et à fédérer tous les secteurs et acteurs de la vie nationale dans un même cadre de concertations.
A partir de ce moment, ce qui était une idée, puis une initiative du Front Siggil Senegaal devenait un projet commun et une démarche partagée par toutes les composantes de la Nation qui se sont employées à lui donner une forme et un contenu à travers des termes de référence élaborés de manière consensuelle. Mieux, les organisations partenaires, qu'il s'agisse de celles issues de la société civile ou de celles socioprofessionnelles, jouent un rôle important, avec les plénipotentiaires des partis politiques, dans la conduite des Assises nationales à travers le Comité ad hoc et le bureau national.



Aujourd'hui, la majorité de nos compatriotes, à travers près de quatre-vingts organisations représentatives des différents segments de la société, se retrouvent au cœur des Assises nationales sans compter l'adhésion tout aussi pleine de symbole de grandes figures et de personnalités emblématiques vivant au Sénégal ou établies à l'étranger. Je ne doute pas que d'autres compatriotes, lorsqu'ils seront mieux imprégnés des justifications et des objectifs des Assises, prendront le train en marche. Je veux leur dire que les Assises sont ouvertes à tous les Sénégalais, sans exclusive et qu'à cet effet, mandat a été donné au Bureau des Assises nationales pour mener et poursuivre les contacts afin de persuader et d'inviter d'autres organisations et institutions à participer aux Assises.
Il y a également une autre question qui revient avec insistance dans la litanie du pouvoir relayée par quelques forces obscures obligées de justifier les prébendes perçues indument : que fera-t-on des conclusions des Assises nationales si le pouvoir actuel n'y prend pas part ? C'est évidemment là le type même du faux débat en ce sens que la question est mal posée.
Au lieu de chercher la réponse du côté du Front Siggil Senegaal, il faut plutôt se poser la vraie question : quel intérêt le Sénégal peut tirer de ces concertations à nulles autres pareilles ?
J'y répondrai d'abord en précisant, au sujet de la participation de l'Etat aux Assises nationales, que certains de ses démembrements sont présents aux Assises à travers des députés et des élus locaux. Sous cette réserve, même si nous l'avons souhaitée de longue date, nous n'avons jamais fait de la participation du régime d'Abdoulaye Wade une fixation, ni un critère d'évaluation des Assises.
J'y répondrai ensuite en rappelant que ces Assises constituent, dans la forme, un grand exercice de méthode et, dans le fond, un salutaire exercice de sauvetage de notre pays, qui permettront aux différents acteurs de la vie nationale d'examiner ensemble, de manière sereine et méthodique, les moyens de remettre à flots nos fondamentaux institutionnels, démocratiques, économiques et sociaux.
Elles sont un moment très fort dans la vie de notre Nation, où, renouant avec la tradition du dialogue, les différents segments de la société vont disséquer avec sérieux les problèmes du Sénégal et, je suis sûr, faisant foi à la qualité et à la personnalité des participants, au respect qu'ils inspirent et à la dignité qu'ils représentent dans leur domaine, que les Assises nationales nous donneront les clefs pour redresser le Sénégal et pour restaurer l'espoir chez les Sénégalais.
Ce dont il est donc question, c'est de parvenir, au moyen des ces Assises et en s'appuyant sur le pluralisme et la diversité, tout autant que sur le débat et la discussion, à trouver, dans le très court terme, des solutions à la tyrannie de la crise actuelle et à définir, dans les moyen et long termes, les réformes structurelles nécessaires à la viabilité et à la pérennité de l'Etat, de la République et de la démocratie et à l'efficacité de nos politiques économiques et sociales.
Il me semble, par ailleurs, utile de préciser que les Assises nationales seront un grand moment d'exercice de la démocratie consensuelle qui, en partant des acquis de notre histoire récente et lointaine et en traitant avec le même respect toutes les forces vives de notre pays, permettra à toutes les composantes de la Nation de s'entendre sur un diagnostic, sur des analyses et sur des solutions efficaces et durables à mettre en œuvre.
La méthode participative, qui a été jusqu'ici l'élément moteur de notre démarche, sera encore privilégiée, voire renforcée à travers les contributions des organisations représentatives des différentes composantes de la Nation, à travers également les consultations citoyennes et le forum sur Internet pour impliquer directement les Sénégalais de tout bord qu'ils vivent parmi nous ou à l'étranger.
C'est seulement au terme de ces discussions libres, sans préjugé, ni présupposé qu'une synthèse sera réalisée par consensus, admis comme seul mode de prise de décision. A mon sens, cela nous renvoie à deux évidences :
D'abord, seules les questions sur lesquelles les participants sont parvenus à un consensus feront l'objet de conclusions ; pour les autres, le débat restera ouvert de manière à rendre pérenne et permanent le dialogue national ;
Ensuite, les conclusions et recommandations des Assises nationales, parce qu'elles seront consensuelles, s'imposent à tous les participants et, par conséquent, engagent chacun à les appliquer et à les faire appliquer.
Notre pays pourra donc assurément tirer le meilleur parti des résultats des Assises nationales, avec le pouvoir actuel s'il consent à se débarrasser de sa puérilité congénitale et à renouer avec la lucidité en se joignant aux acteurs politiques, économiques et sociaux engagés dans les Assises nationales. A défaut, ces résultats pourraient servir de boussole pour l'avenir à tout autre pouvoir démocratiquement élu qui pourra alors les faire avancer et appliquer par la volonté et la dynamique conjuguées des forces sociales progressistes largement majoritaires dans notre pays.
Je m'en vais maintenant conclure non sans me réjouir, une nouvelle fois, de l'implication personnelle de certains grands hommes de notre pays et leur rendre un hommage appuyé pour leur dévouement à la cause nationale. Les attaques dont ils sont victimes et qui sont le fait de fanatiques enfermés dans leur ignorance délirante, sont injustes tant ces figures emblématiques de notre Nation inspirent le respect pour leur contribution décisive dans la lutte pour l'indépendance de notre pays et dans l'œuvre de construction nationale ainsi que pour leur constante disponibilité chaque fois que l'intérêt du Sénégal l'exige.
Enfin, le caractère à la fois inédit et novateur des Assises nationales suscite interrogations, incompréhensions et appréhensions. Il ne faut ni s'en outrer, ni s'en étonner. C'est le propre des conservateurs avec « un faux passé, celui qui s'inspire du présent » pour reprendre la formule de Roger Garaudy, de nourrir des réticences et des résistances face à la nouveauté.
A l'inverse, ils sont nombreux, nos compatriotes, qui voient dans la tenue des Assises nationales le symbole le plus achevé de l'exception sénégalaise, fierté de notre Nation qui a toujours su, en puisant dans le génie propre de son peuple, donner une chance aux solutions policées et trouver les ressorts nécessaires pour se surpasser et traverser les épreuves sans violence, ni effusion de sang.
C'est pourquoi, à nos compatriotes engagés dans le mouvement et aux autres encore plongés dans la réflexion, je puis assurer que le concept, le format et les résultats des Assises nationales apporteront des enrichissements indéniables à la scène politique nationale et africaine, à la vie économique et sociale de nos jeunes nations, à leur devenir et même à la science politique comparée des pays en développement qui cherchent encore leur chemin. Je n'en doute pas. N'en doutons point.

30.05.2008

Libération ne serait-il pas un peu haineux ?

9c6ac46bb88a8cdca505fd38a7d64933.jpgDepuis plusieurs semaines la Cote d’ivoire n’était plus dans les pages Monde de Libération. Les bonnes nouvelles venant de ce pays n’étaient pas reprises encore moins commentées. Les abonnés français qui s’intéressent à la crise ivoirienne n’ont pas eu d’éclairage sur le fait que les audiences foraines qui cristallisaient tant de passions ce sont déroulées finalement dans le calme. Rien, sur la réunification en cours du pays. Libération et Thomas Hofnung nous avaient habitué à plus, surtout quand il s’agissait de prédire le pire.
Hier à l’occasion de la diffusion d’un documentaire sur la disparition de Guy André Kieffer, Thomas Hofnung a rompu son silence sur Laurent Gbagbo et la Cote d’ivoire.

http://www.liberation.fr/actualite/ecrans/328894.FR.php

Que retenir de cet article ? Thomas Hofnung nous apprend que le documentaire est une reprise de l’enquête du juge chargé du dossier. Et que des proches du Président ivoirien seraient impliqués. En fait rien de nouveau par rapport à ce que l’on a pu entendre ou lire dans le passé.
Ce qui me semble nouveau, c’est l’affirmation selon laquelle GAK a pu torpiller- par ses articles- des transactions cacao contre armes. Cet argument ne me semble pas tenir la route pour deux raisons. La première est que je vois mal une importante opération financière torpillée par un article de la presse. En 2003, ni encore moins en 2004 la presse ne constituait un quatrième pouvoir en Cote d’ivoire. Si les articles de presse avaient ce pouvoir, Gbagbo serait parti 100000 fois du pouvoir, serait mort 10000 fois. De même Ouattara, Bédié ne seraient plus 10000 fois de ce monde. Rappelons seulement que les plus forts tirages en Cote d’ivoire dépassent à peine 25.000 exemplaires pour un pays qui compte 16 millions d’habitants.
D’autre part, il y avait un large consensus sur la nécessité de doter l’armée ivoirienne d’armes. La fierté que tiraient les ivoiriens de la flotte aérienne acquise durant cette période les a amené à descendre par centaines de milliers dans la rue en novembre 2004.
Mais le pompon sur le chapeau de cet article est le dernier paragraphe de T.H « Son corps n’a pas été retrouvé, mais ses proches ne se font plus d’illusion. Laurent Gbagbo, qui dit ne rien savoir, évoque une affaire d’une triste «banalité» (pour ne pas dire «un point de détail») ». Cette allusion à la phrase de Le Pen à propos de l’holocauste est d’une violence telle qu’on se demande pourquoi tant de haine? Il faut bien oser mettre en parallèle la négation d’un génocide et le fait déplorer sans grande compassion la disparition d’un Homme. Et on voit là comment la gauche bien pensante a préparé l’arrivée de Sarkozy au pouvoir. Par la confusion des genres et des registres, un antifascisme de pacotille, elle a permis la lepénisation des esprits dernier stade avant le Sarkozysme triomphant.

29.05.2008

Documentataire de Canal Plus sur la disparition de Guy André Kieffer

ccc42dcb7051826dd7feb230cd1b19bc.jpgLu sur Rue89 un article que consacre David Servenay, ancien reporter ( 1996-2007) à Radio France International, au documentaire de Canal Plus sur la disparition de Guy André Kieffer.

Disparition de Guy-André Kieffer: la piste du trafic d'armes

j'avoue que la lecture de l'article ne m'apprend rien et semble indiquer que l'on va vers une instruction à charge. On verra bien ce que donnera le documentaire.

27.05.2008

Arrestation de Jean-Pierre Bemba

Lu sur le blog de Colette Braeckmanb0cb46bcde6a869b23fdcb8e255d918a.jpgLe parti de Bemba dénonce la politisation de la CPI

26.05.2008

Bemba en prison, qui arrêtera Chirac et les autres ?

b3dc5b9f37a3898ce6e6b9aa336a1c34.jpgC’est une dépêche de L’AFP qui nous l’apprend « L'ex-vice-président de la République démocratique du Congo (RDC), Jean-Pierre Bemba, arrêté samedi à Bruxelles, est le premier suspect entre les mains de la Cour pénale internationale (CPI) dans l'enquête sur les crimes commis à grande échelle en Centrafrique.
Interpellé samedi soir à Bruxelles, Jean-Pierre Bemba, 45 ans, a été présenté dimanche après-midi à un juge d'instruction qui a ordonné son maintien en détention. La procédure de transfèrement du suspect vers le centre de détention de la CPI à La Haye pourrait prendre un à deux mois. »
Je suis curieux de savoir qui suivra Monsieur Bemba. Monsieur Patassé confortablement installé au Togo, qui avait fait appel aux troupes de Bemba ? Monsieur Chirac qui a accordé gîte, couverts et soutiens diplomatiques à celui (Bozizé) par lequel chienlit, guerre et massacres sont arrivés ? Que dire enfin des sieurs Deby et Khadafi sans lesquels des massacres ne peuvent se faire en Afrique Centrale?
Quand il était fort et participait à la mascarade appelée « transition démocratique » au Congo par la « communauté internationale », Bemba pouvait se rendre sans aucun risque en Belgique. Aujourd’hui les deux pays connaissent des moments tumultueux dans leurs relations et les belges se plaignent de l’influence croissante des chinois au Congo.
Monsieur Bemba n’est –il pas la rançon pour des retrouvailles entre le Président Kabila et le pouvoir Belge ? Si le transfèrement se fait, Kabila sera bien content, depuis plusieurs mois il cherche à se débarrasser à jamais de cet adversaire politique.

Suite mais pas fin !!

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L’attitude de Thabo Mbeki par rapport à la question sida ne peut faire l’économie du contexte de fin de l’apartheid où les priorités étaient la nécessité de changements rapides dans l’habitat, l’accès aux infrastructures de base et des niveaux minimums de ressources pour les masses populaires noires et métis. Dans Afrique du Sud d’avant 1994, la position sociale était déterminée, de par la loi, à la naissance… par la couleur de la peau. C’était tout pour les blancs et ce qui reste pour les populations de couleurs sachant que les noirs devaient être les derniers servis. Pour le gouvernement de l’ANC issu des scrutins populaires Il y avait des demandes pressantes alors que les marges de manœuvres étaient réduites par les accords économiques permettant la transition démocratique pacifique. Le parti et ses cadres n’étaient pas préparés à affronter le sida comme unique question prioritaire encore moins y consacrer les niveaux de ressources que recommandait la « communauté internationale ».
La question du sida a été marquée par deux phénomènes importants au cours des années quatre-vingt dix et le début des années 2000. De maladie contre laquelle la médecine et les sciences sanitaires peinaient à trouver remède, elle est devenue un enjeu de sécurité mondiale. Un organisme spécialisé de l’Onu a même été créé avec pour unique but de sonner la mobilisation mondiale contre la pandémie. Que ce soit la Banque Mondiale, le PNUD, il n'est pas un organisme onusien, multilatéral ou régional pour ne pas inscrire la question du sida dans son agenda. Les états- notamment africains- avaient compris depuis déjà un certain temps qu’il était de leur intérêt d’avoir chacun leur « programme national de lutte contre le sida ». Cette même période a vu la montée en puissance des organisations de malades du sida qui rompaient le rapport paternaliste médecins malades et se voulaient aussi –entre autre au nom de l’expérience pathologique vécue- porteuses d’une expertise. Grâce à cette « expertise » ces associations vont être cooptées dans toutes les instances de décision. Ces mouvements associatifs pour l'essentiel issu des pays riches seront la caution morale et l’incarnation de la prise en compte du bien public dans le champ de la lutte contre le sida. C’est au nom des délibérations incluant ces associations qu’en 1999 par exemple, ONUSIDA recommandait aux ministres des finances des pays africains de diminuer leurs budgets en matière de sécurité sociale, d'éducation, de santé, de développement rural et des infrastructures afin de disposer de fonds supplémentaires pour la lutte contre le SIDA. On a également vu le district Kyotera, une ville de la région de Rakai, dépensé une large part de son budget dans la lutte contre le SIDA étant donné qu'il est supposé être un des plus touchés par l'épidémie. En dépit des millions de dollars liés aux fonds d'aide humanitaire, malgré les campagnes d'abstinence et la distribution de préservatifs, la population de Kyotera doit toujours, presque tout au long de l'année, aller puiser son eau dans un trou sans protection qu'elle partage avec le bétail.


La période sus mentionnée était également celle où l’industrie pharmaceutique avait mis au point des traitements qui administraient la preuve de leur efficacité. En dépit de tout bon sens économique, cette industrie prétendait qu’il n’était pas possible d’agir sur les prix et que la trithérapie annuelle devait coûter au bas mot 10000 US $. Cette somme représentait près de dix fois le revenu par tête d’habitants du continent comptant les trois-quarts des personnes infectées. C’était aussi une période ou des scénarii aussi apocalyptique les uns que les autres prédisaient en termes à peines voilés une disparition à plus brève échéance de certains pays voire de l’Afrique Subsaharienne entière. Ainsi à propos de l’Ouganda les prévisions annonçaient déjà la ruine quasi inévitable du pays dans lequel l'épidémie mondiale avait commencé. Dans le Newsweek du 1er décembre 1986 On pouvait déjà lire dans un article: « La maladie sévit à son niveau culminant dans la Région de Rakai, dans le Sud Ouest de l'Ouganda où on estime à 30% la part de la population séropositive.» L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) corroborait: «En juin 1991, 1,5 millions d'Ougandais, soit 9% de la population et 20% de la population sexuellement active, étaient infectés par le VIH». En 2002, toutes ces prévisions à propos de l’Ouganda vont être balayées par le recensement de la population ougandaise. Dans le rapport final le Bureau des Statistiques ougandais déclare : « La population ougandaise a connu une croissance annuelle moyenne de 3,4% entre 1991 et 2002. Ce taux élevé de croissance démographique est principalement dû au taux de fertilité constamment haut (environ 7 enfants par femme) que l'on a pu observer ces 40 dernières années. La baisse de mortalité, que l'on retrouve également dans les taux de mortalité infantile et du nourrisson comme indiqué dans les Etudes sur la Démographie et la Santé ougandaises de 1995 et 2000-2001, a également contribué au taux élevé de croissance démographique». Autrement dit, le taux de croissance démographique, déjà élevé il y a 10 ans, s'est encore accru au cours de cette décennie et il se retrouve maintenant parmi les plus élevés au monde. Parallèlement, le développement économique a lui aussi été en croissance constante sur la même période de temps, démontrant ainsi l'énergie et la détermination des Ougandais à améliorer leurs conditions de vie.

On mentionne souvent l'action énergique du gouvernement et des organisations d'aide humanitaire ainsi que les nombreuses campagnes contre le SIDA comme ayant favorisé un changement des comportements sexuels et par là même, une réduction des infections par VIH. Ce raisonnement, cependant, ne tient pas au regard des indicateurs de comportements sexuels en Ouganda, comme l’a montré l’enquête sur les ménages de 2001.
A suivre

24.05.2008

L’Afrique du sud, le Président Thabo Mbeki et le New-York Times

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Dans un éditorial au vitriol et d’une violence inhabituelle –pour ne pas être soulignée- dans la presse anglo-saxonne, le New-York Times s’attaque ce jour au Président sud-africain. Dans cet article qui prend pour prétexte les violences meurtrières et xénophobes en cours dans le pays, il lui est reproché notamment ses nombreux échecs ou manquements. Selon ce journal, le Président Thabo Mbeki a galvaudé l’héritage de la révolution démocratique de 1994, refusé de suivre la voie tracée par Nelson Mandela dans la consolidation de la nation arc-en-ciel. Il lui est également reproché d’avoir eu des positions controversées sur les causes du sida, et d’avoir eu comme ministre de la santé une femme qui encourageait les méthodes alternatives aux antirétroviraux dans la lutte contre la pandémie. La situation au Zimbabwe a été également reprochée à Mbeki , notamment son attentisme lors des retards observés dans la publications des résultats mais aussi le fait qu’il n’est pas utilisée la puissance de l’état sud –africain pour se débarrasser du « tyran » du Zimbabwe. Enfin cerise sur le gâteau, il est reproché au Président Thabo Mbeki d’avoir dilapidé les fruits de la croissance du pays au profit de la l’oligarchie de l’ANC.
Je pense que Thabo Mbeki doit être habitué aux diatribes des tenants de la gauche bien pensante occidentale. Pour ces phares de l’humanité, nul besoin pour les peuples et les élites de l’Afrique (c’est l’exemple que je connais) de voir par eux même les problèmes qui leur sont posés. On réfléchit pour eux et ils doivent exécuter !!Ces posts de Théo et de Delugio apportent de l’eau à mon moulin. Que dire du Zimbabwe, du Sida et de la situation des inégalités en Afrique du Sud ?
En 1999 et en 2000, Thabo Mbeki s’était lancé dans un débat inopportun- à son niveau de responsabilité- sur l’origine du Sida, estimant que la propagation de l’épidémie dans la société sud-africaine avait un rapport plus important à la pauvreté qui sévissait qu’au virus lui-même. Cette position a été vite caricaturée par les organisations de lutte contre le sida (bien aidée par l’industrie pharmaceutique) qui l’ont présenté comme la négation de l’origine virale de la maladie. Ce que Thabo Mbeki disait était connu depuis un certain temps. Il faut, en effet, des conditions socio-économiques et environnementales particulières pour faire que la rencontre d’un Homme avec un organisme pathogène (virus, bactérie ou parasite) entraîne la maladie chez celui-ci et se propage ensuite dans tout le corps social déterminant ainsi ce que l’on appelle une épidémie. Sa ministre de la santé Manto Tshabalala-Msimang est une partisane des produits alternatifs aux antirétroviraux. On ne peut pas dire qu’elle a fait tout son possible pour rendre leur usage universel. A l’appui de son approche, il y avait bien évidemment des travaux scientifiques de qualité. Peut on dire pour autant que cette approche a sacrifié des vies au profit de combats idéologiques ? Rien n’est moins sûr eu égard à une information peu commentée parue dans le rapport 2007 de l’organisme onusien chargé de la lutte contre le sida. Dans ce rapport l’Onusida admet s’être trompée dans l’évaluation des personnes touchées par la pandémie et que les scénarii qu’elle a envisagé il y a quelques années pouvaient être remis en cause. Les procès faits à l’administration Mbeki tirent leur argumentaire pour une bonne part des statistiques de l’Onusida.

A suivre

23.05.2008

Aimez ces aires de Wade !!!

a8c1f9792e5b3e78af838884007434ff.jpgLe génie de l’Afrique, le chef d’état le plus diplômé du Cap au Caire et de Monrovia à Mombassa est aussi poète et auteur-compositeur. A preuve son Hymne de l’Afrique (qu’il a fait exécuter par la fanfare de l’armée sénégalaise le jour de sa prestation de serment !!!).
Je vois l’éclectique Edgar Yapo trémousser de bonheur à la lecture de ces magnifiques vers. Il y a la poésie depuis Wade.
Un nouveau Afriktag ! Edgar un nouveau Afriktag!!

Paroles d'A. WADE
Première partie : SÉNÉGAL

I
Surgis de nos campagnes
Des villes et des faubourgs
A l'appel de la patrie,
Voici le Sénégal

Refrain

Sénégal ! Sénégal ! (bis)
Combattants de la liberté
Sénégal ! Sénégal!( bis)
En avant ! En avant !
En avant !

Seconde partie : AFRIQUE

II
De la mer à la campagne
La savane et la forêt,
A l'appel de Mère Afrique,
Voici les Africains

Refrain
Africains ! Africains ! (bis)
Combattants de la liberté
Africains ! Africains ! (bis)
En avant ! En avant !
En avant !


III
Jeunes gens et jeunes filles,
Ouvriers et paysans,
Accourons sauver l'Afrique,
Voici les Africains.

Au refrain

22.05.2008

Mister Grande Gu… *!

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Le ministre des Affaires étrangères, Moses Wetangula, du gouvernement de partage du gâteau en place au Kenya a cru devoir donner des leçons aux sud-africains. Il a déclaré mardi que les attaques xénophobes ciblant les étrangers préoccupaient grandement le Kenya et tous les autres Africains, et doivent être condamnées par la communauté internationale. « L’Afrique du Sud est le dernier pays qu'on aurait imaginé plonger dans la xénophobie", a déclaré le très inspiré ministre rappelant que "pendant le chemin difficile vers l'indépendance, les sud-africains s'étaient expatriés sur tout le continent".
Je trouve particulièrement fort de café les leçons de morale que ce Monsieur qui siège dans un gouvernement pléthorique, animé par deux chefs qui s’accusaient il y a quelques semaines de visées génocidaires, tente de donner. Il y a quelques semaines Moses Wetangula et ses comparses par leurs déclarations fracassantes, les messages de haine qu’ils lançaient ont entraîné des violences qui ont fait plus d’un millier de morts, des milliers de blessés et des centaines de milliers de déplacés. Ces distingués messieurs siègent dans un gouvernement prétendument issu d’un scrutin dont les résultats comptent pour du beurre.
Il y a deux jours je soulignais ma préoccupation par rapport à ce qui se passe en Afrique du Sud. Les attaques xénophobes ont fait au dernier décompte 42 morts et 16000 déplacés. La police a arrêté plus de deux cent personnes impliquées dans ces violences.
L’état sud- africain, la société civile et les partis politiques sont mobilisés pour lutter contre les violences. D’abord il n’y a aucune ambiguïté quand à la qualification des faits. En Afrique du Sud, on parle d’attaques xénophobes. On ne dit pas « évènements » comme je l’ai entendu lors du génocide des tutsi au Rwanda ou lors des pogroms croisés entre le Sénégal et la Mauritanie en 1989. Hier, le Président Thabo Mbeki a réquisitionné l’armée qui va venir en soutien à la police dans la province de Gaudeng épicentre des violences. Au cours de cette même journée il y a eu des manifestations contre les attaques xénophobes. Madame Winnie Madikizela-Mandela membre du comité exécutif de l’ANC a visité le township d’Alexandra, elle y a exprimé sa tristesse, sa compassion aux victimes, condamné les violences.
Il sévit en Afrique du Sud des violences xénophobes localisées dans la province de Gauteng et en particulier la métropole de Johannesburg. Face à cette situation les efforts déployés tardent à apporter la preuve de leur efficacité. Il y a urgence mais cela n’autorise pas les cyniques à se payer une vertu.

*Titre 7 Album Alpha Blondy Jah Victory Mediacom

21.05.2008

Une centaine de baleines échouent sur la plage de Yoff

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Source : African Global News

Désolant spectacle qui s’est offert aux populations de Yoff, dans la soirée de ce mardi. De la plage de Tongor jusqu’au quartier Layène, jonchent par terre un nombre impressionnant de baleines dont la plupart étaient encore en vie à notre passage tard dans la soirée.
On pouvait en dénombrer une centaine. De petites comme de grandes dont la taille avoisinait cinq mètres. Certaines chantaient encore ou remuaient la queue que fouettaient la brise marine et les vagues qui échouaient mollement sur le rivage. Triste spectacle que de voir ces nombreux corps jonchés tout le long de la plage, sous le regard compatissant, mais impuissant des riverains et des curieux.
Certains ont déjà tenté en vain d’avertir Haïdar El Ali, l’écologiste et patron de l’Oceanium. D’autres alertaient les medias. Que faire ? Les remettre dans la mer ? Par quels moyens ? D’autres pensent que c’est peine perdue. "Les baleines sont solidaires face à la mort. De toute façon, elles reviendront sur la plage".
Ces propos ne sont pas dénués de sens si on sait que l’idée d’un suicide collectif des baleines a été toujours agitée. Rejetée par les scientifiques dont certaines études, celles de l’université de Géorgie par exemple, considèrent que l’échouement serait une réponse primitive au stress ; selon les informations contenues sur le site dark-stories.com, les baleines suivraient un antique instinct de retour vers la sécurité de la terre ferme, dont, en bons mammifères, elles proviennent.
Selon la même source, des scientifiques anglais de l’université de Cambridge croient pour leur part que les baleines s’échoueraient lorsqu’elles sont perturbées par des variations soudaines du magnétisme terrestre. Elles suivraient des lignes qui mènent généralement sur la côte, mais de temps à autre, à terre.
Sur la plage de Yoff, aucune solution n’était encore envisagée, même après le passage des agents du service de la pêche.
Pour les jeunes qui commençaient à s’habituer au spectacle (les échouements des cétacés ont débuté vers 19 heures), la présence d’un photographe avait créé un drôle d’effet chez eux. Ils ont voulu immortaliser la scène en demandant d’être pris en photo, debout ou assis sur une baleine. C’était la seule idée qui pouvait certainement leur traverser l’esprit dans un pays comme le Sénégal où la viande de baleine n’est pas aussi appréciée qu’au Japon.
Il n’est pas besoin d’être divin pour savoir que c’est un drame que de laisser les baleines passer la nuit sur la plage. Ce mercredi, quand le soleil dardera ses rayons sur ces corps habitués à vivre dans la fraîcheur de la mer, il sera déjà trop tard.
Et l’on oubliera le sort de ces malheureux cétacés pour se pencher sur le danger que leur décomposition va causer pour les populations riveraines mais aussi pour la mer.

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