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26/05/2008

Suite mais pas fin !!

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L’attitude de Thabo Mbeki par rapport à la question sida ne peut faire l’économie du contexte de fin de l’apartheid où les priorités étaient la nécessité de changements rapides dans l’habitat, l’accès aux infrastructures de base et des niveaux minimums de ressources pour les masses populaires noires et métis. Dans Afrique du Sud d’avant 1994, la position sociale était déterminée, de par la loi, à la naissance… par la couleur de la peau. C’était tout pour les blancs et ce qui reste pour les populations de couleurs sachant que les noirs devaient être les derniers servis. Pour le gouvernement de l’ANC issu des scrutins populaires Il y avait des demandes pressantes alors que les marges de manœuvres étaient réduites par les accords économiques permettant la transition démocratique pacifique. Le parti et ses cadres n’étaient pas préparés à affronter le sida comme unique question prioritaire encore moins y consacrer les niveaux de ressources que recommandait la « communauté internationale ».
La question du sida a été marquée par deux phénomènes importants au cours des années quatre-vingt dix et le début des années 2000. De maladie contre laquelle la médecine et les sciences sanitaires peinaient à trouver remède, elle est devenue un enjeu de sécurité mondiale. Un organisme spécialisé de l’Onu a même été créé avec pour unique but de sonner la mobilisation mondiale contre la pandémie. Que ce soit la Banque Mondiale, le PNUD, il n'est pas un organisme onusien, multilatéral ou régional pour ne pas inscrire la question du sida dans son agenda. Les états- notamment africains- avaient compris depuis déjà un certain temps qu’il était de leur intérêt d’avoir chacun leur « programme national de lutte contre le sida ». Cette même période a vu la montée en puissance des organisations de malades du sida qui rompaient le rapport paternaliste médecins malades et se voulaient aussi –entre autre au nom de l’expérience pathologique vécue- porteuses d’une expertise. Grâce à cette « expertise » ces associations vont être cooptées dans toutes les instances de décision. Ces mouvements associatifs pour l'essentiel issu des pays riches seront la caution morale et l’incarnation de la prise en compte du bien public dans le champ de la lutte contre le sida. C’est au nom des délibérations incluant ces associations qu’en 1999 par exemple, ONUSIDA recommandait aux ministres des finances des pays africains de diminuer leurs budgets en matière de sécurité sociale, d'éducation, de santé, de développement rural et des infrastructures afin de disposer de fonds supplémentaires pour la lutte contre le SIDA. On a également vu le district Kyotera, une ville de la région de Rakai, dépensé une large part de son budget dans la lutte contre le SIDA étant donné qu'il est supposé être un des plus touchés par l'épidémie. En dépit des millions de dollars liés aux fonds d'aide humanitaire, malgré les campagnes d'abstinence et la distribution de préservatifs, la population de Kyotera doit toujours, presque tout au long de l'année, aller puiser son eau dans un trou sans protection qu'elle partage avec le bétail.


La période sus mentionnée était également celle où l’industrie pharmaceutique avait mis au point des traitements qui administraient la preuve de leur efficacité. En dépit de tout bon sens économique, cette industrie prétendait qu’il n’était pas possible d’agir sur les prix et que la trithérapie annuelle devait coûter au bas mot 10000 US $. Cette somme représentait près de dix fois le revenu par tête d’habitants du continent comptant les trois-quarts des personnes infectées. C’était aussi une période ou des scénarii aussi apocalyptique les uns que les autres prédisaient en termes à peines voilés une disparition à plus brève échéance de certains pays voire de l’Afrique Subsaharienne entière. Ainsi à propos de l’Ouganda les prévisions annonçaient déjà la ruine quasi inévitable du pays dans lequel l'épidémie mondiale avait commencé. Dans le Newsweek du 1er décembre 1986 On pouvait déjà lire dans un article: « La maladie sévit à son niveau culminant dans la Région de Rakai, dans le Sud Ouest de l'Ouganda où on estime à 30% la part de la population séropositive.» L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) corroborait: «En juin 1991, 1,5 millions d'Ougandais, soit 9% de la population et 20% de la population sexuellement active, étaient infectés par le VIH». En 2002, toutes ces prévisions à propos de l’Ouganda vont être balayées par le recensement de la population ougandaise. Dans le rapport final le Bureau des Statistiques ougandais déclare : « La population ougandaise a connu une croissance annuelle moyenne de 3,4% entre 1991 et 2002. Ce taux élevé de croissance démographique est principalement dû au taux de fertilité constamment haut (environ 7 enfants par femme) que l'on a pu observer ces 40 dernières années. La baisse de mortalité, que l'on retrouve également dans les taux de mortalité infantile et du nourrisson comme indiqué dans les Etudes sur la Démographie et la Santé ougandaises de 1995 et 2000-2001, a également contribué au taux élevé de croissance démographique». Autrement dit, le taux de croissance démographique, déjà élevé il y a 10 ans, s'est encore accru au cours de cette décennie et il se retrouve maintenant parmi les plus élevés au monde. Parallèlement, le développement économique a lui aussi été en croissance constante sur la même période de temps, démontrant ainsi l'énergie et la détermination des Ougandais à améliorer leurs conditions de vie.

On mentionne souvent l'action énergique du gouvernement et des organisations d'aide humanitaire ainsi que les nombreuses campagnes contre le SIDA comme ayant favorisé un changement des comportements sexuels et par là même, une réduction des infections par VIH. Ce raisonnement, cependant, ne tient pas au regard des indicateurs de comportements sexuels en Ouganda, comme l’a montré l’enquête sur les ménages de 2001.
A suivre

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