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24/05/2008

L’Afrique du sud, le Président Thabo Mbeki et le New-York Times

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Dans un éditorial au vitriol et d’une violence inhabituelle –pour ne pas être soulignée- dans la presse anglo-saxonne, le New-York Times s’attaque ce jour au Président sud-africain. Dans cet article qui prend pour prétexte les violences meurtrières et xénophobes en cours dans le pays, il lui est reproché notamment ses nombreux échecs ou manquements. Selon ce journal, le Président Thabo Mbeki a galvaudé l’héritage de la révolution démocratique de 1994, refusé de suivre la voie tracée par Nelson Mandela dans la consolidation de la nation arc-en-ciel. Il lui est également reproché d’avoir eu des positions controversées sur les causes du sida, et d’avoir eu comme ministre de la santé une femme qui encourageait les méthodes alternatives aux antirétroviraux dans la lutte contre la pandémie. La situation au Zimbabwe a été également reprochée à Mbeki , notamment son attentisme lors des retards observés dans la publications des résultats mais aussi le fait qu’il n’est pas utilisée la puissance de l’état sud –africain pour se débarrasser du « tyran » du Zimbabwe. Enfin cerise sur le gâteau, il est reproché au Président Thabo Mbeki d’avoir dilapidé les fruits de la croissance du pays au profit de la l’oligarchie de l’ANC.
Je pense que Thabo Mbeki doit être habitué aux diatribes des tenants de la gauche bien pensante occidentale. Pour ces phares de l’humanité, nul besoin pour les peuples et les élites de l’Afrique (c’est l’exemple que je connais) de voir par eux même les problèmes qui leur sont posés. On réfléchit pour eux et ils doivent exécuter !!Ces posts de Théo et de Delugio apportent de l’eau à mon moulin. Que dire du Zimbabwe, du Sida et de la situation des inégalités en Afrique du Sud ?
En 1999 et en 2000, Thabo Mbeki s’était lancé dans un débat inopportun- à son niveau de responsabilité- sur l’origine du Sida, estimant que la propagation de l’épidémie dans la société sud-africaine avait un rapport plus important à la pauvreté qui sévissait qu’au virus lui-même. Cette position a été vite caricaturée par les organisations de lutte contre le sida (bien aidée par l’industrie pharmaceutique) qui l’ont présenté comme la négation de l’origine virale de la maladie. Ce que Thabo Mbeki disait était connu depuis un certain temps. Il faut, en effet, des conditions socio-économiques et environnementales particulières pour faire que la rencontre d’un Homme avec un organisme pathogène (virus, bactérie ou parasite) entraîne la maladie chez celui-ci et se propage ensuite dans tout le corps social déterminant ainsi ce que l’on appelle une épidémie. Sa ministre de la santé Manto Tshabalala-Msimang est une partisane des produits alternatifs aux antirétroviraux. On ne peut pas dire qu’elle a fait tout son possible pour rendre leur usage universel. A l’appui de son approche, il y avait bien évidemment des travaux scientifiques de qualité. Peut on dire pour autant que cette approche a sacrifié des vies au profit de combats idéologiques ? Rien n’est moins sûr eu égard à une information peu commentée parue dans le rapport 2007 de l’organisme onusien chargé de la lutte contre le sida. Dans ce rapport l’Onusida admet s’être trompée dans l’évaluation des personnes touchées par la pandémie et que les scénarii qu’elle a envisagé il y a quelques années pouvaient être remis en cause. Les procès faits à l’administration Mbeki tirent leur argumentaire pour une bonne part des statistiques de l’Onusida.

A suivre

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