topblog Ivoire blogs

19/05/2008

Amandla !

4557fac7a4b52a56f01997c544e3c299.jpg

Que de tristesse a l’évocation des nouvelles venant du pays de Walter Sisulu, Nelson Mandela, Thabo Mbeki, Benjamin Moloїse et Steve Biko. Oui beaucoup de tristesse devant la chasse aux immigrés, en particulier les Zimbabwéens. Des milliers d’entre eux fuient leurs maisons dans la panique à Johannesburg. Une semaine après leur début les attaques xénophobes qui sévissent dans les quartiers pauvres de la ville, ont fait au moins 22 morts.
Dans une atmosphère qui rappelle étrangement la fin des années 80 et le début des années 90 dans le Kwazulu- Natal des bandes de sud-africains écument les townships et les quartiers défavorisés de la plus grande ville du pays à la recherche de ceux que l’on présente comme les fossoyeurs de l’économie et du bien être des sud-africains. Munis de machettes et d'armes à feu, ils ont tué et blessé des étrangers, les forçant à fuir leurs masures en flammes et en immolant même certains par le feu. Ces actes de violence xénophobe ont débuté le 11 mai dans le bidonville d'Alexandra, où deux personnes ont été tuées, et se sont étendues à tout Johannesburg ce week-end.
Il y a une quinzaine d’années dans son ouvrage autobiographique* Nelson Mandela n’éludait pas la question de la violence au sein de la société sud-africaine et en expliquait avec pertinence les ressorts. Certains de ces ressorts quatorze ans après la fin de l’apartheid en tant que système politique officiel, persistent malgré le fait que nous ayons un gouvernement issu d’un scrutin dans lequel la voix de chaque personne compte. Le slogan « one man one vote » pour être entré dans les moeurs n’est plus pertinent pour mobiliser les masses. Ce n’est pas pour autant qu’il ne reste pas des bastilles à conquérir. La mixité raciale ne touche qu’un infime partie du tissu social. Une classe moyenne représentative de la diversité raciale tarde a émergé. La vie culturelle reste dominée par les blancs et une expression de la diversité n’est pas encore construite. Si au sein des instances du football une place est faite aux blancs dans les celles du rugby il faut le talent extraordinaire de Bryan Habana pour être reconnu. Des exemples de ce type, il en existe beaucoup au sein de la nation qui se veut arc en ciel.
Il est temps de procéder à la révolution qui permettrait de solder tous les comptes de l’apartheid !!!


* Un long chemin vers la liberté (Poche) Mandela Nelson

Commentaires

Mon point de vue sur ce pays est qu'il revient de loin, de très loin même. Le fait que la fin de l'apartheid se soit faite pacifiquement est déjà une belle leçon pour le monde, et notamment pour Israël & la Palestine pour ne pas les nommer. Après il est vrai que des tares subsistent,comme dans toute société. Je n'ai pas eu vent de l'info que tu relayes là mais ma première impression est qu'en général quand la crise économique devient insupportable, les premiers boucs émissaires sont souvent les étrangers, ça se vérifie dans toutes les sociétés...et la RSF ne fait pas exception. Attention, je ne cautionne pas cela pour autant. maintenant espérons que les politiciens locaux ne surfent pas sur cette vague xénophobe pour engranger quelques voix aux prochaines élections.

Pour la mixité sociale, espérons qu'une classe moyenne sud africaine émerge et fasse bouger les choses...un peu à l'image de ce qui se passe aux USA avec la ville d'Atlanta.

Écrit par : Djé | 19/05/2008

Les commentaires sont fermés.