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06/05/2008

Ré ( ?) inventer la gauche africaine* ?

Je me dois d’expliquer ma démarche. Je ne suis qu’au début de ma réflexion et je ne sais pas où elle me mènera. Le titre de cette chronique paraît présomptueux- j’en conviens- mais je n’ai pas trouvé mieux.
Pourquoi disserter sur la gauche que je définirai aujourd’hui sans autre précision comme le camp du progrès social ? Je précise légèrement ma pensée, le progrès social s’entend comme la traduction dans le droit et les actes de la vie courante du principe selon lequel tous les Hommes naissent et demeurent égaux en droit et en dignité. Ma gauche à moi est celle de la justice et de l’équité. Cette précision faite j’avoue que ma réflexion n’est pas pour autant avancée.
Mon questionnement démarre au plus fort de la crise post électorale au Kenya. J’ai voulu en savoir un peu plus sur le programme de gouvernement de Raїla Odinga que j’avais entendu à la Télévision proféré des paroles fortes : « c’est le moment du sacrifice suprême pour instaurer la démocratie au Kenya ». Un tour sur son site internet (un design et les fonctionnalités des plus modernes) m’a renseigné sur son programme qui était « zéro tolérance pour la corruption, bonne gouvernance, lutte contre la pauvreté etc. …) bref le catéchisme des années 2000 des institutions financières internationales que sont la Banque Mondiale et le Fond Monétaire International (FMI). Le Président Kibaki également disait que son but était de continuer à promouvoir la bonne gouvernance. Je n’ai pas réussi – faute d’éléments de connaissance du pays – à déterminer ce qui relevait de la volonté d’instaurer une société plus juste, plus équitable et plus solidaire. Mais là n’est pas mon propos. Ce que je veux souligner dans le cas d’espèce c’est l’uniformité des discours politiques.
A la fin des années 80 (je sais que ça fais ancien combattant !), on était plusieurs à nous interroger sur la place du Parti Socialiste Sénégalais fondé par Senghor et Mamadou Dia. Ce parti qui a mené le pays à l’indépendance et dirigeait le pays depuis trois décennies devait-il être considéré comme étant de gauche ou de droite. Sans que la question soit tranchée tout au moins au plan théorique l’ensemble des forces significatives de la gauche sénégalaises (hors PS bien évidemment) ont soutenu le candidat Abdoulaye Wade en février mars 2000. Ce vieil opposant aux socialistes qui se réclamait tantôt du libéralisme et d’autre fois du travaillisme jusqu’à ce qu’il invente le concept de libéral travaillisme. Pourquoi la gauche radicale sénégalaise a-t-elle soutenue le tribun populiste Abdoulaye Wade en février mars 2000 ? Pourquoi reste t-elle divisée dans l’attitude à adopter vis-à-vis de ce Président ?

A demain

* L’Afrique dont je parle est celle de l’ouest d’expression française.

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