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30/04/2008

Number One


podcast
Je considère le morceau que je vous propose d’écouter comme un des chefs d' oeuvres de la musique contemporaine sénégalaise.Ce titre de l'Orchestre Number One de Dakar est extrait d’un album enregistré à Paris en 1977.
En 1977, il était possible de faire un enregistrement d’album à Dakar. C’était aussi l’époque où beaucoup de groupes s'auto produisaient. D'ailleurs malgré le succès populaire du groupe tous les musiciens du Number One n'étaient pas des professionnels. Dans l'orchestre il y avait un instituteur, un comptable. Voilà que nos amis débarquent à Paris (c'était l'époque où on avait pas besoin de visa) et se rendent compte que la location à la journée d'un studio d'enregistrement coûte cher. Très cher pour les bourses sénégalaises. Ils décident donc de louer un studio pour deux heures de temps. Ils enregistrent-à la stupéfaction des techniciens- au bout d'une heure trente minutes, un album d'une dizaine de titre, qui aura un succès retentissant au Sénégal.

29/04/2008

Legalize it

 

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Cet post est la version blog d’une lettre que j’ai envoyé il y a trois jours à mes camarades d’une organisation sénégalaise de défense des droits humains.

Chers amis

J' ai suivi avec intérêt le débat initié par notre grand frère Mamadou Ndiaye et je m' empresse d' y apporter ma contribution.Notre doyen nous invite à un débat sur le début de la vie. Je considère qu’un tel débat ne peut avoir lieu que dans un pays où l’avortement provoqué ou Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est autorisé. Ce n’est pas le cas du Sénégal, c’est pourquoi je voudrais centrer le débat sur le droit à l’avortement.

Partant de cette précision, je discuterai des principes sanitaires et politiques qui militent en faveur de ma prise de position. Je n' aborderai pas les aspects éthiques du débat (choix personnel) ni ses développements juridiques (par incompétence). En définitive ce qui m’importe est de savoir jusqu’à quand, pourquoi et comment faire un avortement ou Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) ?

L’avortement ou IVG- sauf circonstances particulières- est interdit au Sénégal. Ce n’est pas pour autant qu’il ne s’en fait pas. L’IVG est une des principales activités de nombre de cabinets médicaux et de cliniques. Les accidents et incidents liées à l’IVG – notamment quand elle se fait par un personnel incompétent- constituent une part non moins importante de l’activité des services de gynécologie des hôpitaux publics.

D’autre part on ne compte plus les l’infanticides qui occupent les pages faits divers des journaux et on sait que dans les affaires traitées par les cours d’assises ce thème revient souvent.

Au Sénégal il y a un problème de santé publique lié à la maîtrise de la fécondité. Il y a une inégalité sociale pour faire face à ce problème. La mortalité des enfants de moins de cinq ans est fortement corrélée à des déterminants socioéconomiques. Le risque de décès d’un enfant est d’autant plus élevé que sa mère n’a jamais été scolarisée,que la famille habite en milieu rural et plus encore si c’est dans les régions de Tambacounda, Kolda ou Kaolack. Le niveau d’instruction et de ressources financières est un déterminant important de la mortalité et de la morbidité infantile. La mortalité maternelle est de 690 pour 100000 naissances vivantes avec de fortes disparités régionales. Près de la moitié des femmes accouchent sans avoir été vues par des professionnels de la santé. Seule une dizaine de districts sanitaires réunissent les conditions pour offrir les services obstétricaux et néonataux d’urgence et ils se trouvent pour l’immense majorité en milieu urbain.Dans les régions comme celle de Kolda, Tambacounda et Kaolack plus de la moitié des accouchements sont faits par des accoucheuses traditionnelles ou matrones.

Dans les couches sociales aisées les personnes confrontées au problème de grossesse non désirée trouvent les ressources et les moyens d’y remédier. Elles ont accès à l’information qui leur permet, si c’est leur volonté, d’avoir recours à des services d’IVG sans risques. Tant bien même que cela ne soit pas légal. Le recours à l’IVG sans risque est fortement corrélé au pouvoir d’achat. Les femmes issues des milieux défavorisées payent un fort tribut à leur volonté de maîtriser leur maternité. C’est souvent de graves infections parce que l’IVG se fait dans des conditions d’hygiène déplorables et par un personnel non compétent. D’autre fois, c’est le drame, la femme meurt à la suite d’une IVG particulièrement mal faite. Ne croyez surtout pas que cela soit exceptionnel !!

Partant de ce constat que fait-on ? Mon avis est que l’on légalise l’IVG. Cette légalisation ne veut point dire que, pour autant, tous les problèmes liés à la maternité non désirée seront résolus. Mais on aura résolu- en partie tout au moins- un problème de taille celui de l’inégalité d’accès à des services d’IVG sans risque.

Jusqu’à quel moment de la grossesse faut il autoriser l’avortement ? Ce n’est pas une question simple mais sans entrer dans des considérations éthiques, je pense que dix semaines maximum me semble un délai raisonnable. Ce délai permettant à la femme, après s’être rendu compte de son état, de mener la réflexion et peut-être les concertations qui lui permettront de se décider en connaissance de cause.

Vous avez bien remarqué que j’ai pris soins d’éviter de répondre à la question de savoir quand commence la vie. La raison est bien simple : en tant que défenseur des droits humains je me méfie de la réponse que je peux y apporter. Nous sommes musulmans, chrétiens, animistes, bouddhistes, agnostiques, athées, et j’en passe, tous membres de cette organisation de défense des droits humains. Ce qui nous réunit c’est la volonté de promouvoir un certain nombre de valeur parmi lesquelles celles d’égalité et de justice ne sont pas des moindres.

Jouons notre rôle sans peur des réactions que peuvent susciter dans notre société nos prises de position.

28/04/2008

EN FINIR AVEC LES CLICHES SUR LA CRISE EN COTE D’IVOIRE

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Je ne résiste pas à la tentation de vous faire lire un article inédit , rédigé en novembre 2004. Pour une raison qui m' échappe le quotidien sénégalais dans lequel j' ai toujours publié mes tribunes a refusé pour une fois de le faire? L' argument de la longueur ne tient pas puisque j' ai publié avant et après des textes beaucoup plus long. 

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Le samedi 6 novembre 2004 prétextant les frappes de l’aviation ivoirienne qui ont tué 9 soldats français à Bouaké, le Président Jacques Chirac ordonnait la destruction de la flotte militaire de l état de Côte D’Ivoire .L’exécution de l’ordre présidentiel a eu pour conséquences l’anéantissement d’un des moyens qui donnent un suprématie certaine aux forces Armées Nationales de Côte D’Ivoire (fanci) sur les forces rebelles qui contrôlent le nord du pays depuis deux ans. Face à cette situation d’aucuns diront que d’un appui sournois aux forces rebelles, l’Etat français venait d’étaler à la face du monde sa volonté de les protéger d’une défaite militaire. En côte d’Ivoire, nombreux seront ceux qui vont affirmer que les militaires français ont pris le parti des rebelles contre l’Etat ivoirien.

L’expédition punitive française n’a pas été sans susciter des réactions chez les ivoiriens qui sont sortis en masse – à l’appel des médias audiovisuels – pour « défendre » leur pays qu’ils considéraient comme agressé. Durant les heures et les jours qui vont suivre les représailles françaises contre l’aviation ivoirienne, Abidjan mais aussi le pays profond vont être le théâtre de gigantesques manifestations de rue contre la présence militaire française.  Avançant la nécessité de sécuriser leurs compatriotes, les militaires français vont se déployer dans la ville d’Abidjan et mener des actions de répression. Le bilan des folles journées des 6, 7, 8 et 9 novembre 2004 reste à ce jour à faire mais il est incontestable qu’il y a eu de nombreux morts et blessés du coté des ivoiriens tandis que des milliers de français, grâce à un pont aérien, quittaient la Côte d’Ivoire.

A la lumière des événements sus évoqués, quels sont les enseignements que nous Sénégalais pouvons tirer de la situation que connaît la Côte d’Ivoire ? La question   d’un double point de vue est importante. D’abord parce que nous abritons, comme la Côte d’Ivoire, une base militaire française sans que l’on sache quel est son rôle dans notre stratégie de défense nationale. En effet depuis de nombreuses années, le rôle des forces françaises au Sénégalais a déserté le débat politique. Devons nous nous attendre d’être dans une situation similaire à celle de la Côte d’Ivoire pour nous rendre compte que les accords qui nous lient à la France sont devenus caducs ? Devons attendre d’être dans la situation de la Côte d’Ivoire pour nous entendre dire que les forces françaises positionnées sur notre territoire y étaient en potentielles « forces impartiales » en attendant qu’un conflit « sénégalo sénégalais » éclate ?

L’autre enseignement à tirer de la crise ivoirienne est que voila le type de menace contre lequel notre pays doit se prémunir en priorité. Les hordes de désoeuvrés, de chiens de guerre des conflits libériens et sierra-léonnais et de Côte d’Ivoire (si le conflit prend fin) peuvent être recrutés par n’importe quel entrepreneur politique qui a les moyens financiers et l’appui des états comme le Burkina Faso, pour faire la guerre chez nous. La volonté de mainmise sur l’appareil d’Etat va être habilement maquillée sous couvert de la volonté d’instaurer la démocratie.

Pour mieux éclairer le débat, il nous semble important de revenir sur la situation en Côte d’Ivoire et d’y apprécier le rôle de la France. Puis en fonction des menaces que pourrait courir notre pays, nous dégagerons des pistes de réflexions.

Un acte de guerre

Le bombardement par l’aviation ivoirienne des positions françaises à Bouaké reste jusqu’à preuve du contraire, une bavure, au pire un acte d’éléments incontrôlés. Sauf à vouloir entrainer dans le conflit les français, l’armée ivoirienne n’avait aucun intérêt à s’en prendre à eux. En effet, après avoir pilonné les positions rebelles et rendu aphones leurs dirigeants, l’armée ivoirienne s’apprêtait à remporter tout au moins une victoire symbolique par la reconquête de Bouaké, si ce n’est de tout le Nord ivoirien depuis deux ans aux mains des rebelles lorsque l’intervention militaire française est venue anéantir tous ses efforts.

Contrairement à ce qui a été véhiculé, l’attaque française loin d’être un acte de légitime défense a d’abord été une opération de vengeance pour devenir ensuite un acte de guerre caractérisé contre l’Etat de Côte d’Ivoire. En effet, les avions qui ont frappés les positions française ont été détruits su sol alors que les mécaniciens commis à leur maintenance s’en occupaient. Il y a d’abord eu destruction des objets ayant entraîné la mort des soldats français puis l’agression caractérisée contre les forces ivoiriennes par la destruction des autres moyens aériens, y compris les avions civils de la flotte présidentielle. Le but de la manœuvre était limpide, affaiblir le camp loyaliste. Le président Laurent Gbagbo a beau jeu quand il déclare à haute voix, ce que son entourage luit répète depuis longtemps, à savoir que la France a pris le parti des rebelles.

Une presse patriotique

Devant la déferlante de violence et de désolation qu’a connu la Côte d’Ivoire durant les jours de novembre 2004, les média français ont choisi de ne traiter l’actualité dans ce pays que sous l’angle de leurs compatriotes victimes des exactions orchestrées lors des manifestations de rue qui ont appelé les organisations de « jeunes patriotes » proches du Président ivoirien, Laurent Gbagbo.

Après avoir annoncé à grands cris que des expatriés français avaient été tués, blessés, violés, la presse ne parle depuis quelque jours que des préjudices matériels q’ils ont subis. Ainsi, au 24 novembre, sur les 8.000 rapatriés de Côte d’Ivoire, seuls 75 ont estimé nécessaire de porter plainte et 3 pour viol. Et pourtant, ils y ont été incités. On est loin des dizaines de viols dont on nous parlait et que l’Agence France Presse (AFP) disait tenir de sources militaires sures et fiables. Loin de nous l’idée de vouloir nier les exactions qu’ont subi certains expatriés français dans la crise. Mais à la vérité, on se doit de dire que la plupart des français ont été victimes des pillards qui s’en sont pris à leurs biens et que le contexte de violence aidant, beaucoup en ont été traumatisé. La référence aux nombreuses femmes violées et la manipulation médiatique, n’est pas sans rappeler les arguments des Belges pour intervenir au Congo Léopoldville en 1960. Plus grave, elle nous rappelle le Rwanda où la propagande de l’armée française relayée par « Le Monde »et « Libération »nous a présenté les forces du FPR comme « Khmers Noirs » alors qu’en réalité, ce sont elles qui ont arrêté le génocide perpétré par le régime des successeurs d’Habyarimana qui jusque là bénéficiait du soutien aveugle de la France officielle.

Les violences dont se sont rendus coupables les forces armées françaises, les dizaines de morts et les deux mille blessés ivoiriens, rien de tout ne trouve de place dans les médias de l’hexagone. Les dénonciations par les ivoiriens des exactions commises par les forces françaises sont ignorées et si elles sont rapportées, il suffit qu’elles soient démenties par les militaires français pour être tenues pour fausses. Dans le registre « le blanc a toujours raison », on n’en a jamais autant fait.

Une sainte alliance des journaux allant de ceux qui se réclament de la gauche, du centre ou de la droite, à ceux qui se prétendent indépendants de ces paroisses, s’est constituée pour relayer les thèses des militaires français. Beaucoup d’éditorialistes parisiens porteraient-ils l’uniforme de 2e REP, qu’on eut point été surpris, tant cet engagement patriotique n’a pas failli. Alors que faut-il penser des leçons de déontologie journalistique que Radio France Internationale (RFI) n’a cessé de prodiguer à la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) ? Pendant la crise, le temps d’antenne accordé par RFI aux autorités ivoiriennes était vingt fois inférieur à celui accordé aux contempteur du pouvoir de Laurent Gbagbo. Et là encore on ne compte pas les « analystes » qui au détour d’un discours pédant, n’oublient pas de pourfendre le « double jeu de Gbagbo et les soi-disant messages de haines distillés par la RTI.

Que s’est-il passé cet après-midi du 6 novembre 2004 à Bouaké ? Il semble que nous en soyons pour nos frais si nous croyons un seul instant que l’on puisse compter sur les médias français pour nous en informer. Et le soi-disant instrument d’intégration de l’espace francophone, TV5, ne relaie que la parole de la France ! Et pourtant nous avons la naïveté de croire que la Côte d’Ivoire est membre de l’Organisation Internationale de la Francophonie. De toute façon l’Etat français lui-même ne veut en aucun cas le savoir puisque malgré les demandes répétées de la partie ivoirienne pour une enquête, il fait la sourde oreille.

Si l’ordre de bombarder les positions françaises n’est pas venu du Président Gbagbo comme l’a affirmé le Chef d’Etat Major de l’armée française, qui est responsable ? Est-ce une bombe ou une roquette qui a touché la position française ? Est-ce des pilotes ivoiriens ou biélorusses qui étaient aux commandes des appareils au moment des frappes ? A toutes ces questions, il est loisible aux forces françaises de trouver une réponse car elle contrôlent pour une part la situation sur le terrain et ont saisi (de quel droit ?) nombre de documents appartenant à l’armée ivoirienne.

Pourquoi, à ce jour, rechigne t-on à montrer les dégâts occasionnés par les frappes ivoiriennes ? Ne faut-il pas rappeler que quelques heures après les bombardements, l’AFP dans une dépêche annonçait que le Porte Parole du MPCI pensait qu’il s’agissait d’une erreur de tir due à la proximité des positions françaises et rebelles ?

Ces derniers jours on nous a souvent répété que les médias ivoiriens, tels la tristement célèbre Radio des Mille Collines du Rwanda qui au moment du génocide, lançaient des appels à la haine contre les français et les blancs en général. Des preuves matérielles de telles affirmations n’ont pas été rapportées. Il est pourtant facile d’enregistrer et de diffuser des extraits de tels appels pour convaincre des incrédules comme nous.

Pour avoir écouter sur Internet la Radio Télévision Ivoirienne, sauf à considérer que la critique de la politique française constitue un appel à la haine, on ne trouve rien à redire. L’antenne est certes ouverte à tous, avec les risques de dérapages que cela comporte mais la tonalité générale reste un appel à la résistance et la critique sévère de la politique de Jacques Chirac en Côte d’Ivoire. Le mépris, la haine des ivoiriens, c’est plutôt sur certains media français qu’on l’a entendu.

Des paradigmes erronés

Le conflit ivoirien est tantôt présenté comme ayant des ressort régionaux (Nord contre Sud), tantôt religieux (Chrétiens contre musulmans). Pourquoi ne s’étonne t-on jamais que le Chef de cette Rébellion soit un Chrétien ? Pourquoi ne s’étonne t-on pas que beaucoup des cadres influents de l’entourage de Laurent Gbagbo soient musulmans, originaires du Nord de la Côte d’Ivoire. En juillet 2004, à quelques jours du Sommet d’Accra, lorsque le Président Gabonais Omar Bongo a reçu la délégation du FPI (présenté comme faisant obstacle à la paix), comportait deux cadres sur trois du Nord de la Côte d’Ivoire (Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée National et Abdou Dramane Sangaré, Vice Président du Parti). On présente pourtant le pouvoir de Laurent Gbagbo comme étant sectaire et replié sur sa base minoritaire de l’Ouest ivoirien où tous seraient Chrétien (ce qui est évidemment faux).

La ligne de clivage des contradictions dans le conflit ivoirien n’est ni religieuse, ni régionale. Certes on ne peut nier que le fait religieux ou régional soit manipulé par les parties aux conflits. Mais les partis principaux, tant bien même qu’ils aient des bastions régionaux ont recherché à être à l’image de la diversité nationale. Aussi paradoxal que cela puisse paraître (quand on se réfère à leur prétendue volonté de consolider l’unité nationale), les rebelles sont ceux par qui est arrivée l’épuration ethnique. Allez dans les zones sous contrôle rebelle et vous verrez que la diversité en ces lieux est un lointain souvenir.

Les « analystes » de la crise ivoirienne ne parlent jamais de ses causes sociales. Quid de la compétition pour la terre dans un pays à forte pression démographique due à la forte croissance naturelle de la population mais également d’une immigration importante ? Que dire des ruptures que le pouvoir du FPI a introduites dans la redistribution de la manne cacaoyère ?

On a beau vouloir rapprocher la situation de la Côte d’Ivoire de celle du Rwanda en 1994, on reste dubitatif quant à la pertinence de cette analyse. En Côte d’Ivoire qui exterminera et qui sera exterminé ? Ironie de l’Histoire, les mêmes qui traitaient les forces du Front Patriotique Rwandais 5FPR° qui s’opposaient aux velléités génocidaires du pouvoir au Rwanda de Khmers Noirs sont ceux qui prétendent éviter un tel scénario en Côte d’Ivoire. Et, que dire quand ils reçoivent le Président soudanais au sommet de la francophonie alors qu’on a les preuves de ses velléités génocidaires ?

Le coup d’Etat permanent

Dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, des hordes de putschistes ivoiriens ayant reçu entraînement, soutien logistique et de mercenaires du Burkina Faso, vont tenter en vain de s’emparer du pouvoir en Côte d’Ivoire. Ayant échoué dans leur tentative, ils vont se replier, sur le Nord du pays où depuis deux ans, ils prennent en otage les populations et, grâce à la complicité de la communauté internationale qui a décidé par l’instauration d’une partition de fait du pays de les utiliser comme moyen de pression sur le pouvoir ivoirien.

Depuis le début de la crise ivoirienne, s’il y aune constante, c’est bien le double langage des autorités françaises, qui bien que disant reconnaître la légitimité du Président ivoirien, posent des actes dont la finalité est de le déposséder de ses prérogatives. Trois exemples rapides vont illustrer notre propos.

L’accord de Marcoussis qui stipule qu’il sera mis sur place immédiatement un gouvernement de réconciliation nationale dirigé par un premier ministre inamovible « qui disposera, pour l’accomplissement de sa tâche, des prérogatives de l’exécutif » conclut qu’on le veuille ou non à l’illégitimité du Président Gbagbo. C’est pour cela du reste, que Mamadou Koulibaly, Président de l’Assemblée Nationale de Côte d’Ivoire a parlé de coup d’Etat.

La résolution 1464 du Conseil de Sécurité des Nations Unies, inspirée par la France et rédigée par son représentant ne fait aucune référence à l’autorité du Président de la République ivoirienne. En matière de diplomatie, els non-dits sont toujours importants.

Depuis deux ans, l’armée française par son interposition, se dresse comme forces impartiales sensées séparer les belligérants d’une guerre qui n’a d’ailleurs pas eu lieu, sauf dans l’Ouest ivoirien où elle a laissé faire les chiens de guerre de Charles Taylor que les rebelles ont utilisés. Depuis deux ans, la Côte d’Ivoire est coupée en deux à cause de l’interposition de l’armée française qui continue d’affirmer qu’elle est l’amie de ce pays. Avec une constance particulière, le chef de l’Etat français continue de sanctifier « la rébellion » ivoirienne. Ainsi parlant de la crise, il a réussi à ne pas parler de l’Etat de ce pays et a confondu dans un même élan tous les protagonistes qui deviennent dans sa bouche les « parties ».

En diplomatie, les termes ont un sens si pour décrire la situation ivoirienne, ils parlent de parties c’est qu’il nie toute légitimité à l’Etat et à son Chef qu’il prétend par ailleurs légitime dans une interview. Si ce n’est du double langage, c’est quoi ?

Pour finir, si nous autres sénégalais savions peut-être que « les Etats n’ont pas d’amis mais des intérêts », il nous faut ajouter une deuxième maxime « les Etats ne reconnaissent aucun principe dès lors que leurs intérêts semblent menacés » Nous devrions méditer cela et travailler à la construction d’une défense nationale nous prémunissant des réels dangers qui nous guettent.Il y va du devenir de notre .