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24/04/2008

Du pain pour une meilleure santé

Aujourd’hui je ne ferai pas de procès en wadésie bien que l’envie m’en brûle et que les dernières déclarations de notre chef omnipotent et omniscient m’y invitent. Je veux parler d’un sujet à la une de l’actualité : la hausse vertigineuse du prix des denrées de premières nécessité.

La ville d'Abidjan a été secouée le 31 mars et le 1er Avril 2008 par des manifestations de rue contre la vie chère. Quelques heures avant les manifestants d’Abidjan, des dakarois -pour le même motif- exprimaient leur courroux au cours d’un rassemblement. Prenant la mesure des enjeux dans une intervention radiotélévisée au deuxième jour des manifestations, le Président ivoirien Laurent Gbagbo a annoncé des mesures fiscales et douanières qui permettront d’atténuer la hausse des prix.Dans une autre déclaration faite devant les organisations consuméristes et d’autre segments de la société civile, il reconnaîtra comprendre les manifestants et préconisera le dialogue et la concertation. C’est une attitude à encourager.


La Côte d'Ivoire et le Sénégal suivent ainsi, le Burkina Faso et le Cameroun qui ont été ébranlés par la colère des consommateurs au cours du premier trimestre de l’année 2008. Selon les estimations de la Banque Mondiale, 33 pays du monde entier sont susceptibles de connaître des troubles sociaux à cause de la flambée des prix des aliments et de l'énergie. Dans ces pays (dont nombreux sont africains), où l'alimentation représente entre la moitié et les trois-quarts de la consommation, la marge de manœuvre reste étroite. La raison est que sur le marché mondial les prix des denrées alimentaires connaissent une tendance à la hausse. Depuis 2005 les aliments de base ont augmenté de 80 %. Au mois de Mars 2008, le prix réel du riz a atteint son niveau le plus élevé depuis 19 ans ; le prix réel du blé, qui depuis 28 ans n'était jamais monté si haut, représente presque le double du prix moyen observé au cours des 25 dernières années. Face aux réalités de la croissance démographique mondiale, de la transformation des régimes alimentaires, des prix de l'énergie et des biocombustibles, de la forte demande provenant de chine et des autres pays émergeants, il nous faut compter avec des prix des produits alimentaires élevés et volatiles pour bien longtemps.


La flambée des prix alimentaires et les réactions et manifestations qu’elle a entraînée attire davantage l’attention sur le défi plus vaste qui consiste à éliminer la faim et la malnutrition condition sine qua non à la bonne santé des populations. La malnutrition a le plus grand effet sur la santé : elle est selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) le plus important facteur de morbidité pour les enfants de moins de cinq ans et la cause fondamentale d'un nombre de décès estimé à 3,5 millions chaque année dans cette classe d’âge. Plus d’un décès maternel sur cinq est aussi imputable à la malnutrition. La malnutrition affaiblit la réponse immunitaire et la résistance aux maladies. Des études menées au Guatemala ont montré que les garçons à qui des compléments nutritionnels avaient été administrés durant les deux premières années de leur vie avaient, à l'âge adulte, des salaires plus élevés d’en moyenne 46 % que les autres. C’est donc dire que la lutte contre la faim et la malnutrition est un enjeu de santé.

Le défi qui se pose à nos gouvernants est de rendre accessible à tous les produits de base (lait, huile, céréales, savon, viande et poisson). Il y va de la santé publique car il ne servirait à rien de faire des réformes et de rendre accessible les médicaments et les vaccins si la faim et malnutrition touchent le plus grand nombre. Et sans trop m’avancer je crois savoir qu’il y va également de la sécurité nationale de chacun des états.

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